Cyclisme Tour de France

Deuxième, Ciccone détrône Alaphilippe

LA PLANCHE DES BELLES FILLES — La Planche des Belles Filles a rendu hier son verdict : l’Italien Giulio Ciccone a détrôné de peu Julian Alaphilippe dans la 6étape du Tour de France, qui a marqué la montée en puissance du tenant du titre Geraint Thomas.

Deuxième de l’étape derrière le Belge Dylan Teuns (Bahrain), le plus fort dans le dernier kilomètre très pentu, Ciccone (Trek) s’est emparé du maillot jaune, le premier de sa carrière. Pour 6 secondes, l’écart qui prive Alaphilippe d’une quatrième journée en tête du Tour.

Entre les favoris, le match a culminé sur le dernier kilomètre au revêtement compacté, non goudronné. Avec avantage à Thomas, auteur de sa performance la plus probante depuis le début de la saison. Le Gallois a débordé pour finir Alaphilippe, qui avait attaqué crânement quelques instants plus tôt, dans une tentative désespérée pour sauver son maillot.

Quatrième de l’étape à 1 min 44 s de Teuns, le vainqueur du Tour 2018 a pris du temps à tous ses adversaires pour le classement général. Si la plupart ont terminé à faible distance, le Français Romain Bardet, principal perdant du jour, a cédé 1 min 9 s au Gallois, une défaite qu’il a prise comme un nouveau coup de massue après l’échec du contre-la-montre par équipes.

« Je n’étais pas au niveau aujourd’hui et j’en ai fait le dur et l’amer constat. Je vais essayer de comprendre ce qui s’est passé, pourquoi j’ai coincé comme ça », a lâché le Français, deux fois sur le podium du Tour, qui a perdu pied dans les 800 derniers mètres.

Pinot exact au rendez-vous

L’Italien Vincenzo Nibali (51 s sur Thomas) et, à un degré moindre, le Néerlandais Steven Kruijswijk (35 s) ont également concédé plus de temps qu’espéré par eux. En revanche, le Colombien Nairo Quintana (7 s), dont l’équipe a beaucoup travaillé en tête du peloton, et surtout Thibaut Pinot ont été exacts au rendez-vous, pour la première des cinq arrivées au sommet de ce Tour.

Devant son public, Pinot a rivalisé avec Thomas, qui a pris le dessus seulement dans les 300 derniers mètres pour le précéder de deux secondes sur la ligne. Pour le Franc-Comtois, qui réalise un parcours sans fausse note depuis le départ, tout va bien, d’autant que son lieutenant David Gaudu s’est montré percutant lui aussi dans l’ascension finale.

« Je suis satisfait. J’avais un peu peur, comme tout le monde m’attendait, de ne pas répondre présent », a déclaré le coureur local de l’étape. 

« Je suis content de ma journée, même s’il n’y a pas la victoire. »

— Thibaut Pinot

Au classement général provisoire, Ciccone précède Alaphilippe de 6 s et Teuns de 32 s. Thomas, 5e désormais, est repassé devant son jeune équipier Egan Bernal (22 ans), qui lui a concédé 9 s, tout comme le Danois Jakob Fuglsang, l’Espagnol Mikel Landa et l’Australien Richie Porte.

Tout s’est joué dans l’ascension finale, la septième de cette étape vosgienne arrivant dans un site au nom poétique. La légende raconte que durant la guerre de Trente Ans (1618-1648), les jeunes filles du village voisin se sont jetées du sommet dans l’étang en contrebas pour échapper aux troupes suédoises.

Les débuts triomphants de Teuns

Un premier peloton s’est présenté au pied de la montée avec moins de 4 minutes de retard sur les rescapés de l’échappée lancée de loin (Ciccone, Wellens, Teuns, Meurisse). Dans l’ascension finale, l’Espagnol Mikel Landa a tenté de contre-attaquer, mais a été repris avant le passage sur la partie non goudronnée, alors que Ciccone et Teuns se disputaient la victoire.

« Je gagne dès mon premier Tour ! », s’est félicité le Belge, âgé de 27 ans et vainqueur d’étape au dernier Dauphiné. « L’an dernier, à la Vuelta, j’avais fait quelques erreurs dans une arrivée de ce genre, à deux. J’avais été trop nerveux contre Michael Woods. Je suis resté beaucoup plus calme cette fois. »

Ciccone, le nouveau maillot jaune qui a vite surmonté sa déception d’être passé à côté du gain de l’étape, revient de loin.

« Le Giro était le grand objectif de ma saison, le Tour ne faisait pas partie de mon programme », a souri l’Italien, finalement retenu au vu de sa forme éclatante au Tour d’Italie. Il avait gagné l’étape reine, franchissant le Mortirolo, et le classement de la montagne.

Fin 2016, il avait eu peur de devoir arrêter le cyclisme. Deux interventions chirurgicales au cœur, « non invasives », pour régler un problème de tachycardie lui ont permis de poursuivre son activité.

Aujourd’hui, retour dans la plaine. La 7étape, la plus longue du Tour avec 230 km entre Belfort et Chalon-sur-Saône, est favorable aux sprinteurs.

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