Thompson :  Un voyageur comblé

Quand il prend le temps de regarder au-dessus de son épaule, Nate Thompson constate l’importance du parcours qu’il a franchi dans la LNH avec plus de 680 matchs disputés et plus d’un endroit palpitant où il s’est arrêté en chemin.

Le vétéran joueur de centre réclamé par les Bruins de Boston au sixième tour (183e choix) du Repêchage de la LNH en 2003 a de la difficulté à identifier sa ville favorite, bien qu’il est plus qu’enthousiaste de sa situation actuelle dans l’uniforme bleu, blanc et rouge.

« J’ai été très privilégié de pouvoir jouer dans de vraiment bons endroits. Je ne sais pas s’il y en a un qui ressort plus que l’autre, car ils sont tous assez différents », confie Thompson qui a joué chez les Bruins, les Islanders de New York, le Lightning de Tampa Bay, les Ducks d’Anaheim, les Sénateurs d’Ottawa et les Kings de Los Angeles avant de se joindre aux Canadiens le 11 février par voie de transaction. « Je dois dire que (de me retrouver à Montréal) se trouve pas mal au sommet de ce que j’ai vécu. Jouer dans avec un des six clubs d’origine, une franchise historique comme les Canadiens de Montréal est quelque chose de plutôt spécial. »

Son appréciation pour le côté unique des six clubs d’origine a sûrement quelque chose à voir avec son enfance pendant laquelle il a été un partisan des Red Wings de Detroit.

« Étant originaire de l’Alaska, tu as vraiment le choix d’être partisan de n’importe quelle équipe. J’aimais vraiment Steve Yzerman et sa façon de jouer quand j’étais petit », raconte-t-il de l’époque où il a grandi à Anchorage. « Ils ont connu beaucoup de succès après quelques années difficiles. Il y avait tellement d’autres joueurs au sein de l’équipe comme Kris Draper, Sergei Fedorov et les autres. J’aimais vraiment les regarder jouer. »

Bien sûr, les racines de Thompson l’ont conduit à un lieu plus direct avec les Canadiens puisqu’il se considère comme un bon ami de l’ancien joueur du Tricolore et compatriote de l’Alaska, Scott Gomez.

« Il a mis l’Alaska sur la carte avec tout ce qu’il a fait durant sa carrière, notamment en remportant deux finales de la Coupe Stanley », raconte Thompson à propos de l’ancien lauréat du trophée Calder qui a amassé 108 points (21 buts, 87 passes) en 196 matchs avec les Canadiens de 2009 à 2012., « Quand j’étais plus jeune, il m’a aidé et m’a enseigné comment être un professionnel. Nous nous entraînions ensemble pendant l’été chez nous. Nous sommes restés près depuis. »

Le duo a même joué ensemble à la maison au cours de la saison 2012-2013 qui a été écourtée par un conflit de travail, soit dans l’uniforme des Aces de l’Alaska de l’ECHL, avant de reprendre les activités dans la LNH.

« C’était très spécial, une occasion unique de pouvoir jouer à la maison », se souvient Thompson. « Jouer avec d’autres gars de la LNH, notamment avec Scott rendait la proposition incontournable. Je suis très heureux d’avoir pu vivre cela. »

Après avoir été acquis des Kings par les Canadiens, Thompson a reçu un message texte de son ami pour parler de l’échange.

« Il m’a écrit et il s’est mis à rire. Il m’a dit que j’allais vraiment en profiter. C’est pas mal ça », partage Thompson. « On s’écrit souvent et on reste en contact. Il était très heureux pour moi. »

Thompson s’est fait une niche dans le circuit, se bâtissant une réputation de succès dans les aspects de mises en jeu et de la polyvalence, faisant de lui un gars sur qui l’entraîneur peut compter dans plusieurs types de situations.

« Quand j’étais dans les ligues mineures et que j’ai dû me faire une place ici dans la LNH, j’ai dû exceller dans ces petites choses, gagner les mises en jeu, écouler les pénalités ou être solide dans mon jeu défensif », a souligné Thompson, auteur de 134 points (55-77-134) avec une efficacité de 52,5 % sur les mises en jeu en 672 matchs en carrière avant d’arriver à Montréal. « Au cours de ma carrière, j’ai essayé d’évoluer et de m’améliorer dans d’autres aspects – à l’attaque, fabriquer des jeux, travailler sur mon coup de patin, m’assurer de maintenir de la rapidité, simplement de continuer à devenir un joueur plus complet sur la patinoire. »

Sa feuille de retour faisait de lui un atout recherché à son arrivée à Montréal. Thompson a été envoyé dans la mêlée dans un premier match au Centre Bell en l’absence de Phillip Danault, une victoire de 3-2 sur les Blue Jackets de Columbus, le 19 février.

L’entraîneur-chef Claude Julien, qui était derrière le banc des Bruins quand Thompson s’est joint au club bostonnais au début des années 2000, a tout de suite aimé ce qu’il vu ce premier soir à Montréal.

« Il a fait (ses premiers pas avec le club) avec facilité, mais c’est un gars d’expérience. Ça fait longtemps qu’il est dans la Ligue. C’est un gars qui est capable de s’ajuster rapidement. Il affiche déjà une intelligence sur la glace et il est très bon dans les mises en jeu. Sans Phillip Danault dans l’alignement, c’était important de le voir à son meilleur dans ces situations-là. Je pense qu’il a bien répondu à un défi qui l’a peut-être surpris. J’ai trouvé qu’il a fait du bon travail. »

Le joueur de 34 ans a peut-être été surpris par le poids de la charge à son premier match avec sa nouvelle équipe, mais il n’a certainement pas rechigné, particulièrement du fait que Thompson a accepté de renoncer à sa clause de non-transaction pour venir à Montréal.

« C’était plutôt incroyable. En première période, j’essayais constamment de reprendre mon souffle tellement j’étais porté par l’adrénaline. J’étais chargé à bloc », dit-il à propos du match contre les Blue Jackets. « C’était une expérience unique. J’ai joué au Centre Bell dans l’uniforme des visiteurs et c’était assez incroyable, mais de me retrouver sur la même patinoire, mais avec le Tricolore est encore plus spécial. »

Un texte de Dan Braverman, traduit par Philippe Germain

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.