Pays-Bas

« Cette loi n’a pas sa place dans une société qui s’enorgueillit de promouvoir l’égalité entre les sexes. »

— La rapporteuse spéciale des Nations unies sur le racisme, Tendayi Achiume, a critiqué hier l’interdiction aux Pays-Bas de porter en public des vêtements cachant le visage, comme la burqa, voyant dans cette disposition un « renforcement de l’islamophobie » dans le pays. (AFP)

Irak

L’armée admet un « usage excessif » de la force

L’armée irakienne a admis hier un « usage excessif » de la force dans un quartier de Bagdad lors du mouvement de contestation marqué par des violences sanglantes, Amnistie internationale réclamant désormais des comptes pour la centaine de morts depuis mardi. Depuis le début, le 1er octobre, de ce mouvement de contestation à Bagdad et dans des villes du Sud pour réclamer la démission du gouvernement accusé de corruption, plus de 100 personnes ont été tuées, en grande majorité des manifestants, et plus de 6000 blessées, selon le dernier bilan officiel. Après une nuit de chaos à Sadr City, dans l’est de Bagdad, où 13 personnes ont péri dans les heurts entre manifestants et forces de l’ordre, selon des sources médicales, le commandement militaire a reconnu « un usage excessif de la force débordant des règles de l’engagement ». Depuis mardi, les autorités assurent s’en tenir aux « critères internationaux » et accusent des « tireurs non identifiés » de viser manifestants et forces de l’ordre. — Agence France-Presse

Climat

Extinction Rebellion lance une série d’actions de blocage

De Sydney à New York en passant par Londres ou Paris, les militants écologistes d’Extinction Rebellion ont entamé hier deux semaines d’actions coups de poing à travers le monde pour dénoncer l’inaction « criminelle » des gouvernements face à la crise climatique, entraînant des centaines d’arrestations. Loin des manifestations monstres de septembre générées par le mouvement inspiré par Greta Thunberg, les actions d’Extinction Rebellion, mouvement né en 2018 au Royaume-Uni qui prône la désobéissance civile, se limitaient à quelques centaines de manifestants, tentant souvent de frapper les esprits en bloquant un axe majeur de circulation. À Londres, où Extinction Rebellion a multiplié les actions-chocs ces derniers mois, des centaines de manifestants ont entrepris de bloquer Westminster, où sont concentrés les lieux de pouvoir, et menaient des actions sur plusieurs sites, dont le pont qui fait face à Big Ben, fermé à la circulation automobile. Au Canada, plusieurs dizaines de manifestants ont bloqué des ponts autoroutiers dans au moins trois villes : Toronto, Halifax et Edmonton. D’autres actions ont eu lieu à Vancouver et à Victoria. — Agence France-Presse

Inde

Quatre morts après la prise d’un égoportrait sur un barrage

Une jeune mariée et trois membres de sa famille ont péri en se prenant en égoportrait sur un barrage en Inde, a annoncé hier la police, dans le pays qui compte le plus grand nombre d’égoportraits fatals. Le groupe de six personnes se photographiait dimanche au barrage de Pambaru, dans l’État du Tamil Nadu, a indiqué à l’AFP un responsable de la police locale. « Ils se tenaient la main et posaient pour des selfies lorsqu’ils ont glissé et sont tombés », a-t-il dit sous le couvert de l’anonymat, car il n’était pas autorisé à parler à la presse. « Le mari, qui prenait les photos, n’est pas tombé et a survécu », a-t-il ajouté. L’homme a sauté à l’eau et a réussi à sauver l’une des femmes, mais le reste du groupe s’est noyé, a rapporté l’agence Press Trust of India. Selon une étude l’année dernière de chercheurs de l’All Indian Institute of Medical Sciences, 259 personnes sont mortes à travers le monde en se prenant en égoportrait entre 2011 et 2017.

— Agence France-Presse

Hong Kong

Le gouvernement pourrait limiter l’accès à l’internet

Le gouvernement hongkongais envisage de limiter l’accès à l’internet, a déclaré hier à l’AFP un membre du conseil exécutif, trois jours après l’interdiction du port du masque dans les rassemblements, qui, contrairement à son objectif, a attisé la contestation.

« Le gouvernement n’exclura pas la possibilité d’interdire l’internet », a déclaré à l’AFP Ip Kwok-him, un membre du conseil exécutif et député pro-Pékin.

L’internet est un outil indispensable pour le mouvement pro-démocratie qui utilise les forums en ligne et les messageries cryptées pour organiser les actions de la contestation.

M. Ip a cependant souligné que restreindre l’accès à l’internet pourrait avoir des conséquences néfastes pour Hong Kong. « Je pense que l’une des conditions de mise en œuvre de l’interdiction de l’internet serait de ne pas nuire aux entreprises de Hong Kong », a tempéré ce membre du conseil exécutif, qui est l’organe consultatif de la chef de l’exécutif Carrie Lam.

Cette nouvelle menace intervient après trois jours consécutifs de flash mobs et d’actions non autorisées, qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes un peu partout sur le territoire semi-autonome.

De nombreuses stations de métro ont été vandalisées par des groupuscules radicaux, et une bonne partie du réseau est restée à l’arrêt pendant le week-end. Certaines stations et boutiques n’ont pas rouvert hier, jour férié à Hong Kong.

Hier après-midi, des rassemblements de manifestants masqués ont eu lieu dans plusieurs centres commerciaux de la ville, la police procédant à quelques tirs de gaz lacrymogène dans le district de Mongkok.

Des entreprises ayant des liens avec la Chine, notamment des banques chinoises, ont également été la cible de saccages.

C’est la décision, vendredi après-midi, d’interdire aux manifestants de dissimuler leur visage qui avait mis le feu aux poudres.

Premières comparutions

Hier matin, deux premières personnes ont comparu pour avoir enfreint cette interdiction, un étudiant et une femme de 38 ans.

Les deux prévenus ont été accusés de rassemblement illégal, un fait passible de trois ans d’emprisonnement, et d’avoir enfreint l’interdiction de porter un masque dans les rassemblements publics, qui prévoit une peine maximale d’un an de prison.

Tous deux ont été libérés sous caution.

Beaucoup d’opposants à cette interdiction redoutent qu’elle ne soit que le prélude à l’adoption de nouvelles mesures d’urgence par les autorités.

— Agence France-Presse

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