Tendances

Ce qui fera bouger les sportifs en 2019

Le monde de l’entraînement se renouvelle constamment. Qu’est-ce qui fera vibrer les sportifs cette année ? Voici huit tendances relevées par quatre experts du sport et de l’entraînement consultés par La Presse.

1- Les accessoires connectés

Montres de sport, chandails intelligents et autres accessoires de suivi de la forme physique constituent LA tendance de la prochaine année sur la planète entraînement. C’est du moins ce qu’affirme un récent sondage (voir encadré) publié par le prestigieux American College of Sports Medicine, la plus importante organisation de promotion des sciences de l’exercice au monde. « Année après année, ça ne fait qu’augmenter : les technologies se démocratisent sans cesse. On ne s’est jamais autant mesuré à l’entraînement », constate Martin Lussier, kinésiologue et auteur de la série de livres Mythes et réalités. De grandes chaînes d’entraînement proposent même des applications mobiles maison à leur clientèle afin de combler ce grand appétit pour les données.

2- L’entraînement fonctionnel

Au diable les appareils qui « isolent » le travail musculaire, et vive les mouvements pluriarticulaires réalisés avec le poids de son corps. L’entraînement fonctionnel est si populaire qu’il bénéficie désormais de sections réservées dans les gyms. C’est le cas chez Nautilus Plus, où chariots, cordes et TRX occupent une zone vouée à l’entraînement fonctionnel. « Les exercices qu’on y réalise ressemblent beaucoup aux gestes que l’on pose au quotidien, comme se pencher pour soulever une charge au sol. En ce sens, on en ressent plus facilement les bénéfices pour la santé », explique Karine Larose, directrice des communications chez Nautilus Plus. Cette tendance s’inspire du Crossfit, qui est pour sa part en perte de vitesse – plusieurs établissements ont fermé leurs portes dans les dernières années.

3- La course en sentier

En 2018, 26 384 personnes ont franchi la ligne d’un des 103 événements de course en sentier présentés au Québec, rapporte le site internet spécialisé iskio.ca. C’est 2000 personnes de plus qu’en 2017. Mais, surtout, c’est la seule discipline de course à pied, avec le canicross, qui connaît une croissance. « Nous assistons à la suite logique de l’engouement pour la course sur route d’il y a quelques années. Si celle-ci est aujourd’hui en légère perte de vitesse, ce n’est pas le cas du trail, qui gagne ses lettres de noblesse », observe le kinésiologue Martin Lussier. L’Ultra Trail Gaspesia 100 est victime de cette popularité : plusieurs distances affichent déjà complet plus de six mois avant la tenue de l’événement.

4- Le pickleball

Trois-Rivières est atteinte par la folie du pickleball, un sport ludique qui se joue avec une raquette et une balle légère perforée. Les règlements, qui s’apparentent à ceux du tennis, du ping-pong et du volleyball, en font une activité très populaire auprès des 50 ans et plus, souligne Jean-François Brunelle, préparateur physique des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières. « Il y a dorénavant des listes d’attente pour jouer au pickleball au Centre de l’activité physique et sportive (CAPS). Nous y offrons même des cliniques de perfectionnement depuis peu », dit-il. Depuis juillet dernier, Trois-Rivières a même son propre organisme de développement et de promotion du sport : Pickleball 3R.

5- Le yoga athlétique

En 2019, le yoga poursuit sa sécularisation et se veut plus que jamais une méthode d’entraînement en soi, croit Amélie Beaumont, propriétaire de la chaîne Yoga Fitness, à Québec. « On s’éloigne de la conception traditionnelle de la discipline, avec les chants et les périodes de contemplation. Aujourd’hui, ce que les gens recherchent, c’est une activité de mise en forme tout-en-un, dans laquelle ils peuvent marier l’entraînement à la méditation », analyse-t-elle. Le Vinyasa et le yoga chaud ont donc plus que jamais la cote, tout comme le yoga adapté aux sportifs. En octobre dernier, l’entraîneuse en course à pied et instructrice de yoga Mireille Massé a d’ailleurs publié un ouvrage sur le sujet, le premier au Québec : Yoga pour sportifs.

6- La restriction de la circulation sanguine

Provoquer une occlusion partielle à l’épaule ou à l’aine afin de maximiser les gains en force et en masse musculaire : l’idée peut paraître saugrenue. Pourtant, de nombreuses études scientifiques concluent à l’efficacité de la restriction de la circulation sanguine, ou blood flow restriction. « En créant une ischémie dans les muscles sollicités, on les force à composer avec davantage de fatigue à chaque contraction. On décuple ainsi l’efficacité de chaque séance », explique Jean-François Brunelle. Attention, toutefois : même s’ils sont réalisés à basse intensité, les exercices sont très difficiles – les muscles s’asphyxient, littéralement ! Avis aux intéressés : plusieurs formations de la Ligue nationale de hockey utiliseraient déjà les bandes gonflables nécessaires à ce type d’entraînement…

7- L’entraînement en ligne

Il n’y a pas que les cyclistes qui s’activent dans le confort de leur salon, sur les Zwift et TrainerRoad de ce monde. De plus en plus de gens se tournent vers l’entraînement en ligne pour la flexibilité que cette formule offre, remarque Karine Larose. « Il s’agit d’un excellent complément à ceux qui s’entraînent dans un gym afin de solutionner ces moments où ils ne peuvent ou ne veulent pas aller au gym. Plutôt que de sauter l’entraînement, on le fait chez soi », résume-t-elle. En collaboration avec Nautilus Plus, la kinésiologue a d’ailleurs lancé récemment une nouvelle plateforme d’entraînement en ligne francophone : Ultime Fit. Il s’agirait d’une plateforme 100 % québécoise qui offre un volet d’entraînement et de nutrition.

8- Les services personnalisés

En marge des grandes enseignes fleurissent une avalanche de plus petits centres d’entraînement qui offrent des services aussi spécialisés que personnalisés. La plupart du temps pilotées par des kinésiologues passionnés par un domaine précis, ces PME misent sur des clientèles aux besoins très définis. « Ce sont des entreprises qui font le pari de la qualité du service plutôt que de la quantité de clients servis. On peut le voir comme une réponse aux gyms au rabais », avance Martin Lussier. Les centres de conditionnement physique Spécifik Performance, à Montréal, Longueuil et Gatineau, s’inscrivent dans cette veine.

En hausse, en baisse

Chaque année, l’American College of Sports Medicine (ACSM) publie les résultats d’un vaste sondage réalisé auprès de ses sympathisants. Dans la 13e mouture de cet exercice, l’ACSM fait respectivement des objets connectés, des cours en groupe et de l’entraînement par intervalles à haute intensité ses trois grandes tendances à suivre en 2019. Au quatrième rang, on retrouve les programmes d’entraînement pour aînés, tandis que le cinquième rang est accaparé par l’entraînement fonctionnel. C’est la quatrième fois de suite que les accessoires connectés figurent dans le top 3 de l’ACSM.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.