Problèmes de fiabilité

Bombardier doit s’excuser à sa clientèle suisse

Les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) et Bombardier signalent qu’il faudra patienter avant que les livraisons puissent reprendre dans le cadre d’un important contrat qui prend une tournure politique en Suisse.

En marge d’une rencontre avec la commission des transports du Conseil national, l’entreprise ferroviaire et la multinationale québécoise ont présenté, hier, des excuses pour leur incapacité à offrir aux usagers des trains qui répondent aux attentes.

« Il faudra encore du temps jusqu’à ce que ce train réponde en tous points aux attentes élevées de la clientèle suisse », ont fait valoir les CFF et Bombardier dans une déclaration conjointe.

L’entrée en service des 12 premières rames, en décembre, a été marquée par des problèmes concernant les portes des trains, leur fiabilité ainsi que le confort des passagers, ce qui a valu des critiques à la société québécoise.

Évoquant des problèmes de logiciels et d’autres pépins liés au système de porte, l’entreprise helvétique a décidé, le 22 janvier, de cesser d’accepter les nouveaux trains livrés par Bombardier.

Préoccupée par les retards, la commission des transports du Conseil national a exhorté les deux partenaires à trouver rapidement des solutions.

Des retards

Bombardier avait décroché en 2010 un contrat de 2,12 milliards de dollars auprès des CFF pour la livraison de 59 rames de trains. Le contrat a toutefois été marqué par les retards, puisque les premières livraisons n’ont eu lieu que l’an dernier. Cela avait notamment incité Bombardier à offrir trois rames supplémentaires à son client en 2014 en guise de dédommagement.

« Il y a encore des questions d’ordre commercial en suspens, ont indiqué les deux parties. Nous les tirerons au clair ultérieurement. »

Interrogé au cours d’un entretien téléphonique, un porte-parole de Bombardier, Thomas Schmidt, n’a pas voulu s’avancer sur un échéancier en ce qui a trait à la reprise des livraisons. L’entreprise pourrait faire l’objet de pénalités en raison des retards.

Les CFF font partie des sociétés de transport qui ont refusé des livraisons de la part de l’entreprise québécoise en raison de problèmes. Des situations similaires sont aussi survenues en France ainsi qu’à New York. Les livraisons ont toutefois repris du côté de New York.

La semaine dernière, Bombardier a annoncé que le dirigeant de sa division ferroviaire, Laurent Troger, démissionnait après un peu plus de trois ans en poste. Il a été remplacé par Danny Di Perna, âgé de 53 ans, qui était depuis l’an dernier à la tête des activités d’aérostructures et services d’ingénierie de l’entreprise.

Jeux vidéo

Le studio français Novaquark ouvre une antenne à Montréal

Le studio parisien indépendant Novaquark, qui prépare depuis 2016 le jeu multijoueurs très attendu Dual Universe, mise sur Montréal pour grandir. On annoncera aujourd’hui l’embauche d’un vétéran montréalais de l’industrie, Stéphane D’Astous, pour mettre sur pied une première filiale dans la métropole québécoise, qui devrait compter une cinquantaine d’employés d’ici la fin de l’année.

M. D’Astous, embauché à titre de directeur général, a notamment été au cœur de la fondation des studios Eidos-Montréal et Square Enix Montréal en 2007 et 2011. Il a également été directeur des opérations du studio Ubisoft Montréal de 2003 à 2006. 

« On a ouvert Eidos-Montréal il y a quasiment 12 ans jour pour jour, le 15 février, et on a réussi à ouvrir deux studios avec plus de 550 employés, dit en entrevue M. D’Astous. Ç’a été une de mes plus belles expériences professionnelles, et j’ai l’opportunité de la revivre à échelle humaine. »

Fait à noter, avec sa cinquantaine d’employés, le studio de Montréal sera pratiquement deux fois plus gros que le siège social parisien de Novaquark. C’est ici qu’on développera la mécanique de jeu, son esthétique et l’expérience utilisateur. Paris, de son côté, reste chargé du moteur de jeu et de la technologie de Dual Universe.

Plusieurs jeux en un

Ce jeu, imaginé dès 2011 par le PDG de Novaquark Jean-Christophe Baillie, expert en intelligence artificielle, est arrivé sur la scène en 2016 avec une campagne Kickstarter qui lui a permis de recueillir près de 850 000 $. 

« Jean-Christophe, c’est quelqu’un d’inspirant : plus on le connaît, plus on veut se joindre à sa vision », dit M. D’Astous. Dual Universe, qui sera offert au grand public début 2020, est un jeu vidéo de science-fiction auquel peuvent participer des milliers de joueurs en ligne, ce qu’on appelle un MMOG, pour « massively multiplayer online game ». 

Il s’agit d’un univers ouvert très ambitieux dans lequel les joueurs peuvent s’installer sur des millions de planètes, basé sur « l’exploration, l’exploitation minière, l’artisanat, le commerce, la politique et la guerre », explique-t-on sur le site officiel.

« C’est un assemblage de plusieurs jeux en un, entre Minecraft, World of Warcraft et SimCity, résume M. D’Astous. Il n’y a pas un jeu qui ressemble à ça, et c’est ce qui fait son ambition. » Les curieux auront droit à une démonstration en direct le 5 mars prochain à la Société des arts technologiques (SAT), boulevard Saint-Laurent.

Chine–États-Unis

Les négociations reprennent sur fond de « tempête »

Chinois et Américains ont repris hier leurs négociations commerciales après que le FMI eut mis en garde la veille contre une « tempête » sur l’économie mondiale liée, en partie, aux hausses de droits de douane décidées par les deux géants mondiaux.

