Banc d’essai/Toyota Corolla Hatchback 2019

Avec un zeste de wasabi

Toyota a injecté une bonne dose de virilité sous le hayon de sa dernière Corolla. Voilà de quoi donner plus de caractère à cette voiture consensuelle.

Toyota Corolla Hatchback 2019

La beige Corolla a changé

Avec la Corolla, Toyota a largement contribué au règne du conformisme parmi les automobiles compactes. Volontiers conservateur, le constructeur japonais rompt depuis quelque temps avec la politique du plus petit dénominateur commun. Il y a encore quelques années, il était impossible de tenir une Toyota en horreur, mais tout aussi improbable d’en rêver la nuit… Désormais, la marque attire l’attention, quitte à susciter une réaction de rejet.

Le bref passage de la Corolla iM chez Toyota aura été un accident de parcours. En fait, cette voiture à hayon a eu droit au préfixe Corolla essentiellement dans le but d’éviter d’effaroucher la clientèle après l’abandon de Scion, filiale « jeune » de Toyota, et pour doper les ventes de ce modèle.

La nouvelle Corolla Hatchback, présentée en avant-première au dernier salon automobile de New York, trace sa propre ligne de conduite, même si elle vise, elle aussi, les acheteurs de Mazda3 Sport, Hyundai Elantra GT, Volkswagen Golf et des autres compactes à hayon.

La Corolla, et à plus forte raison sa déclinaison à cinq portes, ne veut plus être la voiture moyenne que l’on subit, mais celle que l’on choisit. Son design très énergique, loin du style mollement unanimiste des Corolla des 40 dernières années, cherche à nous surprendre, voire à nous interpeller. Il s’agit de rompre avec cette réputation de ne constituer qu’un choix par défaut, rationnel au sens le plus restrictif du terme.

Quelques-uns la jugeront trop semblable à une Mazda3 Sport. Que le constructeur qui n’a jamais imité l’habitacle d’une Audi, les puits d’aile d’un Jeep ou le profil d’une Mercedes jette le premier boulon. Si la poupe et le profil ont des airs de déjà (trop) vu, la face avant, elle, exprime l’identité visuelle et singulière de la marque.

Petit format

De toutes les compactes à hayon sur le marché, la Golf a vraisemblablement été la valeur étalon de Toyota. En effet, alors que les automobiles de cette catégorie ne cessent de grandir (et de s’alourdir), la Corolla Hatchback, elle, fait fi de cette tendance. Ses proportions extérieures la rapprochent donc davantage d’une Golf que d’une Elantra GT, et ce parti pris a des répercussions sur le volume intérieur. Si les places avant proposent un dégagement adéquat, on ne peut en dire autant des places arrière, où la Corolla Hatchback fait pâle figure par rapport à bon nombre de concurrents.

Que ce soit sur le plan du dégagement pour la tête, les épaules, les hanches, les genoux ou les jambes, la Corolla Hatchback ne marque aucun point.

Dès lors, il apparaît un peu présomptueux de la définir comme une cinq places (c’est Toyota qui le dit !). Hélas, le coffre n’est guère plus volumineux sous cette (toujours encombrante) tablette qui détourne les regards indiscrets. La hauteur du seuil est parfaite, mais la surface de chargement est ténue. La modularité est pour sa part des plus classiques, avec des dossiers qui se rabattent de manière asymétrique.

À défaut d’être très spacieuse, la Corolla Hatchback a le mérite d’être agréable à vivre. Joliment dessiné, le tableau de bord comporte une instrumentation parfaitement lisible et des commandes correctement disposées. On pourra toutefois ronchonner sur de petites fautes d’ergonomie comme la hauteur de la tige du sélecteur de vitesse (boîte manuelle) qui positionne le pommeau un brin trop haut pour être naturellement confortable, ou encore cette manette au plancher pour déverrouiller le clapet de la trappe à essence. Un peu vieille école. On trouvera également à redire sur le système d’infodivertissement Entune 3.0 doublé de la connectivité Apple CarPlay. Celui-ci manque de mise au point (trois fois sur cinq, il nous a été impossible d’établir la connexion) ou – et cela apparaît plus plausible – est programmé de façon trop restrictive sous prétexte d’éviter toute distraction. Si tel est le cas, c’est raté.

