Mon clin d’œil

On a hâte que les joueurs des Alouettes prennent un Uber.

OPINION

ÉQUIPES SPORTIVES DE L’UNIVERSITÉ MCGILL Le nom « Redmen » n’est pas offensant pour les Premières Nations

Mon nom est Francis Verreault-Paul, originaire de Mashteuiatsh, une communauté innue située au Lac-Saint-Jean, né de deux parents innus. Toute ma famille vit à cet endroit et j’y ai passé mon enfance jusqu’à l’âge de 15 ans. J’y retourne dès que j’en ai la chance lorsque je reviens de mes saisons de hockey professionnel en Europe.

J’ai dû quitter la communauté pour poursuivre mes études ainsi que mon hockey à Chicoutimi. Je suis également un ancien de l’Université McGill, ayant porté fièrement les couleurs des Redmen en hockey de 2008 à 2012 après mon stage junior avec les Saguenéens de Chicoutimi. 

Je désirais vous faire part de mon opinion vis-à-vis du nom « Redmen » donné aux équipes sportives masculines de l’université et des interrogations que cela pouvait soulever face à la cause autochtone. Je suis conscient que certaines personnes peuvent penser que ce nom puisse faire référence aux Premières Nations et ainsi, peut-être, les offenser. Pour ma part, étant moi-même un membre des Premières Nations et conscient de notre cause sociale, je trouvais important de vous faire part de mon point de vue, car la cause autochtone, mais aussi celle des Redmen et de l’ensemble de l’Université McGill, sont deux aspects qui me tiennent à cœur.

Mes deux grands-parents du côté maternel ont vécu de chasse et de pêche et ils n’ont jamais étudié dans une école. Et moi, deux générations plus tard, j’ai eu la chance et surtout le privilège de pouvoir étudier à McGill, mais également de jouer pour la prestigieuse équipe de hockey des Redmen. Ce furent assurément mes quatre plus belles années sportives et scolaires.

J’ai mentionné mes grands-parents, car j’ai toujours été très près d’eux, et ils m’ont inculqué des valeurs essentielles que je vais toujours garder avec moi : le respect, la persévérance, l’importance de la famille et l’ouverture d’esprit. Ces valeurs, je les ai retrouvées lors de mon passage avec les Redmen. Nous étions une grande famille dans laquelle le respect était à l’avant-plan.

Je suis honoré d’avoir pu jouer pour les Redmen pendant quatre ans, et j’ai toujours porté le chandail avec énormément de fierté.

Pour moi, le nom Redmen représente bien plus qu’un simple nom d’équipe. Il y a derrière celui-ci une riche et longue histoire de succès où des milliers d’étudiants-athlètes ont porté ce chandail avec fierté et respect. De plus, je crois personnellement que c’est le plus beau chandail d’équipe que j’ai eu la chance de porter.

À mon avis, le nom Redmen fait référence à l’uniforme rouge des équipes et non pas aux Premières Nations. Loin de moi l’idée que ce nom puisse être offensant d’une quelconque façon envers les amérindiens. Et je peux vous assurer que mon entourage et ma famille ont la même opinion.

D’ailleurs, lorsque je termine mes saisons de hockey, je participe à des tournois amérindiens dans différentes réserves au Québec avec des amis de longue date, et notre nom d’équipe est les Redmen de Mashteuiatsh.

Pour terminer, j’espère que le nom Redmen sera conservé, car pour tous les anciens ayant représenté l’Université McGill, c’est un nom auquel nous nous associerons pour toujours. Le nom « Redmen » n’est pas offensant pour les Premières Nations. C’est un nom rassembleur qui fait référence à une famille dont nous sommes tous fiers de faire partie, et ce, peu importe nos origines. 

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