Guerre commerciale États-Unis–Chine

La riposte de Pékin secoue les Bourses

Dur lundi sur les principales places boursières du monde industrialisé en réaction à l’aggravation du conflit commercial entre la Chine et les États-Unis. Les principaux indices de la Bourse américaine – le S&P 500 et le Dow Jones – ont reculé de 2,4 %, alors que le NASDAQ a basculé de 3,4 %. Au Canada, le repli de l’indice S&P/TSX s’est limité à 0,6 %.

Plus tôt hier, le gouvernement chinois avait annoncé que les tarifs douaniers allaient être augmentés, à partir du 1er juin, à 10 %, 20 %, voire jusqu’à 25 % sur un ensemble de marchandises américaines déjà taxées, jetant un nouveau coup de froid sur les places boursières. Les États-Unis avaient porté vendredi à 25 % les droits de douane punitifs sur des marchandises chinoises représentant 200 milliards US d’importations annuelles.

Dans cette foulée, les principaux indices boursiers d’Europe ont aussi reculé, d’un peu plus de 1 %.

Comment expliquer cette réaction ?

Autre frein sur l’économie

L’ajout de tarifs douaniers considérables entre les deux plus grandes économies du monde, s’il s’accentue et s’il perdure, pourrait freiner davantage une économie mondiale déjà en perte de vitesse.

« L’impact de ces tarifs risque de se répercuter bien au-delà des hausses de coûts des entreprises importatrices et de leurs clients de part et d’autre. Il risque maintenant d’affecter la confiance envers l’évolution de la conjoncture économique mondiale et peut-être même d’accélérer l’avènement de la prochaine récession », selon Mike Wilson, chef des placements chez Morgan Stanley, dans une note à ses clients-investisseurs.

Répercussions sur les résultats

De l’avis d’analystes, c’est dans les prochains résultats des entreprises américaines les plus impliquées à l’international que l’ajout de tarifs douaniers considérables entre la Chine et les États-Unis risque d’engendrer le plus d’impact négatif à court et à moyen terme. D’où la vive réaction des investisseurs en Bourse, toujours sensibles aux prévisions de résultats.

« Quand le marché international compte pour 40 % des bénéfices et 50 % des revenus des entreprises de l’indice S&P 500, c’est évident qu’une guerre commerciale entre les deux plus grandes économies du monde – les États-Unis et la Chine – pourrait rapidement faire des dommages dans leurs résultats », anticipe Martin Roberge, analyste principal des Bourses nord-américaines chez Canaccord Genuity.

Bourse surévaluée ?

Même étonnant dans l’immédiat, le repli marqué des indices boursiers américains dans le contexte de l’aggravation du conflit commercial entre la Chine et les États-Unis ne survient pas de manière entièrement fortuite, selon certains analystes.

« Après cinq mois de performance extraordinaire depuis la correction en fin d’année 2018, motivée notamment par la pause des taux de la Fed [Réserve fédérale américaine] et l’anticipation d’un accord entre la Chine et les États-Unis, la Bourse américaine en particulier était due pour un repli des attentes des investisseurs. La soudaine situation de crise commerciale au lieu d’un accord a servi de déclencheur », constate Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille principal chez la firme québécoise Cote 100.

Regain de volatilité

De l’avis de certains analystes, la réaction vive en Bourse à l’aggravation du conflit commercial sino-américain signale le retour de la volatilité typique d’une fin de long cycle boursier et économique, plutôt qu’un risque accru d’impact encore très imprécis sur l’économie et les prochains résultats d’entreprise.

« Il faudra encore quelques trimestres avant que les effets de ce conflit commercial filtrent dans l’économie et les résultats d’entreprises. Entre-temps, c’est peu probable que ce conflit perdure à une telle intensité, considérant l’intérêt de Pékin et de Washington de ne pas trop nuire à leur économie nationale à l’approche des années 2020 et 2021, qui seront très occupées politiquement dans ces deux pays », observe Michel Doucet, vice-président et gestionnaire de portefeuilles chez Valeurs mobilières Desjardins.

Le profit de la Financière Power recule

La Financière Power a affiché hier un bénéfice net de 536 millions de dollars au premier trimestre, en baisse de 8,5 % par rapport au profit de la même période l’an dernier. Le bénéfice par action de la société s’est établi à 75 cents, en baisse par rapport à celui de 82 cents du même trimestre en 2018. Les analystes visaient en moyenne un bénéfice par action de 78 cents, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon. La Financière Power détient des participations majoritaires dans Great-West Lifeco, la Financière IGM, Wealthsimple Financial et une participation minoritaire dans Pargesa Holding. — La Presse canadienne

Uber plonge à nouveau à Wall Street

L’action d’Uber a chuté à nouveau hier à Wall Street, le mouvement de défiance des investisseurs se poursuivant au deuxième jour de cotation du groupe de mise en relation entre chauffeurs et particuliers. Uber plongeait de 10,75 %, à 37,10 $US, en fin de séance dans un marché secoué par les tensions entre Pékin et Washington. Le titre avait perdu 7,6 % vendredi à l’issue de sa première séance boursière. Dans les documents boursiers publiés récemment, Uber avançait une prévision de chiffre d’affaires d’environ 3 milliards US au premier trimestre 2019 et une perte proche de 1 milliard US. — Agence France-Presse

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