Nomination

Un Québécois à la Banque du Canada

La Banque du Canada a nommé un nouveau sous-gouverneur pour pourvoir le poste laissé vacant par Sylvain Leduc cet été. Il s’agit de Paul Beaudry, un économiste né à Montréal qui est actuellement professeur à l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver. M. Beaudry, 58 ans, sera membre du conseil de direction de la banque centrale, qui est responsable des décisions relatives à la politique monétaire. Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, estime que la banque a recruté « un chercheur de renommée mondiale ». « L’étendue de son expérience, de ses recherches et de son expertise sera un atout précieux pour la Banque et aidera celle-ci à continuer de remplir son mandat », a-t-il commenté. Paul Beaudry sera en poste le 18 février 2019.  — Hélène Baril, La Presse

Intelligence artificielle

130 nouveaux emplois à Montréal 

Valérie Plante s’est exprimée uniquement en anglais, hier, lors de cette annonce

Intelligence d’affaires, analyse du langage, neuro-ingénierie : impossible de trouver des secteurs d’activité plus variés. Pourtant, les trois entreprises britanniques qui ont annoncé leur implantation à Montréal hier ont un point en commun : elles s’appuient sur la recherche en intelligence artificielle (IA) pour s’emparer de nouveaux marchés.

Au total, les firmes QuantumBlack, WinningMinds et BIOS comptent créer plus de 130 emplois au cours des trois prochaines années dans la métropole. Surtout, elles représentent une nouvelle vague d’entreprises qui sont attirées par le bassin croissant de spécialistes en intelligence artificielle de la métropole.

« Ce sont trois nouvelles entreprises qui vont contribuer à l’écosystème montréalais en intelligence artificielle », a dit la mairesse de Montréal, Valérie Plante, lors de la conférence de presse annonçant ces investissements.

Mme Plante s’est exprimée entièrement en anglais lors de cette annonce tenue dans l’ancien édifice de la Banque CIBC, dans le Vieux-Montréal. Alors que des dirigeants d’organismes comme Tourisme Montréal et Montréal International ont choisi d’alterner entre le français et l’anglais, la ministre responsable de la Métropole Chantal Rouleau s’en est tenue à la langue de Molière, sauf pour un simple « Welcome in Montreal ».

Questionnée à ce sujet en point de presse, la mairesse a d’abord balayé la question d’un revers de la main. Elle a expliqué par la suite au Journal de Montréal que le fait de s’en tenir à l’anglais n’était pas « délibéré ». « Je n’ai pas lu mes notes, j’étais dans le moment », s’est-elle défendue.

La Silicon Valley de l’iA

« Voici trois ans, j’ai mentionné à un journaliste que Montréal pourrait bien devenir la Silicon Valley de l’intelligence artificielle », dit le chercheur montréalais Yoshua Bengio, dont les travaux sur l’apprentissage profond sont à l’origine de l’engouement suscité par la métropole.

« Je ne pensais pas, toutefois, que ça se produirait si rapidement. »

« Ce ne sont plus seulement de grandes firmes informatiques ou en technologies de l’information comme Google et Facebook qui veulent s’installer à Montréal », dit Stéphane Paquet, vice-président, investissements étrangers et organisations internationales de Montréal International, dont l’organisation a épaulé ces nouvelles firmes dans leurs démarches d’implantation.

« QuantumBlack est une filiale du groupe McKinsey, la firme de consultants la plus connue au monde. Cela envoie un signal fort aux autres investisseurs que nous tentons d’attirer dans la métropole. »

— Stéphane Paquet, de Montréal International

Fondée voici 10 ans par des cracks de l’analyse de données issues de la Formule 1 – son directeur de la recherche Jacomo Corbo a été le stratège en chef de l’équipe Renault F1 de 2006 à 2008 –, QuantumBlack compte maintenant 280 employés répartis dans sept bureaux dans le monde.

L’entreprise compte embaucher à elle seule une centaine de spécialistes en apprentissage profond et en ingénierie des données d’ici trois ans, qui seront hébergés dans les locaux montréalais de Mila, l’institut québécois d’intelligence artificielle fondé par Yoshua Bengio.

« Notre intention est d’abord de créer ici un pôle de recherche et développement en intelligence artificielle, dit Jeremy Palmer, PDG de QuantumBlack. Cela dit, en collaboration avec les experts de McKinsey, nous offrirons de plus en plus à partir de Montréal des services de consultation destinés aux entreprises. »

WinningMinds et BIOS

Établie à Londres, WinningMinds est une entreprise en démarrage dans un domaine totalement différent. Les logiciels qu’elle met au point permettent d’analyser les échanges verbaux dans un contexte d’affaires, qu’il s’agisse des discussions d’un comité de gestion ou d’une séance de remue-méninges, pour ensuite formuler des recommandations afin d’en améliorer l’efficacité.

« Notre développement est intimement lié à la ville de Montréal, dit la PDG de cette jeune pousse, Maria Kolitsida. Nous avons fondé notre entreprise voici à peine un an à Londres, mais nous comptons une petite équipe dans le Mile End depuis déjà trois mois. »

« Notre intention est de faire grossir [notre équipe] et d’employer 25 personnes dans la métropole d’ici deux ans. »

— Maria Kolitsida, PDG de WinningMinds

Quant à BIOS, cette start-up travaille à la mise au point d’une interface universelle qui servira notamment à connecter des prothèses intelligentes au système nerveux d’une personne souffrant d’un handicap. Elle décrit sa technologie comme un véritable « port USB » permettant de relier le cerveau humain à une orthèse.

L’entreprise fondée à Cambridge, en Grande-Bretagne, a par ailleurs annoncé hier la conclusion d’une nouvelle ronde de financement, dirigée par le fonds de capital de risque montréalais Real Ventures, qui lui a permis d’amasser 4,5 millions de dollars.

Ces annonces surviennent alors que la Conférence sur les systèmes de traitement de l’information neuronale, la plus importante du monde dans le secteur de l’apprentissage machine, réunit à Montréal plus de 8500 spécialistes de l’intelligence artificielle.

Dévoilement de la Déclaration de Montréal pour une IA responsable

« Parfois, notre milieu est tellement sous pression et focussé que nous, les chercheurs, n’avons pas le temps et l’énergie de regarder ailleurs que dans notre microscope. » Des spécialistes de l’intelligence artificielle, comme le Montréalais Yoshua Bengio, sont conscients que le développement de ce domaine risque d’entraîner des changements sociaux et économiques majeurs. C’est dans le but d’en limiter les impacts néfastes que l’Université de Montréal, en collaboration avec les Fonds de recherche du Québec, a dévoilé hier la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle.

Cette déclaration, qui contient 10 grands principes allant du respect de la vie privée à la participation démocratique et au développement durable, est le fruit de plus d’un an de consultations tant auprès de citoyens que d’experts des secteurs public et privé.

« En intégrant des principes de responsabilité sociale dès le développement des technologies, dans les laboratoires des universités et des entreprises, on peut avoir un véritable impact positif et concret », dit Yoshua Bengio.

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