À moins de trois semaines de l’échéance fixée par le président américain Donald Trump avant une nouvelle salve de sanctions commerciales contre la Chine, son représentant adjoint au Commerce, Jeffrey Gerrish, a entamé à Pékin des discussions préliminaires.

M. Gerrish, qui avait déjà engagé des négociations au début de janvier dans la capitale chinoise, a quitté son hôtel de Pékin en début de journée, sans aucune déclaration à la presse.

Ces tractations doivent précéder des discussions jeudi et vendredi à Pékin avec les hauts responsables de la négociation : le représentant pour le Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, du côté américain, et du côté chinois, le vice-premier ministre Liu He et le gouverneur de la banque centrale Yi Gang.

Comme au début de janvier, Washington a profité des discussions pour faire transiter deux destroyers en mer de Chine méridionale, zone stratégique considérée par Pékin comme ses eaux territoriales et qui voit passer près du tiers du commerce mondial. Pékin a réagi hier, accusant les États-Unis de chercher « à provoquer des troubles ».

Les discussions commerciales font suite à celles organisées le mois dernier à Washington, qui ont donné lieu à un entretien entre Liu He et Donald Trump.

« Beaucoup de travail à faire »

Après un regain d’optimisme à la suite de ces négociations, Washington a soufflé le froid la semaine dernière, l’administration Trump assurant qu’il y avait « encore beaucoup de travail » avant que les deux premières puissances économiques du monde ne parviennent à surmonter leurs multiples différends.

Donald Trump, qui avait annoncé une réunion avec le président chinois, Xi Jinping, « dans un avenir proche », a même indiqué qu’il n’avait pas prévu de le rencontrer avant l’échéance de début de mars.

Lors d’un entretien, début décembre en Argentine, les deux présidents ont fixé cette échéance pour parvenir à un règlement négocié.

Passé cette date, des droits de douane frappant l’équivalent de 200 milliards US d’importations chinoises annuelles aux États-Unis seront portés de 10 % à 25 %.

Outre l’énorme excédent commercial que la Chine dégage de ses échanges bilatéraux, Washington exige qu’elle mette fin à ses pratiques jugées déloyales comme le transfert forcé de technologies américaines, le « vol » de la propriété intellectuelle américaine, le piratage informatique ainsi que les subventions massives accordées aux entreprises publiques pour en faire des champions nationaux.

La perspective d’une aggravation de la guerre commerciale pèse sur les marchés financiers mondiaux, qui redoutent ses conséquences pour l’économie mondiale.

Elle inquiète aussi Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), qui a mis en garde dimanche à Dubaï contre une éventuelle « tempête » économique mondiale.

Mme Lagarde a évoqué ce qu’elle a appelé les « quatre nuages » qui menacent la planète : tensions commerciales, resserrement des taux d’emprunt, Brexit et ralentissement de l’économie chinoise.

Résultats

La société mère de Tim Hortons surpasse les prévisions

La société mère de Tim Hortons a légèrement surpassé les attentes de profits pour son quatrième trimestre, mais a vanté l’amélioration des activités de la chaîne de cafés après que ses dirigeants se sont efforcés d’améliorer leurs relations avec certains franchisés.

Restaurant Brands International (RBI) a indiqué que les ventes des cafés Tim Hortons canadiens ouverts depuis au moins un an avaient augmenté de 2,2 % pour le trimestre clos le 31 décembre, enregistrant ainsi leur plus forte croissance en 10 trimestres.

« Ce qui est important, c’est que notre élan du quatrième trimestre indique que le plan […] que nous avons développé avec nos franchisés au début de 2018 fonctionne », a fait valoir hier Daniel Schwartz, qui a récemment quitté le poste de chef de la direction pour assumer le rôle de président exécutif, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

Le plan mise sur l’amélioration des offres de produits, de l’expérience dans les restaurants et de la communication de la marque.

Cette initiative a pris forme alors que RBI s’efforçait de lutter contre la couverture médiatique négative attribuable à un groupe de franchisés mécontents qui se sont regroupés pour former la Great White North Franchisee Association (GWNFA) et dénoncer ce qu’ils considéraient être de la mauvaise gestion.

L’association a lancé deux poursuites en action collective contre sa société mère. Les dirigeants de l’entreprise et la GWNFA se sont en outre mutuellement adressé divers reproches. Cependant, les deux parties ont récemment fait un grand pas en avant dans le règlement des deux actions en justice et s’attendent maintenant à conclure un règlement complet devant un juge le 21 mars.

Le petit-déjeuner populaire

Dans son explication au sujet de l’amélioration des résultats canadiens, M. Schwartz a également souligné la popularité persistante des aliments pour le petit-déjeuner, qui sont maintenant offerts toute la journée ; le programme de cartes de hockey d’octobre ; et les offres du temps des Fêtes, incluant la mise en marché d’une nouvelle boisson.

La société espère pouvoir poursuivre sur cette lancée cette année en mettant en place un nouveau programme de fidélisation, plus tard en 2019.

La société a également continué à mettre de l’avant ses projets d’expansion internationale pour la marque, notamment la planification de plus de 1500 magasins en Chine au cours de la prochaine décennie. 

Par ailleurs, RBI a dévoilé ses résultats financiers du quatrième trimestre.

La société, qui exploite également les restaurants Burger King et Popeyes, a fait état d’un bénéfice de 163 millions US, ou 64 cents US par action. Cela se compare à 395 millions US, ou 1,59 $US par action, un an plus tôt.

Sur une base ajustée, la société a réalisé un bénéfice de 68 cents US par action pour le trimestre. Les analystes tablaient sur un bénéfice de 67 cents US par action, selon Thomson Reuters Eikon.

Les revenus ont atteint 1,39 milliard US, en hausse par rapport à 1,23 milliard US un an plus tôt.

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