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Une autre gifle à domicile

À l’heure des fameux « matchs de six points », comme le veut le cliché, l’Impact ne parvient toujours pas à s’extirper de la mêlée. C’est même un air de déjà-vu qu’il a réservé à ses 20 801 partisans, hier soir, en s’inclinant 3 à 1 devant le Revolution de la Nouvelle-Angleterre.

On ne sait pas encore sur quelle note se conclura la saison, mais le refrain, inquiétant, est le même depuis quatre matchs à domicile. Le onze montréalais n’y est plus dans le bon tempo et a perdu de précieux points contre des adversaires moins bien classés que lui. Le tout s’est encore terminé par un petit concert de sifflets tandis que, dans le vestiaire, la sonnette d’alarme a finalement été tirée.

« La situation est difficile, mais je crois encore en la possibilité de se qualifier pour les séries. Ça va être difficile, mais jusqu’au dernier match, il va falloir y croire », a lancé Didier Drogba, le seul buteur montréalais sur penalty.

« Nos supporteurs sont déçus, on finit ce match avec la tête basse, mais on va tout faire pour réagir lors des derniers matchs à domicile. »

— Didier Drogba

À dire vrai, il n’a fallu que 25 secondes pour saisir que, dans le contexte d’une équipe qui doute, la soirée montréalaise ne se déroulerait pas comme on l’espérait. La faute en incombe à la gestion de Kei Kamara qui, on le sait, a le don de jouer une partition parfaite contre l’Impact depuis un an. Après trois doublés lors des quatre derniers matchs contre le Bleu-blanc-noir, l’attaquant sierra-léonais a inscrit un autre but et délivré une passe décisive. Il a offert son grand classique en trompant Evan Bush d’un coup de tête sur un centre de Kelyn Rowe. Efficace dos au but, toujours tranchant dans ses appels, Kamara aurait facilement pu augmenter son compteur en deuxième mi-temps. De ses cinq buts inscrits en 16 matchs avec le Revolution, trois l’ont été contre l’Impact.

« Prendre un but après 30 secondes, ce n’est pas normal, et ça commence à jouer dans la tête .»

— Mauro Biello, entraîneur-chef

« C’est encore un centre dans la boîte sur lequel on n’a pas exécuté au niveau de la défense et du marquage sur Kamara, a ajouté Biello. Il saute et ça fait but. »

« Ce n’est pas seulement une question de marquage, a commenté Bush. C’est aussi la façon dont on doit empêcher le centre, ou voir comment le ballon est allé dans cette zone trop facilement. Et nous n’avions pas touché une fois au ballon avant le centre. Ce n’est pas une seule erreur, mais six ou sept qui coûtent des buts. »

PANNE OFFENSIVE

Match après match, les entraîneurs visiteurs, à l’image de Jay Heaps, répètent que l’Impact forme une « excellente équipe » et que Montréal est un « endroit où il est difficile de jouer ». Ce n’est pourtant plus la tendance des dernières semaines, avec, en plus des errements défensifs – 11 buts encaissés en 4 matchs –, une inquiétante panne offensive. Cela fait maintenant neuf matchs que l’Impact n’a pas marqué plus d’un but au cours de la même rencontre. Hier, les occasions ont pourtant été là pour les Drogba, Lucas Ontivero et, surtout, Nacho Piatti. La statistique qui tue : ils n’ont cadré que deux de leurs 26 tirs.

« C’est peut-être de la précipitation ou l’envie d’être décisif, a proposé Drogba avant de bifurquer sur un autre chemin. Un but peut être suffisant pour gagner un match. Mais si tu en marques trois et que tu en encaisses quatre derrière, tu perds. »

« Ce n’est pas que le problème de la défense, mais celle de toute l’équipe. Nos lignes sont trop espacées. Maintenant, on est dans une période où il faut prendre des points. On doit revenir à des choses simples. »

— Didier Drogba

ENCORE DES DOUTES

Le week-end montréalais aurait bien pu prendre une tournure encore plus délicate sans divers coups de pouce extérieurs. L’Union de Philadelphie et Orlando City SC ont été battus, hier, tandis que D.C. United n’a obtenu qu’un match nul, vendredi, à Chicago. Résultat, l’Impact compte quatre points d’avance sur la septième place détenue par l’équipe de Washington. Dans les six derniers matchs, l’Impact n’a récolté que cinq petits points, soit l’avant-dernier bilan de la MLS. Les proportions ne sont pas encore les mêmes, mais le spectre d’une glissade, comme en 2013, doit être envisagé. 

« Non, chaque saison a son histoire, a répliqué Hassoun Camara. Je pense qu’on a une meilleure équipe qu’en 2013. On a un coach sur lequel on compte et qui a beaucoup confiance en nous. À la fin, c’est nous, les joueurs, qui sommes sur le terrain. On doit prendre nos responsabilités. »

N’empêche que trop de doutes subsistent à cinq matchs de la fin de la saison. Biello a arrêté son choix sur le quatuor défensif au cours du mois d’août. Il n’est pas toujours en mesure d’identifier les quatre hommes offensifs du 4-2-3-1. Hier, il a fait appel à Ontivero et Harry Shipp pour épauler Piatti, positionné dans l’axe. L’expérience n’a pas été concluante pour les deux entrants. « Après un but rapide, tout le monde joue avec un peu plus de nervosité. Lucas a eu un peu de mal à trouver les espaces, tandis que Harry a fait son match, donné quelques ballons et obtenu le penalty, a détaillé Biello. À la fin, c’était un match difficile pour ces joueurs. »

L’Impact affrontera maintenant les Red Bulls, à New York, samedi.

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