ÉDITORIAL ALEXANDRE SIROIS

Du vinaigre pour Kim Jong-un ? Mauvaise idée !

Mémo à l’administration Trump : on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.

Ce conseil s’adresse tout particulièrement au conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, John Bolton. Ses propos viennent d’offusquer le régime nord-coréen. Il a dit que la Maison-Blanche mise sur « le modèle libyen » pour résoudre la crise nord-coréenne. Ayoye ! Il aurait voulu torpiller ce sommet qu’il n’aurait pas fait autrement (d’autant plus qu’un entraînement militaire conjoint entre les États-Unis et la Corée du Sud irritait déjà la Corée du Nord).

Rappel historique : le dictateur libyen Mouammar Kadhafi a accepté de renoncer à son programme nucléaire à la demande de Washington au début des années 2000. Puis, moins de 10 ans plus tard, une coalition à laquelle les États-Unis ont participé à renverser son régime.

La gaffe de John Bolton est telle que le président américain a dû, hier, le désavouer. « Si nous trouvons un accord, je pense que Kim Jong-un sera très, très heureux », a-t-il promis afin de rassurer le tyran.

La bonne nouvelle : Donald Trump est assez alerte pour se rendre compte qu’on ne va pas convaincre Kim Jong-un de rendre ses armes nucléaires en menaçant de le dégommer.

La mauvaise nouvelle : en recrutant John Bolton même si tout le monde, à Washington, savait à quel point il était toxique, Donald Trump a encore prouvé qu’il est trop incompétent pour s’entourer d’un nombre suffisant de conseillers compétents. La diplomatie n’est pas un jeu d’enfant. Y a-t-il assez d’adultes à la Maison-Blanche pour résoudre cette crise ?

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