scandale sexuel

Le financier Jeffrey Epstein a tenté d’acheter des témoins

Le financier américain Jeffrey Epstein, au centre d’un scandale politico-judiciaire qui a poussé hier au départ un secrétaire du cabinet de Donald Trump, a tenté d’acheter deux témoins potentiels dans le dossier dans lequel il est accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec des mineures, a rapporté le New York Times.

M. Epstein a versé en novembre et en décembre 2018 un total de 350 000 $ à ces deux personnes susceptibles de livrer un témoignage compromettant contre lui en cas de procès, a précisé hier le quotidien.

Ces versements sont survenus juste après la révélation, par le journal Miami Herald, que le multimillionnaire avait négocié un accord secret avec les autorités de Floride afin d’échapper à des poursuites fédérales.

La clémence dont semble avoir bénéficié M. Epstein a coûté hier son poste au secrétaire du Travail des États-Unis, Alexander Acosta, qui se voyait reprocher d’avoir, en 2018 alors qu’il était procureur fédéral en Floride, négocié un accord en justice jugé trop favorable au riche investisseur en fonds spéculatifs.

M. Acosta a annoncé hier sa démission de la Maison-Blanche, en présence de Donald Trump.

« J’ai appelé le président ce matin pour lui dire que je pensais que démissionner était la meilleure chose à faire. »

— Alexander Acosta

Le vent a récemment tourné pour Jeffrey Epstein, un homme influent qui a été inculpé lundi à New York d’exploitation sexuelle de dizaines de mineures. Il est passible de 45 ans de prison.

M. Epstein a entretenu de nombreuses amitiés avec d’influentes personnalités publiques, notamment Donald Trump, l’ex-président démocrate Bill Clinton ou encore le prince Andrew, fils de la reine Élisabeth II.

L’accord négocié par les procureurs sous l’égide de M. Acosta, et qui n’avait pas été communiqué aux victimes, avait à l’époque évité un procès à Jeffrey Epstein et prévu des conditions particulièrement favorables d’aménagement de sa peine de 13 mois de détention.

Des fleurs de Trump

Le départ de M. Acosta renforce l’image d’une équipe gouvernementale instable peinant toujours, deux ans et demi après l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, à trouver un véritable rythme de croisière tant elle est minée par les scandales et les polémiques.

Debout au côté du secrétaire sortant, le président des États-Unis a longuement dénoncé le rôle de la presse et rendu un hommage très appuyé à son secrétaire sortant, louant un homme « très doué » qui « est allé à Harvard ».

« Le fait est qu’il a été un fantastique secrétaire du Travail », a-t-il martelé.

Mercredi, M. Acosta avait, lors d’une conférence de presse tendue, longuement défendu sa gestion du dossier Epstein.

Le secrétaire a affirmé qu’en 2008, lorsqu’il était procureur fédéral en Floride, son équipe avait opté pour cet accord, car elle craignait de voir M. Epstein sortir libre si elle poussait jusqu’au procès en maintenant les chefs d’inculpation plus graves.

« Notre but était clair : mettre Epstein en prison, nous assurer qu’il était inscrit sur la liste des délinquants sexuels et donner aux victimes les moyens de demander réparation. »

— Alexander Acosta

Les témoignages, ces derniers jours, de plusieurs des accusatrices du financier ont contribué à braquer un peu plus les projecteurs sur ce dossier.

Hier, M. Trump a une nouvelle fois insisté sur le fait qu’il avait coupé les ponts avec l’accusé depuis plusieurs années.

« Je n’étais pas un admirateur de Jeffrey Epstein. Je ne le respectais pas », a-t-il répété, avant de s’envoler pour le Wisconsin, où il devait collecter des fonds en vue de la présidentielle de 2020.

États-Unis

« Le calme avant la tempête » en Louisiane

Barry, ouragan en puissance, devait toucher terre tôt ce matin

À quelques heures de l’arrivée de la tempête tropicale Barry sur les côtes de Louisiane, les autorités américaines multipliaient les mises en garde, les consignes données aux habitants étant désormais qu’ils se calfeutrent.

Des milliers d’habitants de cet État du Sud, où le souvenir de l’ouragan dévastateur Katrina en 2005 est encore présent, ont évacué hier les zones côtières face à l’avancée de ce qui devrait se transformer en ouragan – le premier de la saison dans l’Atlantique – juste avant de toucher terre tôt ce matin non loin de La Nouvelle-Orléans.

Pour entrer dans la catégorie 1 des ouragans, il devra souffler au moins à 119 km/h. Selon le dernier bulletin des météorologues à 19 h (heure locale), hier, ses vents allaient à 100 km/h.

Certains habitants ont décidé d’obéir aux ordres d’évacuation. Mais d’autres, en particulier dans les bayous, ont choisi de braver les éléments.

Dung Nguyen, pêcheur de crevettes à Boothville à une centaine de kilomètres de La Nouvelle-Orléans, lance à l’AFP : « Je n’ai pas peur. » Au grand dam de son fils Nam, qui confie lui avoir dit que c’était « le calme avant la tempête ».

« Mais il est de la vieille école », souligne-t-il.

