ONU

200 millions

L’ONU vit sa pire crise financière en 10 ans alors que son budget de fonctionnement est dans le rouge depuis septembre. Si les mauvais payeurs ne règlent pas rapidement leurs dettes, les salaires des fonctionnaires pourraient ne pas être versés à partir de novembre. Pas moins de 64 pays lui doivent de l’argent, dont les États-Unis. (AFP)

Changements climatiques

Les taxes sur le carbone sont efficaces, selon le FMI

Les taxes sur le carbone sont efficaces pour lutter contre les changements climatiques, mais elles doivent être assorties de réductions d’impôts et d’incitation à l’investissement dans les infrastructures propres pour assurer la transition, a préconisé hier la nouvelle patronne du FMI. « Les taxes sur le carbone peuvent être l’un des outils les plus puissants et les plus efficaces », a souligné Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international dans un discours prononcé en amont des réunions d’automne. « Mais la clé est de changer les systèmes fiscaux et non pas simplement d’ajouter une nouvelle taxe », a-t-elle ajouté. Elle relève que des revenus supplémentaires issus des taxes sur le carbone pourraient être utilisés pour réduire les impôts des ménages les plus vulnérables. Les nouvelles ressources pourraient également « soutenir les investissements dans l’infrastructure d’énergie propre qui aidera la planète à guérir ». — Agence France-Presse

Allemagne

Le conducteur de la voiture-bélier incarcéré

La justice allemande a incarcéré hier soir pour « tentative de meurtre » un Syrien qui a blessé huit personnes en fonçant sur des voitures à bord d’un camion volé, mais reste dans l’incertitude quant à ses motivations. Piste terroriste ? Problème psychiatrique ? Acte lié à son statut de migrant en situation irrégulière ? Le parquet de Francfort a dit l’avoir inculpé et placé en détention provisoire, mais affirmé qu’il était encore « trop tôt » pour se prononcer sur ses intentions. L’enquête se poursuit « dans toutes les directions ». S’ils n’excluent pas formellement la piste d’un attentat, évoquée par plusieurs médias, les enquêteurs n’ont pas pour le moment fourni d’éléments en ce sens. Le parquet antiterroriste a de son côté déclaré à l’agence de presse allemande DPA qu’il ne voyait encore aucune raison de se saisir de l’affaire. L'homme n’était pas armé au moment des faits, selon la police et le parquet, et n’a « aucune relation établie à ce stade avec les milieux islamistes disposés à la violence », a précisé le ministre régional de l’Intérieur, Peter Beuth, dans un communiqué. — Agence France-Presse

Russie

Plainte d’une militante contre le système de surveillance de Moscou

Une militante russe a porté plainte en justice pour dénoncer le puissant système de reconnaissance faciale utilisé par les autorités municipales à Moscou, espérant prouver son illégalité. Aliona Popova, qui défend les droits des femmes, a pour la première fois eu des soupçons lorsqu’elle a comparu au tribunal pour avoir manifesté, seule avec une pancarte, devant le parlement russe l’année dernière. Les images de vidéosurveillance utilisées au cours de son procès ont montré que la caméra l’avait remarquée avant même qu’elle n’entame son action de protestation. « La caméra avait agrandi 32 fois mon visage au milieu de la foule », a expliqué la militante à l’AFP. Selon elle, les technologies destinées à l’identification sont largement utilisées dans les affaires judiciaires visant l’opposition à Moscou, alors qu’il n’existe aucune loi spécifique délimitant leur usage et que les textes existants sur la protection des données personnelles les rendent illégales. « Nous exigeons qu’ils nous montrent comment leurs algorithmes fonctionnent, où les photos et vidéos de nous sont stockées et qui y a accès », explique Aliona Popova. La loi russe sur la protection des données personnelles exige un consentement préalable. — Agence France-Presse

Brexit

Les négociations au bord de la rupture

Londres — Les négociations sur le Brexit entre Londres et les Européens semblaient hier au bord de la rupture, à un peu plus de trois semaines de la date prévue, Bruxelles accusant le premier ministre britannique Boris Johnson de jouer avec « l’avenir de l’Europe ».

Les Européens ont donné jusqu’à la fin de la semaine au gouvernement britannique pour leur présenter un compromis acceptable et arriver à une séparation à l’amiable au 31 octobre.

Sans attendre cette échéance, les deux parties ne cachent pas leur pessimisme, semblant préparer les esprits à une sortie sans accord, voire au report voulu par le Parlement britannique. Après un entretien téléphonique hier entre M. Johnson et Angela Merkel, une source à Downing Street a jugé un accord « pratiquement impossible ».

« Stupide jeu »

Selon cette source, la chancelière allemande a prévenu le chef du gouvernement conservateur qu’un accord était « extrêmement improbable » faute de nouvelles propositions de Londres prévoyant un maintien de l’Irlande du Nord britannique dans l’union douanière européenne. Ce que le Royaume-Uni refuse.

L’enjeu de la question irlandaise est d’éviter le rétablissement d’une frontière physique entre les deux Irlandes et de préserver la paix dans l’île, qui a connu plusieurs décennies de violences.

Sur Twitter, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, a accusé Boris Johnson de jouer avec « l’avenir de l’Europe et du Royaume-Uni » en se prêtant à un « stupide jeu de reproches » sur les responsabilités d’un échec des négociations.

De difficiles négociations se poursuivaient hier à Bruxelles sur la base d’un projet présenté mercredi dernier par Boris Johnson pour tenter de mettre fin au casse-tête de la frontière irlandaise. Le plan britannique a été rejeté en l’état par les Européens.

Et le papier de toilette ?

Le premier ministre britannique Boris Johnson a beau se montrer « confiant » en la capacité du Royaume-Uni à traverser un Brexit sans accord sans encombre, son gouvernement a dû répondre hier aux inquiétudes du Parlement sur les stocks de papier de toilette.

À un peu plus de trois semaines de la date prévue du divorce, le député nationaliste gallois Jonathan Edwards a demandé par la voie d’une question écrite « combien de temps les réserves de papier de toilette vont durer » en cas d’un « no deal », scénario qui devient de plus en plus probable alors que les négociations avec Bruxelles sont dans l’impasse.

Dans sa réponse, le gouvernement assure que dans cette situation, il établira « des priorités dans le flux des biens » pour « minimiser les frictions ».

« Voici la farce à laquelle nous sommes réduits, a expliqué M. Edwards à l’agence Press Association. Non seulement [le gouvernement] veut tirer la chasse d’eau sur l’économie, mais nous n’aurons même pas assez de papier pour nettoyer », a-t-il ironisé, ajoutant plus sérieusement que cette question montrait « les dégâts très sérieux qu’une sortie sans accord causerait à nos approvisionnements même les plus basiques ».

— Agence France-Presse

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