PLEIN AIR

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C’est le dénivelé (en mètres) des pistes de descente de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne.

Angels Landing

Angels Landing est une des randonnées les plus excitantes du sud-ouest américain. On la retrouve dans le parc national de Zion, en Utah.

L’appel de la nature

Les rayons du soleil à travers les branches. La bonne odeur de pin. Le tapis d’aiguilles si doux sous les pas. Le chant des oiseaux. Le moment est absolument parfait. Sauf que le café pris ce matin commence à faire son effet. Impossible d’attendre plus longtemps, il faut aller aux toilettes. En pleine nature.

Il faut donc exposer des parties corporelles délicates aux éléments et aux moustiques. Mais surtout, il faut suivre les règles d’éthique en plein air, les principes « Sans trace ». Il est nécessaire de bien gérer les déchets humains pour éviter de contaminer les sources d’eau et d’indisposer les autres usagers.

« L’idée de base, c’est d’utiliser les structures existantes », rappelle Renée-Claude Bastien, coordonnatrice du programme de formation de guides en tourisme d’aventure au cégep Saint-Laurent.

Il faut donc utiliser la bonne vieille bécosse, même si elle peut parfois sembler rebutante.

« Il y a des gens qui décident d’aller uriner à l’extérieur de la bâtisse, note Mme Bastien. Or, l’urine contient beaucoup de sel. Ça peut amener les animaux à aller gruger autour des latrines. Et puis l’été, avec la chaleur, il peut y avoir des odeurs. »

Il existe des exceptions à cette règle : certaines latrines installées au cœur des montagnes du Vermont et du New Hampshire sont à compostage. L’excès de liquide nuit au processus et on conseille aux gens d’aller uriner dans les bois. Mais en règle générale, il faut utiliser les bécosses pour uriner et déféquer. Mais attention, ce n’est pas une poubelle : il ne faut pas y jeter des déchets ou y verser l’eau de vaisselle.

Un autre détail, rappelle Mme Bastien : il faut bien refermer le couvercle des toilettes.

« On s’assure que les odeurs restent dans le réceptacle, explique-t-elle. En outre, le système de ventilation [le gros tuyau qu’on voit parfois à la sortie des latrines en fait partie] fonctionne mal lorsque le couvercle reste ouvert. »

Il n’y a pas de bécosse à l’horizon ? Il faut veiller à s’éloigner de 70 m du sentier, des cours d’eau et des campements pour faire ses besoins. Ça correspond à environ 70 pas humains, spécifie Mme Bastien.

Il n’est pas question de laisser le papier hygiénique sur place. Ce genre de déchet va finir par se dégrader, mais ça prendra du temps. Bien des visiteurs auront le temps de le « contempler » avant sa disparition.

Ce n’est pas non plus une bonne idée de le brûler.

« En réalité, le papier de toilette est super humide et il ne brûlera jamais au complet. Et puis, si on peut brûler du papier dans le désert, ici, les dangers de feux de forêt sont trop importants : on ne joue pas avec le feu. »

— Renée-Claude Bastien

Il faut donc prévoir un sac de plastique pour entreposer ses papiers souillés jusqu’à la fin de la randonnée.

Pour les excréments, il faut creuser un petit trou dans le sol, si possible avec une truelle, et y faire son dépôt. Puis, il faut remplir le trou et le couvrir d’un caillou ou d’une bûche pour que personne d’autre n’ait l’idée de creuser à la même place.

Il existe un certain nombre d’exceptions à cette règle. Ainsi, en haut de la ligne des arbres, comme au sommet de certaines montagnes, il ne faut pas creuser de trou. En zone alpine, les plantes sont fragiles et le sol est mince. Il faut s’éloigner des sentiers et des sources d’eau en sautant d’une pierre à l’autre (pour éviter de marcher sur la végétation) et faire ses besoins sur de la pierre ou de la gravelle. Les éléments devraient accélérer la décomposition.

Il est évidemment préférable de « se retenir » jusqu’au retour dans un environnement moins fragile. Mais ce n’est pas toujours possible.

« Dans de rares cas, et ce sera très bien expliqué sur place, il faut rapporter ses déchets humains », indique Mme Bastien. C’est notamment le cas au lac Powell, en Arizona, ou dans certaines petites îles du Maine, ou encore sur certaines montagnes surutilisées, comme l’Aconcagua, en Argentine. De bons sacs et de bons contenants en plastique sont nécessaires.

Quand il fait froid, ce n’est pas un gros problème. Le tout gèle rapidement et ne sent plus rien. Quand il fait chaud, ça prend un cœur solide lorsqu’on part pour quelques jours…

TEMPS NÉCESSAIRE POUR LA DÉCOMPOSITION DE CERTAINS DÉCHETS

Bouteille de plastique : 450 ans

Couche jetable : 450 ans

Canette d’aluminium : entre 80 et 200 ans

Semelle de botte en caoutchouc : entre 50 et 80 ans

Gobelet de styromousse : 50 ans

Boîte de conserve : 50 ans

Tissu en nylon : 50 ans

Cuir : 50 ans

Sac en plastique : entre 10 et 20 ans

Mégot de cigarette : entre 1 et 5 ans

Chaussette de laine : entre 1 et 5 ans

Contreplaqué : entre 1 et 3 ans

Carton de lait : 3 mois

Trognon de pomme : 2 mois

Papier journal : 6 semaines

Pelure d’orange ou de banane : entre 2 et 5 semaines

Serviette de papier : entre 2 et 4 semaines

Source : US National Park Service

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