Emploi

Une troisième usine pour Tricots Maxime

En entendant l’histoire de Tricots Maxime, on se croirait revenu aux années 90, comme si la levée des quotas sur l’importation de textiles (en vigueur de 1995 à 2005) n’avait jamais eu lieu.

La firme de textile de Montréal a enregistré une croissance de 274 % de ses revenus en 5 ans, elle a embauché 90 personnes l’an dernier et elle investit actuellement 13 millions de dollars dans une usine à Baie-d’Urfé.

Tricots Maxime, avec 250 employés au Canada et aux États-Unis, n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Elle envisage d’embaucher 60 personnes en 2017. Elle vise des ventes de 60 millions cette année et prévoit un chiffre d’affaires de 100 millions d’ici 2020.

« Notre croissance est aux États-Unis, où nos parts de marché, somme toute, restent très basses. Notre potentiel de croissance est intéressant », dit Maxime Thériault, président de Tricots Maxime, qui possède une usine à Charlotte, en Caroline du Nord, au cas où le président américain Donald Trump frapperait d’un tarif le tissu canadien.

La société est spécialisée dans le créneau des revêtements de matelas. Les fabricants de matelas apprécient la valeur ajoutée de son textile, la rapidité du cycle de production, le juste-à-temps et la production sur mesure que Tricots Maxime est en mesure de livrer.

Campus d’innovation à Saint-Laurent

« Pour réussir dans notre domaine, ça prend de la flexibilité et beaucoup d’innovation, dit le président âgé de 31 ans. On a lancé un campus d’innovation à Saint-Laurent en septembre 2016. C’est une équipe de sept designers avec des graphistes qui nous permet de rester à l’affût de tout ce qui touche à l’innovation. »

L’esthétisme des matelas importe… aussi surprenant que ça puisse paraître. « Même si le matelas est recouvert d’un drap tout le temps, il y a un aspect esthétique super important quand le produit est en magasin », explique M. Thériault.

Michel Grenier, responsable des achats et de la confection de Matelas Mirabel, à Laval, corrobore ces propos. 

« Max a des designers. Quand on cherche un motif un peu spécial, c’est toujours plus facile. En plus, on n’est pas obligé de commander en quantité énorme. »

— Michel Grenier, client de Tricots Maxime

Au moins 70 % des tissus utilisés par Mirabel proviennent de chez Maxime. « Avant, poursuit-il, tout le tissu venait de Chine. En 2006, par exemple, un motif pouvait durer quatre ans. Ce n’est plus comme ça. Après un an, on change de collection. On ne peut plus commander 5000 mètres de tissus à la fois. »

À sa fondation par Denis Thériault en 1985, Tricots Maxime œuvrait dans le textile traditionnel, un domaine qu’elle a dû abandonner en 2006 après la fin des quotas, justement. Elle s’est orientée vers le revêtement de matelas. « Il n’y avait aucun fabricant au Canada. On a vu l’opportunité de marché », souligne son fils Maxime.

Les premières années ont été misérables, mais à partir de 2010, les affaires ont pris de l’ampleur, au point où l’entreprise doit ajouter une troisième usine à Montréal, au 19500, avenue Clark-Graham, à Baie-d’Urfé.

Tricots Maxime investira 13 millions dans l’usine de 162 000 pieds carrés : 8 millions pour l’achat du bâtiment et 5 millions dans les équipements.

« Les gens pensent que, dans la fabrication textile, les beaux jours sont derrière nous. Mais il y a des marchés de niche pour lesquels il peut être très intéressant d’y investir », indique Nicolas Roy, directeur général et commissaire industriel chez PME MTL West Island. « Quand on est équipé à la fine pointe, il y a moyen d’être concurrentiel », ajoute-t-il.

L’usine sera intégrée verticalement, incorporant les tâches de tricot, de finition et d’imperméabilisation des tissus. Une cinquantaine d’employés de Saint-Laurent seront transférés à Baie-d’Urfé. Plus une dizaine de postes seront créés. Achetée à la fin de novembre, l’usine deviendra fonctionnelle 100 jours plus tard.

À la suite de ce déménagement, l’une des deux usines de l’arrondissement de Saint-Laurent se spécialisera dans la housse de matelas à fermeture éclair destinée aux fabricants offrant la vente de matelas en ligne, un produit (Bed In A Box) en plein essor depuis 18 mois. Une cinquantaine de postes seront créés à Saint-Laurent.

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