Coupe Rogers

Victorieuse... et mécontente

Simona Halep s'est qualifiée pour le carré d'as grâce à sa victoire décisive contre Caroline Garcia. Mais la numéro un mondiale a surtout affiché sa frustration après le match. « Je pense être la joueuse qui a eu le pire horaire de toute cette semaine », a-t-elle laissé tomber.

Coupe Rogers

« Je suis très contrariée »

La Roumaine Simona Halep a continué son beau parcours hier soir à la Coupe Rogers, avec une victoire décisive de 7-5 et 6-1 contre la Française Caroline Garcia. La numéro un mondiale a toutefois surtout affiché sa frustration après le match en point de presse.

« Si vous regardez le programme du tournoi, je pense être la joueuse qui a eu le pire horaire de toute cette semaine. Et je pense que c’est la même chose dans tous les tournois.

« J’ai vu dans le vestiaire que je jouais à 13 h demain [aujourd’hui] et je ne peux pas vous répéter ce que j’ai dit en voyant l’horaire ! Je pense que la WTA est fâchée avec moi parce qu’elle essaie toujours de me mettre en difficulté par rapport au programme. Je suis très contrariée. »

Halep a rappelé avec raison qu’elle ne se plaignait jamais de quoi que ce soit, mais qu’on avait atteint la limite avec elle cette semaine. Elle a aussi affirmé qu’aucun membre de l’organisation ne l’avait consultée au sujet de l’horaire.

« Mon adversaire est depuis six heures déjà en train de se reposer à l’hôtel, alors que moi, je viens de finir mon match et je suis encore ici devant vous. Je vais encore rentrer très tard. Hier, j’ai joué deux matchs. Je pense qu’aujourd’hui, j’aurais dû jouer le second match de la soirée, et demain, jouer à 18 h et non à 13 h. C’est mon avis et je pense que j’ai raison. »

Parlant au nom des organisateurs, la responsable des communications de Tennis Canada Valérie Tétreault a expliqué : « Nous avons eu une semaine compliquée avec la pluie et, aussi, avec plusieurs joueuses qui jouaient en simple et en double. Ce sera encore le cas demain [aujourd’hui] d’Ashleigh Barty [l’adversaire de Halep]. »

« Simona a effectivement eu des horaires difficiles et je comprends sa frustration, mais cela a aussi été le cas de plusieurs autres joueuses. »

— Valérie Tétreault, responsable des communications de Tennis Canada

Aujourd’hui, la Roumaine devra donc se mesurer à une adversaire qui a eu une journée relativement facile hier, même si elle a joué deux matchs. « Je ne l’ai jamais affrontée, alors je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre, a expliqué Halep. Je sais qu’elle est très talentueuse, qu’elle bouge bien sur le court. Je dois parler avec mon entraîneur avant le match.

« Demain, j’irai sur le court et j’essaierai de faire de mon mieux. Je n’ai rien à perdre. C’est une demi-finale. Je vais juste aller sur le court et essayer de jouer. Je vais essayer d’être solide sur mes jambes et d’être au plus haut niveau d’énergie possible. »

Garcia a bien aimé Montréal

Battue pour la deuxième année de suite par Halep en quart de finale de la Coupe Rogers, Caroline Garcia était surtout déçue de ne pas avoir pu soutenir son rythme après une excellente première manche.

« Le premier set était très serré, une grosse bagarre des deux côtés, a expliqué la Française. J’ai eu des occasions à un moment, mais je n’ai pas bien joué sur les points importants. Je lui ai donné des points. »

« Au second set, le premier jeu a été serré, puis j’ai lâché. J’ai commencé à faire des erreurs en me précipitant trop et elle en a profité. »

— Caroline Garcia

Malgré la déception, la sixième mondiale a visiblement apprécié son séjour à Montréal et pensait même le prolonger un peu avant de se rendre à Cincinnati pour le prochain tournoi.

« J’ai vérifié les vols, ils sont tellement chers pour ces trajets, et si longs. Je suis désespérée ; 700 $ pour aller jusqu’à Cincinnati, c’est une blague ? J’ai un bye à Cincinnati, je crois. Je ne jouerai que mardi ou mercredi. Je peux peut-être rester ici encore un jour et partir après. Ce n’est jamais facile après une défaite de penser au voyage jusqu’au prochain endroit… »

Comme quoi, tout le monde peut avoir des ennuis avec un horaire ou un autre.

