Tennis  Tournoi de rome

Sur la terre, Nadal était trop fort

C’est une chose de battre Rafael Nadal sur le ciment devant un public local acquis à sa cause, une autre de défier l’Espagnol dans l’un de ses châteaux forts. Denis Shapovalov l’a réalisé, hier à Rome, quand il s’est incliné sans appel, 6-4 et 6-1, face au maître incontesté de la terre battue.

Le Canadien avait signé l’un de ses premiers grands coups d’éclat en disposant de Nadal au deuxième tour de la Coupe Rogers, l’été dernier, au stade Jarry. Il s’était rendu ensuite jusqu’en demi-finale, avant d’enchaîner avec d’excellentes performances aux Internationaux des États-Unis.

Même s’il n’a encore que 19 ans, Shapovalov est déjà l’un des joueurs les plus en vue du circuit masculin, et Nadal n’allait sûrement pas laisser passer une occasion de marquer son territoire, tout en prenant une petite revanche sur le Canadien. Ce dernier a vite senti la pression et a dû repousser pas moins de huit balles de bris dans ses deux premiers jeux au service.

Shapovalov a fini par céder son engagement dans le septième jeu de la première manche, et encore trois fois dans la seconde, sans jamais obtenir la moindre balle de bris.

Nadal a d’ailleurs convenu après sa victoire : « J’ai joué un match solide. J’ai gâché quelques chances au début en retour de service, mais je n’ai pas perdu beaucoup de points sur mon service, a-t-il expliqué en conférence de presse. [Shapovalov] y allait avec de gros services au début, mais après le premier bris, l’allure du match a changé. Il a probablement cessé de servir avec la même puissance et j’ai pu relaxer un peu… »

Celui qui pourrait reprendre le premier rang du classement mondial s’il obtient son huitième titre à Rome, dimanche, a aussi vanté le jeu de son jeune rival : « [Shapovalov] n’a sûrement pas besoin de mes conseils, parce qu’il est déjà très bon dans tous les aspects du jeu. Tout ce dont il a besoin, c’est d’un peu plus de temps, mais peut-être même pas beaucoup. »

Le Canadien ne dispute en effet qu’une première saison complète sur le circuit masculin et il découvre cette année les grands tournois sur terre battue. Après une période d’adaptation à Monte-Carlo et à Barcelone, il a excellé à Madrid et à Rome, atteignant les quarts de finale, puis le troisième tour, avec notamment des victoires contre Milos Raonic et Tomas Berdych.

Shapovalov a reconnu hier qu’il était sans doute un peu à bout de souffle.

« Je n’étais pas complètement vidé sur le court, mais c’est vrai que j’aurais voulu être un peu plus frais pour affronter un joueur comme Rafa [Nadal]. »

— Denis Shapovalov

Quand des journalistes l’ont informé des commentaires de son adversaire à son endroit, le protégé de l’entraîneur Martin Laurendeau a répondu : « C’est un beau compliment venant d’une telle légende. Il a encore joué de façon incroyable [hier] et j’ai vu pourquoi il était si dur à battre sur ce court. Ce qu’il fait sur cette surface depuis des années, c’est inhumain ! »

Shapovalov est probablement encore un peu « vert » pour menacer Nadal sur la terre, mais il faudra suivre son parcours dans quelques jours à Roland-Garros. Désormais le joueur canadien le mieux classé – il pourrait être 25e mondial lundi prochain –, il sera tête de série à Paris et aucun des favoris n’aura envie de le retrouver dans sa partie du tableau.

Auger-Aliassime et Pospisil convaincants, Abanda devra patienter

D’autres joueurs canadiens ont signé de belles performances hier dans des tournois challengers. À Lisbonne, Félix Auger-Aliassime s’est qualifié pour les quarts de finale en disposant du Portugais João Domingues, 6-4 et 7-5. Actuellement 185e mondial, il affrontera au prochain tour le quatrième favori, le Portugais Pedro Sousa (144e).

À Busan, en Corée du Sud, Vasek Pospisil a lui aussi atteint les quarts de finale avec une victoire facile de 6-2 et 6-3 sur l’Australien Max Purcell. Champion en titre et troisième favori, Pospisil affrontera aujourd’hui le négligé américain Marcos Giron (361e). Le 78e mondial est déjà assuré d’une place au tableau principal à Roland-Garros. Le Canadien Filip Peliwo s’est lui aussi qualifié pour les quarts de finale.

À Trnava, en Slovaquie, la Canadienne Françoise Abanda a bénéficié d’une journée de repos forcé, tous les matchs de simple ayant été annulés en raison de la pluie. Celle qui s’était retrouvée la veille au cœur d’une tempête médiatique a ainsi pu récupérer un peu et soigner la grippe qui la ralentit depuis plusieurs jours. Si elle se sent bien, la 128e mondiale devrait affronter aujourd’hui au deuxième tour du tournoi la Russe Anna Blinkova (114e).

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