Tonique, en apparence seulement

Sur la route, la Corolla se montre plutôt réactive et transmet dans le volant des sensations plus directes, pour peu que le véhicule se trouve chaussé des pneumatiques de 18 po. Ceux-ci sont offerts de série sur les déclinaisons SE avec groupe amélioré et XSE. La plateforme modulaire, déjà adoptée par toutes les récentes créations de la marque, y compris l’Avalon, apporte des améliorations en matière de suspension, de rigidité torsionnelle et d’insonorisation, mais aussi en regard de la position de conduite, devenue vraiment ergonomique.

Pour autant, cette voiture n’est pas une sportive de haut vol et son moteur reste dans les limites du raisonnable, sans jamais vraiment démériter, surtout au chapitre de la consommation de carburant. Bien que ce 2 L intègre certaines des technologies les plus modernes (injection directe et indirecte par exemple), il se trouve tout de même en parfait décalage avec la concurrence qui privilégie une réduction de la cylindrée en y ajoutant le souffle d’un turbocompresseur, avec des résultats plus probants en matière de souplesse et de couple.

La véritable nouveauté de cette Corolla Hatchback se retrouve au rayon des boîtes de vitesses.

Saluons dans un premier temps la présence d’une manuelle à six rapports. Même si celle-ci ne sera pas aussi populaire que certains analystes le pensent et qu’elle n’apporte guère plus d’émotion au volant en raison des limites de couple du moteur, la manuelle offre un guidage agréable et précis et la possibilité – pour ceux qui ne se risqueraient pas à exécuter un talon-pointe – d’actionner un dispositif qui permet de synchroniser le régime moteur au rapport correspondant au moment d’un rétrogradage. C’est bien joli, tout cela, mais l’étagement de cette transmission n’a rien de réellement sportif et, en outre, sa présence entraîne une hausse de consommation de 1 L aux 100 km. On lui préfère la boîte automatique à variation continue (CVT) qui intègre une innovation intéressante. Baptisée Direc-Shift, cette CVT juxtapose à sa traditionnelle courroie un premier rapport de boîte « traditionnel », c’est-à-dire composé d’un engrenage mécanique. Ce faisant, Toyota élimine cette sensation d’apathie ressentie généralement au moment où le véhicule s’élance de sa position statique. Une fois les limites du premier rapport atteintes, un embrayage interne se charge de faire intervenir la cinématique de poulies et courroie de la CVT. Il fallait y penser.

Toyota Corolla Hatchback (2019)

Fiche technique

L’essentiel 

Marque/modèle : Toyota Corolla Hatchback

Fourchette de prix : de 20 980 $ à 27 980 $

Frais de transport et de préparation : 1645 $

Garantie de base : 36 mois / 60 000 km

Consommation réelle : 7,7 L / 100 km (manuelle 6 rapports)

Chez les concessionnaires : maintenant

Concurrentes : Hyundai Elantra GT, Mazda3 Sport, Volkswagen Golf

Technique

Moteur : essence L4 DACT 2 L

Puissance : 168 ch à 6600 tr/min

Couple : 151 lb-pi à 4800 tr/min

Poids : 1388 kg

Rapport poids/puissance : 8,26 kg/ch

Mode : traction

Transmission de série : manuelle 6 rapports

Transmission optionnelle : automatique à variation continue (CVT)

Diamètre de braquage : nd

Freins (av.-arr.) : disque-disque

Pneus (av.-arr.) : 195/65R15 (de série)

Capacité du réservoir : 50 L

Essence recommandée : ordinaire

On aime

Boîte CVT étonnante

Gage de fiabilité

Châssis dynamique, mais sous-motorisé

On aime moins

Coffre étriqué

Ergonomie et connectivité perfectibles

Audace tempérée

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