Même résistance à quelque distance de là. « On est déjà restés pendant de gros ouragans alors qu’on aurait dû partir », explique Keith Delahoussaye, devant sa maison mobile à Port Sulphur.

« Mais on partira si on voit que l’eau monte jusqu’ici », dit ce mécanicien de 60 ans, surveillant le niveau du Mississippi tout proche. « Je pense que ça fait partie de la culture. »

Des dizaines – peut-être même des centaines – d’habitants de Plaquemines, non loin, se sont réfugiés dans des « camps des marais », les bayous du delta accessibles uniquement par bateau.

Sols saturés

Ce n’est pas tant le vent qui suscite les plus vives inquiétudes que les pluies diluviennes et la submersion côtière (jusqu’à 1,80 m attendu) qui les accompagne.

D’autant que le sol de la région est déjà bien saturé après de récents orages et une pluviosité importante depuis le début de l’année ayant provoqué plusieurs crues du Mississippi.

Facteur aggravant, relèvent les météorologues : la faible vitesse de déplacement de la tempête « va avoir pour conséquence une longue période de fortes chutes de pluie et de risques d’inondation », en particulier dans le delta du Mississippi et au-delà, « jusqu’au début de la semaine prochaine ».

De 15 à 25 cm

Quantité de pluie attendue sur une large bande de la côte, bien que l’accumulation des précipitations pourrait atteindre 50 cm par endroits.

Et le Mississippi, plus grand fleuve d’Amérique du Nord, atteignait déjà hier son niveau de crue (5,18 m) à La Nouvelle-Orléans, protégée par des digues de 6,10 m. Le fleuve devrait culminer à 5,79 m, selon les météorologues.

L’État reste traumatisé par le souvenir du puissant ouragan Katrina en août 2005. Les digues protégeant La Nouvelle-Orléans avaient cédé sous le poids de l’eau, inondant 80 % de la cité et faisant un millier de morts, sur un total de plus de 1800 durant la catastrophe.

Mais les digues devraient tenir, a affirmé le gouverneur John Bel Edwards, qui a décrété l’état d’urgence mercredi.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré jeudi soir la Louisiane en situation d’urgence, permettant aux agences fédérales de participer aux secours.

Couvre-feu

La tempête se trouvait hier soir à 135 km au sud-est de la ville côtière de Morgan City, située non loin de La Nouvelle-Orléans, selon le dernier bulletin du Centre national des ouragans.

Certaines routes de la principale ville de Louisiane se trouvaient déjà sous les eaux depuis mercredi à la suite de forts orages. Les activités du port ont été perturbées et le concert des Rolling Stones prévu demain au Superdome a été reporté à lundi.

La mairie de la ville, dont les 118 pompes sont prêtes à évacuer l’eau, a ordonné un couvre-feu à partir de 20 h hier. D’autres bourgades ont fait de même.

Dans le célèbre Quartier français, des sacs de sable protègent les pas-de-porte des magasins et les devantures sont recouvertes de panneaux de bois.

Pour le réseau GSCC, qui rassemble des professionnels du climat du monde entier, « le risque de Barry est différent de celui de Katrina : en 2005, les digues de la côte avaient cédé, cette fois-ci, ce sont les digues du fleuve qui seront mises à l’épreuve ».

« La température à la surface de l’eau du golfe du Mexique est au-dessus de la moyenne et fournit au système des forces pour s’intensifier », a expliqué dans le communiqué du GSCC Jill Trepanier, spécialiste des phénomènes climatiques à l’Université de Louisiane. Selon elle, Barry est un parfait exemple des conséquences du changement climatique.

Congrès américain

L’audition de Mueller reportée d’une semaine

L’audition prévue mercredi devant le Congrès américain du procureur spécial Robert Mueller, pour évoquer son enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle de 2016, a été reportée d’une semaine, soit au 24 juillet, ont annoncé, hier, les responsables démocrates de la Chambre des représentants. M. Mueller sera entendu par la commission judiciaire, puis par la commission du renseignement de la Chambre des représentants, ont annoncé dans un communiqué commun leurs présidents respectifs, Jerrold Nadler et Adam Schiff. Sa première audition durera trois heures. La durée de la seconde n’a pas été précisée. Certains parlementaires, qui disposent d’un temps imparti, souhaitaient avoir plus de temps pour poser leurs questions. — Agence France-Presse

crise diplomatique avec washington

Londres ouvre une enquête criminelle sur les fuites

Scotland Yard a annoncé hier soir avoir ouvert une enquête criminelle sur les fuites dans la presse de dépêches diplomatiques peu flatteuses à l’égard du président Donald Trump, ce qui a provoqué la démission de l’ambassadeur du Royaume-Uni à Washington. « L’unité antiterroriste de la police métropolitaine [de Londres], qui a la responsabilité nationale d’enquêter sur les allégations d’infractions pénales à la loi sur les secrets officiels, a ouvert une enquête criminelle », a annoncé le chef adjoint de Scotland Yard, Neil Basu, dans un communiqué. Dans ses télégrammes publiés dans la presse samedi dernier, Kim Darroch jugeait Donald Trump « instable » et « incompétent » et l’administration américaine « unique dans son dysfonctionnement ».

— Agence France-Presse 

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