Courrier

L’anglais à l’Université de Montréal

Plus de 200 lecteurs ont commenté le texte de Stéphanie Codsi sur le recul du français à l’Université de Montréal, publié hier.

Ce n’est pas dans le journal qu’il fallait vous opposer aux cours en anglais, c’était dans la classe, séance tenante. Un peu de courage !

— Lucien Bellemare

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Une situation inacceptable

Bravo, Mme Codsi, de dénoncer cette situation inacceptable. L’Université de Montréal, qui veut tant rayonner au Canada, devrait se montrer plus sélective lors du recrutement de ses professeurs et chercheurs. Quel déraillement de devoir s’exprimer en anglais pour réussir dans une université francophone comme Montréal ! 

— Michel Dubuc, médecin, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke

Les services en anglais

Dans plusieurs pays qui n’ont pas l’anglais comme langue officielle, l’anglais est la langue des laboratoires de recherche et des cours de deuxième et troisième cycles en sciences et en technologie. Il s’agit d’un niveau de travail et d’études où le recrutement est international. Cela ne date pas d’hier. Et cela a moins d’influence sur la culture d’un pays que la couleur des uniformes de leurs équipes de foot.

L’affaiblissement du français au Québec ne vient pas de l’utilisation de l’anglais dans les sciences, mais du fait qu’on se plie en quatre pour offrir des services en anglais qui rendent non nécessaire la connaissance du français. Le refus d’offrir en anglais un service comme les examens des permis de conduire rendrait le français beaucoup plus fort que toute tentative d’imposer le français dans la recherche scientifique.

— Marc Blancval, Joliette

Imposons le français

En 36 ans de carrière au gouvernement fédéral, j’en ai vu des vertes et des pas mûres. En surface, les choses semblent avoir changé pour le mieux, mais l’anglais demeure la langue d’usage par défaut même quand une vaste majorité des intervenants sont francophones.

J’entends encore dans le langage non verbal de la plupart des unilingues anglophones les mots « speak white » lorsqu’un francophone s’exprime en français autour d’eux. Et, presque instantanément, les francophones se replient volontairement sur la langue de Shakespeare, en applaudissant leur chance d’être bilingue. 

Insidieusement, la chance n’est effectivement pas du côté qu’on le pense. Car qu’on le veuille ou non, la survie du français ne passe pas par son imposition par les anglophones, mais par nous, les francophones.

— André Harvey

Pas d’excuses

Merci de nous rappeler que nous n’avons pas à nous excuser, surtout dans ce contexte, soit dans une université francophone.

— Michel Villeneuve

La direction ne fera rien

Comment changer cette situation ? On a besoin d’une intervention des dirigeants de l’université, ce qui ne viendra pas… Pas étonnant de voir comment le français est traité dans les autres provinces, si on présente continuellement notre dessus-de-tête ici, au Québec, quand on rencontre un anglophone. 

— Yves Doré

Scrutin secret

Une vieille question toujours d’actualité. C’est très bien de la rappeler. Si une université francophone n’a pas de règles appropriées quant à la langue d’enseignement, son représentant en autorité morale, le professeur, au lieu de faire un scrutin à main levée, devrait avoir la décence de faire un scrutin secret ; étudiants et professeur en sortiraient gagnants.

— Philippe Krick, Coteau-du-Lac

Un autre point de vue

Bravo de soulever le problème, même si dans votre exemple spécifique je vois un autre point de vue. Sans égard aux deux étudiants anglophones, le fait de donner le cours en anglais est plutôt avantageux, puisque le matériel didactique est en anglais. Je suis convaincu que bien de vos camarades de classe ont amélioré leur maîtrise ou apprentissage de l’anglais durant ce trimestre. L’enseignement de matières scientifiques offre cette possibilité.

— Mohand Abdelli, Montréal

Pourquoi n’avoir rien dit ?

Pourquoi cette étudiante n’a-t-elle pas demandé que le cours se donne en français ? Deux qui ne parlent pas français, on se met tous à l’anglais ! Madame, au lieu d’écrire vos récriminations, vous auriez dû protester à ce moment-là, vous avez simplement abdiqué. Ç’a toujours été notre attitude de Québécois, se lamenter après coup.

— Gisèle Paillé

Comment l’administration réagit-elle ?

Heureusement que vous rendez publique cette information. Vous avez bien raison de réagir à cette aberration. Un professeur qui propose l’anglais pour donner son cours, et que cela soit accepté par les étudiants francophones alors que tous ont choisi d’étudier en français, il y a là un laisser-aller inquiétant. Comment l’administration réagit-elle à cette situation ? Est-ce toléré ou encouragé ?

Il convient à tous, professeurs, étudiants et administrateurs de prendre une position éclairée et ferme sur la langue d’enseignement dans nos universités francophones. Le glissement vers l’anglais pour donner satisfaction à certains, au détriment du français, c’est ça, l’assimilation. 

— Guylaine Simard et Claude Hamel, diplômés de l’Université de Montréal

Courrier

Un malaise

J’ai ressenti le même malaise que Mme Codsi la semaine dernière lors d’une activité du Laboratoire d’innovation à l’Université de Montréal.

Nous étions une cinquantaine de personnes dans la salle, dont deux anglophones. Évidemment, les présentations et les questions se sont déroulées en anglais. Que serait-il arrivé si j’avais déclaré que je ne connaissais pas l’anglais ? Pensez-vous que l’activité se serait déroulée en français ou, au contraire, mes collègues auraient eu un jugement négatif à mon égard ?

Comme Mme Codsi, je comprends bien l’anglais, mais lorsque l’activité a lieu après une journée de travail et que la concentration laisse à désirer, ma capacité à bien saisir les nuances dans les propos se trouve grandement réduite, particulièrement lorsque l’activité se déroule en anglais.

J’éprouve régulièrement ce malaise lors de réunions de travail tenues en anglais alors que tous les participants sont francophones à l’exception d’un ou deux anglophones (qui, souvent, connaissent aussi bien le français que moi l’anglais). Là encore, je limite mes interventions, ne possédant pas une connaissance suffisante de la langue anglaise pour exprimer mes idées avec toute la richesse et la subtilité que j’aurais en utilisant le français.

— Alain Vanasse, Sherbrooke

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