Les autres matchs

Barty préfère jouer

Excellente sur le gazon il y a quelques semaines, l’Australienne Ashleigh Barty montre cette semaine qu’elle est aussi à l’aise sur les surfaces dures. Elle s’est qualifiée hier pour les demi-finales en simple et en double, sans avoir à se dépenser outre mesure. La joueuse de 22 ans a d’abord vaincu la Néerlandais Kiki Bertens (18e), 6-3 et 6-1, dans un match qui n’a duré que 54 minutes ! Elle et la Néerlandaise Demi Schuurs ont ensuite disposé de la Biélorusse Lidziya Marozava et de la Japonaise Shuko Aoyama, 6-2 et 6-4. « Je me sens très bien, a assuré Barty. C’est bien d’être occupée pendant une semaine de tournoi et c’est bien plus agréable de jouer que de s’entraîner. » L’Australienne sera comblée aujourd’hui puisqu’elle devra encore jouer deux matchs, dont le plus important de la saison jusqu’ici pour elle, en simple, contre la favorite Simona Halep.

Svitolina s’est réveillée

L’Ukrainienne Elina Svitolina a été lente à se mettre en marche, hier soir, devant la Belge Elise Mertens, mais la cinquième mondiale s’est réveillée juste à temps pour combler un déficit de deux bris en première manche et se sauver avec une victoire de 7-5 et 6-3. Championne de la Coupe Rogers l’année dernière à Toronto, Svitolina est un peu restée sous le radar cette semaine, évitant les problèmes d’horaire et les matchs en double qui ont bousculé l’emploi du temps de plusieurs de ses adversaires. La joueuse de 23 ans a toutefois convenu qu’elle devrait hausser le niveau de son jeu aujourd’hui en demi-finale contre l’Américaine Sloane Stephens.

Les spécialistes du double continuent

Avec une bourse de près de 150 000 $ remise à la paire championne, la Coupe Rogers est un tournoi important pour les spécialistes du double, et plusieurs d’entre elles sont encore en lice pour le titre. Hier, les sixièmes et septièmes favorites, la Slovène Andreja Klepač et l’Espagnole María José Martínez Sánchez d’une part, l’Américaine Nicole Melichar et la Tchèque Květa Peschke d’autre part, se sont difficilement qualifiées pour les demi-finales. Les premières l’ont emporté 6-3, 5-7, 10-8 devant la Néerlandaise Kiki Bertens et la Slovène Katarina Srebotnik, alors que les secondes se sont imposées contre la Hongroise Tímea Babos et la Française Kristina Mladenovic, 2-6, 6-3, 10-8.

Tennis

« Le Canada est un bon endroit pour moi ! »

Sloane Stephens gagne en simple, mais perd en double avec Eugenie Bouchard

C’est au Canada l’an dernier que Sloane Stephens avait amorcé la poussée qui devait la mener jusqu’au titre des Internationaux des États-Unis. Demi-finaliste à Toronto, puis à Cincinnati, avant de gagner à New York, l’Américaine a beaucoup de points à défendre cette année, mais il en faut apparemment davantage pour lui enlever le sourire.

Hier, c’est encore dans la bonne humeur qu’elle a retrouvé les journalistes après sa qualification pour les demi-finales :

« Demi-finale l’an dernier, demi-finale cette année, je crois qu’on peut dire que le Canada est un bon endroit pour moi ! »

La joueuse de 25 ans n’a mis que 70 minutes à s’imposer, 6-2 et 6-2, face à la Lettonne Anastasija Sevastova, une adversaire qui avait bien failli la surprendre l’année dernière en quart de finale à New York.

« Elle m’a même battue, deux mois plus tard, mais aujourd’hui, j’ai vraiment bien joué. »

— Sloane Stephens

« Les conditions étaient bonnes. Je ne sais pas, je pense que j’ai juste bien joué. Elle n’a pas mal joué, mais il y a parfois des jours comme ça. »

L’Américaine ne savait pas encore qui, de l’Ukrainenne Elina Svitolina ou de la Belge Élise Mertens, serait son adversaire aujourd’hui en demi-finale et ne se rappelait pas avoir affronté l’une ou l’autre, alors qu’elle a une fiche d’une victoire et une défaite contre la première.

