Québecor

Pierre Karl Péladeau n’a pas été le mieux rémunéré en 2017

Manon Brouillette, de Vidéotron, vient en tête de liste

Le dirigeant le mieux payé chez Québecor l’an dernier n’a pa été son PDG Pierre Karl Péladeau, mais plutôt la patronne de Vidéotron, Manon Brouillette. M. Péladeau n’a été que cinquième parmie les dirigeants les mieux payés de Québecor en 2017, année qui marquait son retour à la tête de l’entreprise.

Cinquième salarié chez les hauts dirigeants

Même s’il a été président et chef de la direction de Québecor de février à décembre, Pierre Karl Péladeau n’a été que le cinquième des dirigeants les mieux payés de Québecor avec une rémunération de 2,3 millions. Il a touché son salaire de base (1,3 million sur une base annuelle) et un boni en argent équivalant à 100 % de son salaire de base, mais n’a pas obtenu d’options d’achat d’actions comme rémunération incitative à long terme. Quatre dirigeants de Québecor ont touché plus que lui en 2017 parce qu’ils ont reçu une rémunération incitative à long terme.

Arrivée en cours d’année

Dans sa circulaire de la direction publiée hier, Québecor n’explique pas pourquoi M. Péladeau n’a pas touché de rémunération incitative en 2017, et l’entreprise n’a pas répondu à nos questions. Le professeur en comptabilité et gouvernance Michel Magnan avance une explication : comme M. Péladeau est arrivé en février, la planification stratégique – souvent liée à la rémunération à long terme – avait déjà été effectuée par son prédécesseur, Pierre Dion. « C’est assez dur de justifier de récolter des primes là-dessus alors que tout était déjà décidé d’avance », dit Michel Magnan, directeur de la chaire de gouvernance d’entreprise Stephen A. Jarislowsky de l’Université Concordia.

Le retour des primes à long terme en 2018 ?

Dans son document publié hier, Québecor indique que son conseil d’administration entend procéder en 2018 « à une révision de l’ensemble des programmes d’intéressement incitatifs » de l’entreprise pour ses dirigeants comme M. Péladeau. À ses trois dernières années complètes comme président et chef de la direction (avant son entrée en politique en 2014), M. Péladeau avait touché une rémunération totale de 7,4 millions en 2013, 8,3 millions en 2012 et 4,6 millions en 2011. En 2013, il avait notamment touché 3,7 millions uniquement en rémunération incitative à long terme.

Le PDG à 1,67 milliard de dollars

Pierre Karl Péladeau est le plus important détenteur d’actions de Québecor : son bloc d’actions (30 % des actions, 75 % des droits de vote) vaut 1,67 milliard de dollars. Le professeur Michel Magnan se demande si un PDG qui est aussi actionnaire majoritaire de l’entreprise devrait recevoir une rémunération incitative à long terme. « A-t-il besoin d’incitatifs pour en faire plus ? Oui, il fait un travail comme tout le monde et il faut le payer. Mais d’un autre côté, personne ne va croire que M. Péladeau va travailler davantage si on lui donne 3 millions en incitatifs à long terme, dans la mesure où il est déjà actionnaire à 1,6 milliard. Toute amélioration dans la valeur en Bourse de Québecor, c’est lui qui en bénéficie le plus », dit Michel Magnan, qui cite notamment l’exemple du PDG de Berkshire Hathaway, Warren Buffett, qui ne reçoit pas de rémunération incitative à long terme.

Départ de Pierre Dion

Un départ remarqué au conseil d’administration de Québecor : Pierre Dion, qui a été président et chef de la direction de Québecor d’avril 2014 à février 2017, quittera en mai prochain les conseils d’administration de Québecor et du Groupe TVA. M. Dion avait dirigé le Groupe TVA avant de prendre la relève de Robert Dépatie à la tête de Québecor en 2014 (M. Péladeau était alors député du Parti québécois). M. Dion n’a pas souhaité hier indiquer les raisons de son départ ni ses plans d’avenir, et a redirigé nos questions vers le service des communications de Québecor, qui n’y a pas répondu. Comme grand patron de Québecor, M. Dion a eu une rémunération totale de 8,1 millions en 2014, 3,5 millions en 2015 et 11,3 millions en 2016.

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