En route vers la Coupe du monde

L’équipe canadienne accueille le Brésil ce soir à la Place Bell de Laval

L’équipe canadienne de basketball n’a plus pris part aux Jeux olympiques depuis 2000, quand Steve Nash avait mené le Canada à la cinquième place à Sydney. L’éclosion d’une nouvelle génération de joueurs particulièrement doués permet toutefois d’espérer et, au basketball, la route vers les Jeux de Tokyo passe par la Coupe du monde FIBA de 2019, qui se déroulera en Chine du 31 août au 15 septembre.

Les Canadiens disputent présentement les qualifications de la zone Amériques, un processus complexe qui a déjà impliqué trois entraîneurs-chefs, quelques dizaines de joueurs, et qui nécessitera encore six matchs, tous très importants.

Le premier de ces matchs sera disputé ce soir à la Place Bell de Laval quand le Canada se mesurera au Brésil, l’un des favoris de son groupe qualificatif avec le Venezuela. L’équipe se rendra ensuite au Chili, lundi prochain. Deux autres fenêtres de deux matchs sont prévues à la fin de novembre (Canada au Venezuela et au Brésil) et en février (Venezuela et Chili au Canada).

Comme l’a expliqué l’entraîneur-chef Roy Rana cette semaine en point de presse, le défi de ces matchs internationaux est toujours de convaincre les meilleurs athlètes d’y prendre part. Pas moins de six joueurs de la NBA font partie de la sélection de 18 joueurs réunis au centre sportif de l’UQAM cette semaine : Kelly Olynyk, Tristan Thompson, Cory Joseph, Dillon Brooks, Khem Birch et Justin Jackson.

Andrew Wiggins, Jamal Murray, Dwight Powell ou les espoirs Shai Gilgeous-Alexander et R.J. Barrett ne sont toutefois pas là et l’équipe est complétée par des joueurs actifs surtout en Europe.

« Ce système de fenêtres, avec des matchs répartis tout au long de l’année, n’est pas évident, mais nous avons réussi à nous tirer d’affaire jusqu’ici », a souligné Rana, qui a mené l’équipe nationale U19 au titre mondial en 2017. « Et nous avons encore un bon groupe cette fois, avec plusieurs vétérans à qui nous pouvons confier des responsabilités en toute confiance.

« Des joueurs comme Tristan [Thompson], Cory [Joseph] ou Joel [Anthony] ont remporté des championnats dans la NBA. Ils amènent une intensité qui nous permet de gagner du temps à l’entraînement, ce qui est important avec des fenêtres très courtes. Et Kelly [Olynyk], qui représente le Canada depuis plusieurs années, à tous les niveaux, est probablement l’un des meilleurs joueurs à sa position. Avoir tous ces gars avec nous me facilite la tâche. Ce sont des gagnants et ils sont ici pour gagner. »

Pour le Canada

Intronisé la semaine dernière au Temple de la renommée du basketball, Steve Nash a déclaré : « La plus grande expérience de ma carrière a été de représenter le Canada aux Olympiques. »

Le centre Kelly Olynyk est de ceux qui partagent cette opinion.

« J’aime toujours rejoindre l’équipe canadienne, porter ce maillot et représenter mon pays chaque fois que j’en ai l’occasion. D’autres joueurs n’ont pas les mêmes priorités, c’est leur choix… »

— Kelly Olynyk

À 27 ans, le colosse de 7 pieds joue avec le Heat de Miami, qu’il rejoindra bientôt pour préparer la prochaine saison. Pour lui et les autres joueurs canadiens de la NBA, les matchs à Laval et au Chili sont les derniers où ils pourront aider le Canada à gagner sa place pour la Coupe du monde.

« C’est évident que deux victoires nous placeraient en bonne position, a-t-il rappelé. Et c’est super d’avoir pu réunir un tel groupe ; il y a des jeunes, des vieux, un bon mélange. Je me souviens quand j’ai commencé à jouer avec l’équipe nationale – j’avais alors 17 ou 18 ans – avec des joueurs comme Joel [Anthony, 36 ans] et Kyle [Landy, 32 ans]. J’ai un peu l’impression de boucler la boucle cette semaine. »

Olynyk a aussi souligné la présence de jeunes joueurs québécois des Citadins de l’UQAM, recrutés pour jouer le rôle d’adversaire et faciliter certains exercices. « Ils sont là pour nous aider de toutes les façons et c’est normal de les aider en retour, a raconté l’ancien de l’Université Gonzaga. Tant mieux si nous pouvons partager avec eux certains trucs du métier, leur enseigner comment le basketball doit être joué, leur montrer des façons d’amener leur jeu au prochain niveau. »

« Une nouvelle expérience » pour Khem Birch

Le Montréalais Khem Birch aura finalement une chance de jouer « chez lui », ce soir, alors que l’équipe canadienne affrontera le Brésil en match de qualification pour la Coupe du monde 2019 de basketball.

« Ce sera une nouvelle expérience pour moi et j’ai hâte de la vivre », a expliqué le joueur de 25 ans, actuellement sous contrat avec le Magic d’Orlando dans la NBA. « Montréal a été un facteur important, mais je tenais aussi à faire ma part pour aider le Canada à aller aux prochains Jeux olympiques. Nous avons échoué la dernière fois – [le Canada ne s’est pas qualifié depuis 2000] –, alors je veux vraiment contribuer autant que je le peux cette fois. »

L’ancien du Riverdale High School à Pierrefonds estime : « C’est un match important. Nous ne connaissons pas beaucoup les Brésiliens, mais ils ont toujours une bonne équipe, avec des joueurs expérimentés, et nous devrons offrir une très bonne performance. »

Une bonne foule ?

Plus de 10 000 spectateurs ont envahi la Place Bell le 19 août dernier pour assister au match de basketball entre les Redmen de McGill et les fameux Blue Devils de l’Université Duke. Ce serait étonnant que les gradins soient encore pleins ce soir, mais on attend une bonne foule pour encourager l’équipe canadienne contre le Brésil. Les Raptors de Toronto ont joué des matchs préparatoires au Centre Bell entre 2012 et 2015, en attirant parfois plus de 20 000 spectateurs. Ils seront d’ailleurs de retour cette saison, le 10 octobre, pour un match préparatoire contre les Nets du New Jersey.

Un long processus

L’équipe canadienne participe à la phase finale des qualifications de la zone Amériques pour la Coupe du monde FIBA de 2019. Douze équipes sont réparties dans deux groupes et le Canada se retrouve dans le groupe F, dont il partage actuellement le premier rang avec le Brésil et le Venezuela en vertu d’une fiche de cinq victoires et une défaite (les matchs du tour précédent sont comptabilisés). La République dominicaine (4-2), les îles Vierges (2-4) et le Chili (1-5) font aussi partie du groupe, mais le Canada a déjà affronté les deux premières formations. Il reste donc à affronter le Brésil, le Venezuela et le Chili, deux fois chacun. Les trois premiers de chaque groupe et le meilleur quatrième seront qualifiés pour la Coupe du monde qui réunira 32 nations l’été prochain en Chine.

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