Électricité « 100 % propre » en 2045

La Californie lance un défi à Trump

Los Angeles — Solaire, éolien, géothermie… La Californie, cinquième puissance économique mondiale et fer de lance de la lutte contre les changements climatiques, s’est officiellement engagée hier pour une énergie « 100 % propre » d’ici 2045, dans un geste de défi au président climatosceptique Donald Trump.

« Avec cette loi, la Californie est sur les rails pour remplir les objectifs de l’accord de Paris et même aller au-delà », a lancé Jerry Brown, gouverneur démocrate de l’État de la côte Ouest, avant de signer la loi adoptée par les parlementaires californiens.

« Ce ne sera pas facile, ce ne sera pas immédiat, mais ce doit être fait », a-t-il insisté.

Jusqu’alors aux États-Unis, seul l’archipel d’Hawaii – directement menacé par la montée des eaux du Pacifique induite par les changements climatiques – s’était doté d’une politique aussi volontariste.

Une vingtaine de pays ont pris des mesures similaires, mais aucun n’a l’envergure économique ni le poids politique de l’État américain le plus peuplé avec environ 40 millions d’habitants.

« La Californie, en tant qu’économie des plus prospères, passe à l’attaque sur les changements climatiques. J’espère que la France et l’Allemagne relèveront aussi leurs ambitions, car nous devons tous faire davantage. »

— Jerry Brown à l’AFP

« Il n’y a pas de mots pour décrire l’importance qu’un État aussi grand et influent que la Californie s’engage à une énergie propre à 100 % », s’est réjoui Michael Brune, directeur du Sierra Club, l’une des plus anciennes organisations de protection de la nature aux États-Unis.

Au fédéral, l’administration républicaine du président Donald Trump s’est officiellement retirée en 2017 de l’accord de Paris qui avait été formellement signé l’année précédente par son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Cet accord sur le climat, signé en décembre 2015 par quelque 190 pays, vise à limiter l’augmentation de la température de l’atmosphère en deçà de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, afin d’éviter des catastrophes climatiques à grande échelle.

Pour y arriver, les scientifiques estiment que les activités humaines doivent arriver à un « bilan carbone neutre », c’est-à-dire plus d’augmentation globale des rejets de gaz à effet de serre, d’ici 2050.

Envers et contre trump

Sous l’influence de M. Brown, défenseur des énergies renouvelables depuis son premier mandat de gouverneur dans les années 70, la Californie – épaulée par 16 autres États – a réagi à la décision de M. Trump en reprenant le flambeau de la lutte contre les changements climatiques. Et a décidé de réduire coûte que coûte les émissions de gaz à effet de serre des États-Unis, quitte à poursuivre en justice l’administration fédérale.

Dans le détail, la loi adoptée par les élus californiens prévoit que toute l’électricité passant par le réseau de l’État aura un « bilan carbone neutre » d’ici 2045.

En outre, 50 % de sa production électrique devra venir de sources d’énergie renouvelables (solaire, éolien, géothermie, etc.) d’ici 2025, et 60 % d’ici 2030.

Le reste de la production d’énergie pourrait aussi être fourni par d’autres sources, à condition qu’elles ne rejettent pas de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (nucléaire, centrales au gaz dotées de systèmes de récupération du CO2 émis, etc.).

Près de 20 %

Proportion de la production d’électricité que représente l’énergie solaire et éolienne en Californie, contre 8 % pour l’ensemble des États-Unis

« La Californie sera toujours à la pointe de la lutte contre les changements climatiques, quelle que soit la personne qui occupe la Maison-Blanche », a affirmé le sénateur Kevin de Leon, qui a porté cette loi novatrice.

Outre la protection de l’environnement, cette loi va aussi « doper l’économie » de la Californie et « créer des dizaines de milliers d’emplois », précise-t-il.

« Il y a déjà 10 fois plus d’emplois dans ce secteur pour la seule Californie que dans l’exploitation des mines de charbon pour l’ensemble des États-Unis », a ajouté M. de Leon.

La production d’électricité représente à l’heure actuelle 16 % des émissions de gaz à effet de serre de la Californie.

Il reste deux ans pour agir, selon l’ONU

Le monde a deux ans pour agir contre les changements climatiques, sans quoi il aura à affronter des « conséquences désastreuses », a averti hier le secrétaire général de l’ONU, en appelant la société civile à réclamer « des comptes » aux dirigeants de la planète. « Si nous ne changeons pas d’orientation d’ici 2020, nous risquons […] des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent », a déclaré Antonio Guterres. Son discours à l’ONU survient trois jours avant un sommet mondial inédit pour l’action climatique qui doit réunir à San Francisco des milliers d’élus, de maires, de responsables d’ONG et d’entreprises. « Il est impératif que la société civile – jeunes, groupes de femmes, secteur privé, communautés religieuses, scientifiques et mouvements écologiques dans le monde – demande des comptes aux dirigeants », a insisté le secrétaire général des Nations unies.

— Agence France-Presse

Washington attaque la Cour pénale internationale

Les États-Unis ont mené hier une attaque sans précédent contre la Cour pénale internationale (CPI) et menacé ses juges et procureurs de sanctions s’ils s’en prennent à des Américains, à Israël ou à d’autres alliés de Washington. Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, a accusé le tribunal international chargé de juger notamment les crimes de guerre et contre l’humanité, dont Washington n’est pas membre, d’être « inefficace, irresponsable et carrément dangereux ». Devant la Federalist Society, une organisation conservatrice de Washington, il a dénoncé la possibilité d’une enquête contre des militaires américains ayant servi en Afghanistan, mais aussi d’éventuelles enquêtes contre Israël à l’instigation de l’Autorité palestinienne. — Agence France-Presse

Trump critique encore le livre de Bob Woodward

Donald Trump a de nouveau tenté hier de discréditer le livre du journaliste d’investigation Bob Woodward sur sa présidence, en répétant que l’ouvrage, uniquement à charge selon lui, reposait sur des citations fictives. « Le livre de Woodward est du n’importe quoi. C’est juste une énième attaque contre moi, un feu nourri de tirs qui me visent, en utilisant des sources anonymes qui ont depuis été réfutées », a écrit dans un tweet le président américain, à moins de 24 heures de la sortie prévue du livre. M. Woodward brosse dans son texte incendiaire le portrait d’un Donald Trump inculte, colérique et paranoïaque, que ses collaborateurs s’efforcent de contrôler pour éviter les pires dérapages.

— Agence France-Presse

Kim souhaite un nouveau sommet avec Trump

Donald Trump a reçu une lettre « très chaleureuse » et « très positive » de Kim Jong-un, dans laquelle le dirigeant nord-coréen souhaite « une nouvelle rencontre » avec le président des États-Unis, a annoncé hier la Maison-Blanche. « L’objectif principal de la lettre était d’organiser une nouvelle rencontre avec le président. Nous y sommes ouverts et nous avons déjà commencé à nous cordonner » en vue d’un tel sommet, qui serait le deuxième après celui, historique, du 12 juin à Singapour, a déclaré la porte-parole de la présidence américaine Sarah Sanders, sans fournir plus de précisions sur le moment ou l’endroit où cette rencontre pourrait avoir lieu. — Agence France-Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.