« Je pensais que je n’avais jamais joué contre elle et, de toute évidence, ce n’est pas vrai. Mais je ne me souviens d’aucun de ces matchs, donc ça n’a pas d’importance. Ces deux joueuses jouent très bien, comme toutes celles qui se rendent en demi-finale d’un tournoi. Je devrai encore très bien jouer. »

Bouchard a apprécié

Stephens a eu moins de chance quelques heures plus tard en double avec Eugenie Bouchard. Opposées à la Russe Ekaterina Makarova, double championne en titre en double, et à la Chinoise Latisha Chan, la paire canado-américaine s’est inclinée 6-2 et 6-2. Ce n’est évidemment pas cette défaite qui a perturbé l’Américaine.

« Je joue rarement en double, a-t-elle expliqué. C’est juste du temps passé sur le court avec plus de plaisir. C’est mieux que l’entraînement. On joue dans un esprit de compétition. Je trouve que c’est bien. Bien sûr, pour celles qui jouent chaque semaine les simples et les doubles et vont loin dans chacune des épreuves, c’est dur. Je ne sais pas comment elles font. »

C’est par amitié pour Bouchard que Stephens a décidé de s’inscrire au tournoi de double de la Coupe Rogers. « Elle [Bouchard] est très drôle. Je la connais depuis que j’ai 12 ans. Je ne la vois pas forcément comme les autres la voient. Elle est très gaie, joviale, nous passons du bon temps ensemble. C’est rare, pourtant, sur un court de tennis, car jouer est très sérieux. Avec Genie, nous nous amusons beaucoup. Pouvoir ainsi s’amuser tout en gagnant quelques matchs, c’est une bonne combinaison. »

Bouchard elle-même a aussi aimé son expérience, même si elle s’est montrée avare de commentaires devant les journalistes après sa défaite : « C’était nice de gagner des matchs, d’arriver en quart de finale en double, de rester dans le tournoi jusqu’au vendredi, d’être la dernière Canadienne [et le dernier Canadien] à la Coupe Rogers cette année. Tout cela est nice. »

Pour le reste, la 129e mondiale a indiqué ne pas savoir où elle jouerait la semaine prochaine, si elle joue. Elle a aussi indiqué qu’il était possible qu’elle retrouve l’entraîneur Robert Lansdorp à New York pour les qualifications des Internationaux des États-Unis, sans toutefois le confirmer.

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Les champions de demain

Disputée depuis plusieurs années, la Mini Coupe Rogers va se conclure pour la première fois cette année au stade IGA. Les finales des deux volets (élite et récréatif) de cette compétition réservée aux jeunes de 5 à 10 ans seront en effet disputées aujourd’hui sur les courts annexes, et les champions recevront leur trophée sur le court central avant la deuxième demi-finale, ce soir. Une chance pour les spectateurs de voir les championnes d’aujourd’hui ainsi que ceux et celles qui pourraient les remplacer un jour.

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Des partenaires de toutes les tailles

Comme l’expliquait Eugenie Bouchard plus tôt cette semaine, les tableaux du double sont souvent bouclés à la dernière minute. Sloane Stephens et elle n’ont décidé de jouer ensemble qu’à la date limite d’inscription, et plusieurs joueuses ont fait de même. Cela donne parfois des duos improvisés, voire incongrus. La Biélorusse Lidziya Marozava et la Japonaise Shuko Aoyama formaient sûrement la paire la plus dépareillée cette semaine, la première mesurant 1,83 m, alors que la seconde fait tout juste 1,54 m ! C’était la première fois qu’elles jouaient ensemble, et cela ne les a pas empêchées d’atteindre les quarts de finale où elles ont remporté leur meilleure bourse de la saison en se partageant 18 705 $.

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Un uniforme officiel ?

Les spectateurs et les téléspectateurs auront sûrement remarqué depuis le début de la Coupe Rogers la remarquable uniformité des vêtements des nombreuses joueuses. En fait, à l’exception de Maria Sharapova, toutes les athlètes qui ont un contrat avec le manufacturier Nike – elles sont nombreuses – portaient une camisole verte et une jupe grise.

Hier soir, on avait ainsi pas moins de quatre joueuses – Simona Halep et Caroline Garcia sur le court central, Eugenie Bouchard et Sloane Stephens sur le court Banque Nationale – vêtues de cet « uniforme officiel ». On devine évidemment que le costume fait partie d’une stratégie commerciale de Nike pour l’ensemble des tournois de la US. Open Series et qu’il se retrouve déjà bien en vue dans toutes les boutiques de sports.

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