Bien-être

L’eau, outil thérapeutique

Dans l’eau, le corps flotte sans restriction, libéré de ses entraves. Le massage en eau chaude, aussi connu sous le nom de watsu, utilise cet effet d’apesanteur pour un traitement libérateur de tensions – physiques comme émotionnelles –, quelque part à mi-chemin entre le massage thérapeutique aquatique et la danse méditative guidée.

Offert depuis quelques semaines dans la piscine des jardins du Bota Bota, le watsu est encore méconnu au Québec, bien qu’il soit proposé depuis plus de 15 ans au Spa Eastman, qui en a fait une de ses spécialités. Par un matin ensoleillé, nous avons eu la chance de l’essayer en compagnie d’une des deux thérapeutes certifiées du spa montréalais, Marianne Derycke.

Le watsu se donne dans un bain ou une piscine chauffée à la température du corps. Pour seuls accessoires, deux flotteurs attachés aux jambes sont utilisés. Un pince-nez ou des bouchons pour les oreilles peuvent être proposés, pour plus de confort.

Très intime, il se construit en proximité avec le thérapeute, qui supporte le corps, le manipule, l’étire, l’enlace, le fait onduler et le plonge parfois sous l’eau, en épousant le rythme de la respiration. Pour profiter pleinement de ses bienfaits, il faut se laisser aller et porter par les bras du thérapeute. Et, idéalement, être à l’aise dans et sous l’eau.

Si chacun expérimente le watsu différemment, le massage peut être porteur d’une expérience très profonde, constate Jocelyne Dubuc, fondatrice du Spa Eastman. « Ce qui est intéressant, c’est qu’on ne sait jamais ce que ça va donner. On nous étire, nous allonge, nous berce, et tranquillement, le corps s’abandonne et le mental lâche prise. Pour certains, ce sera une belle détente. D’autres vivent toutes sortes d’expériences, se sentent flotter dans l’univers, dans l’utérus, vivent des vagues d’amour ou un grand abandon. »

Pour notre part, c’est l’agréable sensation de perte de repères dans l’espace et la douce beauté de la lumière du soleil traversant nos paupières fermées dans l’eau qui nous ont le plus marquée. À la fin, notre corps était détendu, mais aussi énergisé, comme si le compteur avait été remis à zéro.

Né en Californie, de plus en plus vivant au Québec

Le watsu a été inventé par le Californien Harold Dull dans les années 80. Sa technique est dérivée du shiatsu et adaptée pour être pratiquée dans l’eau. Mme Derycke, qui donnait jusqu’à récemment ce soin à Ibiza, en Espagne, en parle comme d’un mélange de « massage, de méditation et de danse ».

C’est d’ailleurs M. Dull lui-même qui a formé, il y a plusieurs années, les massothérapeutes du Spa Eastman. « Le watsu, c’est très différent d’une expérience sur matelas, constate Nadia Dumas, qui donne des massages en eau chaude au spa depuis 10 ans. On part des bases du shiatsu, du travail avec les méridiens, les points stratégiques. Mais l’eau, c’est aussi un médium qui transmet, qui ajoute une autre dimension à mon travail. Il y a quelque chose d’intuitif quand on travaille dans l’eau, une connexion entre le corps et l’esprit. »

« C’est un massage puissance 10, c’est tellement intégratif. L’eau est un outil puissant qu’on ne suspecte pas. »

— Pierre Blais, massothérapeute au Strøm

Pierre Blais s’intéresse depuis les années 90 au massage en eau chaude. Celui qui a créé le massage sur chaise a acquis au fil des ans sa propre technique de massage en eau chaude, inspirée du massage suédois, qu’il offre en privé.

Il travaillera de près au cours des prochains mois à créer un massage en eau chaude qui sera offert dans le nouveau Strøm, qui ouvrira à Québec l’automne prochain, ainsi qu’éventuellement à celui du Mont-Saint-Hilaire. Un massage qui s’inspirera également de ceux donnés sur des matelas flottants, comme on peut l’expérimenter au Blue Lagoon, en Islande, un des spas les plus réputés du monde.

Une raison de plus pour se laisser flotter.

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