Revue boursière

La peur d’une récession fait chuter les Bourses

Les principaux indices boursiers en Amérique du Nord et en Europe ont connu leur pire séance de l’année, hier, alors que la Bourse de New York plongeait dans le rouge en raison des craintes entourant une récession aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

« En général, la confiance des investisseurs est extrêmement fragile et ceux-ci s’inquiètent de plusieurs tendances macroéconomiques », a estimé Candice Bangsund, gestionnaire de portefeuille pour Fiera Capital, au cours d’une entrevue téléphonique.

Les données économiques en provenance de la Chine sont décevantes, l’économie allemande s’est contractée et la production industrielle en Europe a affiché en juin son plus important recul en trois ans.

Et puis, l’inversion de la courbe des rendements sur les bons du Trésor américains à 2 et 10 ans est survenue pour la première fois depuis la période précédant la Grande Récession, en 2008, ce qui a fait grimper l’inquiétude des investisseurs.

« Tous ces indicateurs économiques indiquent clairement que l’économie mondiale connaît un ralentissement et que l’incertitude des échanges pèse sur la croissance mondiale. »

— Candice Bangsund, gestionnaire de portefeuille pour Fiera Capital

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a clôturé en baisse de 304,90 points (- 1,9 %), à 16 045,94 points. Il s’agissait du plus important recul quotidien depuis octobre dernier. Les 11 principaux secteurs du parquet torontois ont terminé en territoire négatif.

Du côté de Wall Street, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a abandonné 800,49 points (- 3 %) pour clôturer à 25 479,42 points, tandis que l’indice élargi S&P 500 a cédé 85,72 points (- 2,9 %), à 2840,6 points. L’indice composé du NASDAQ a terminé à 773,94 points (- 3 %), en recul de 242,42 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 75,13 cents US, par rapport à son cours moyen de 75,55 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le prix du baril de pétrole pour livraison en septembre a reculé de 1,87 $US, à 55,23 $, alors que le prix du lingot d’or pour livraison en décembre a pris 13,70 $US, à 1527,80 $ US l’once.

Le prix de la livre de cuivre pour livraison en septembre a retraité de 3,8 cents US, à 2,59 $US.

Forte volatilité

La nervosité du marché a été marquée par la persistance d’une forte volatilité, qui s’est manifestée par d’importantes fluctuations, ce qui a provoqué d’importants reculs lundi, ce qui a été suivi d’une forte reprise, mardi.

« Mardi était une bonne journée et nous pensions en fait que c’était peut-être un tournant en ce qui a trait à l’appétit pour des actifs plus risqués », a indiqué Mme Bangsund, ajoutant qu’elle s’attendait à ce que la volatilité persiste à court terme alors que la « débâcle commerciale » entre les États-Unis et la Chine persiste.

Néanmoins, elle espère commencer à voir des signes encourageant pour l’économie mondiale plus tard cette année, ce qui engendrera un redressement du cours des actions et une hausse des rendements obligataires.

Pourquoi les investisseurs craignent-ils l’inversion des taux ?

La courbe des taux d’intérêt sur les bons du Trésor américain s’est inversée brièvement hier pour la première fois en 12 ans, faisant redouter l’arrivée d’une récession aux États-Unis. Quand les taux à long terme de la dette à 10 ans passent sous ceux à court terme de la dette à 2 ans, cela signifie que les investisseurs pensent qu’une récession se profile dans les 12 à 18 mois et que la Fed devra intervenir pour baisser les taux d’intérêt. La dernière récession, en 2009, qui faisait suite à l’éclatement de la bulle immobilière provoquée par la multiplication des prêts à risque (subprimes), avait été précédée par une inversion de la courbe des taux. Celle de 2001, après l’explosion de la bulle internet, l’avait été aussi. Plusieurs facteurs font craindre un ralentissement de l’expansion économique aux États-Unis, même si pour l’instant, l’économie américaine affiche encore une croissance de 2,1 % en rythme annuel au deuxième trimestre.

Le taux de chômage est aussi proche de son creux en 50 ans (3,7 %). Le secteur manufacturier, en revanche, montre des signes de faiblesse. Fin juin, il a enregistré un déclin de sa production pour le deuxième trimestre d’affilée. Cette semaine, plusieurs économistes aux États-Unis ont averti de risques accrus d’une récession. « Les risques qu’une récession intervienne d’ici la fin de 2020 sont un peu supérieurs à 50 % si le président [Trump] met ses menaces sur les tarifs douaniers à exécution », a affirmé en début de semaine Mark Zandi, économiste en chef pour Moody’s Analytics.

La Presse, avec l’Agence France-Presse

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