ÉDUCATION

Les promesses pleuvent

À la veille des élections du 1er octobre, l’éducation occupe une place importante dans les discours des politiciens qui abreuvent les électeurs de promesses : maternelle à 4 ans, hausse du salaire des enseignants, élimination des écoles vétustes, abolition des commissions scolaires… Mais qui promet quoi ? Et qu’en pensent les acteurs du milieu ?

LA MATERNELLE À 4 ANS

n CAQ : Offrir la maternelle à 4 ans à tous les enfants du Québec. Cette mesure permettrait de libérer 50 000 places en garderie, selon le parti.

n PLQ : Rendre tous les services éducatifs pour les enfants de 4 ans gratuits, qu’ils soient à la maternelle 4 ans ou en service de garde. Cela représente un débours de 250 millions par année sur quatre ans. Offrir 100 nouvelles classes de maternelle à partir de 4 ans en milieu défavorisé.

n PQ : Accélérer le déploiement du réseau public des centres de la petite enfance (CPE).

n QS : Proposer une politique nationale des services éducatifs, gratuits et accessibles, destinés aux enfants de 0 à 5 ans.

SALAIRE DES ENSEIGNANTS

n CAQ : Hausser le salaire des nouveaux enseignants, baisser le ratio d’élèves à besoins particuliers dans les classes ordinaires et créer des postes de mentors.

n PLQ : Augmenter le salaire des enseignants en début de carrière d’environ 8000 $. Réviser et rehausser la formation des étudiants au baccalauréat en enseignement.

n PQ : Contrairement au PLQ et à la CAQ, le PQ ne promet pas de tirer vers le haut le salaire des nouveaux professeurs. Il propose toutefois de réduire le ratio prof-élèves et d’augmenter le personnel professionnel et de soutien.

n QS : Hausser le salaire des enseignants et réduire le nombre d’élèves par classe. Engager 2100 nouveaux profs et 2300 professionnels d’ici quatre ans.

ÉTAT DES ÉCOLES

n CAQ : Remettre les écoles à niveau. Prévoir un concours d’architectes pour chaque nouvelle école à bâtir.

n PLQ : Injecter 400 millions de plus par année pour rénover les écoles du Québec ; une promesse sur 10 ans. Éliminer toutes les écoles vétustes de la province d’ici 2030.

n PQ : Assurer le maintien des écoles et des cégeps locaux comme pierres d’assise de la pérennité des collectivités en province.

n QS : Consacrer 1,6 milliard à la rénovation ou à la construction d’écoles au cours des quatre prochaines années.

DROITS DE SCOLARITÉ

n CAQ : Offrir la gratuité scolaire de la prématernelle jusqu’au cégep. Maintenir les droits de scolarité à l’université.

n PLQ : Adopter une loi pour freiner la surfacturation de matériel scolaire, au primaire et au secondaire.

n PQ : Mettre en place la gratuité effective pour tous, graduellement, afin de rattraper l’absence d’indexation des frais de subsistance des dernières décennies.

n QS : Assurer la gratuité scolaire, des centres de la petite enfance jusqu’au doctorat. Cette mesure coûterait 2,45 milliards, d’après le parti.

AUTRES ENGAGEMENTS

n CAQ : Abolir les élections scolaires et les commissions scolaires. Ajouter une heure d’activité parascolaire supplémentaire par jour.

n PLQ : Injecter 3 milliards de plus au budget de l’éducation sur quatre ans. Ajouter une deuxième personne aux classes préscolaires et en première année du primaire pour aider les enseignants. Implanter plus rapidement le cours d’anglais intensif en cinquième et sixième années.

n PQ : Offrir à tous les élèves du primaire des repas chauds à prix modulés selon les revenus des familles.

n QS : Mettre un terme au financement public des écoles privées dans un délai de quatre ans. Une mesure qui, selon le parti, permettrait de réaliser des économies de 100 millions.

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Ce qu’en pensent les acteurs du milieu

L’éducation est un enjeu majeur des élections. Les acteurs du milieu s’en réjouissent, mais ne se laissent pas impressionner par les promesses faites par les politiciens. « On fait de belles promesses, mais on n’a pas de vision globale de ce qu’on veut pour l’éducation », déplore Catherine Renaud, de l’Alliance des professeurs de Montréal. Tour d’horizon.

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SUR L’ÉTAT DES ÉCOLES

« Si on ne double pas le montant annuel pour les agrandissements et les constructions, on n’y arrivera pas. On attend, à la CSDM, 7000 élèves d’ici cinq ans, sans tenir compte de l’immigration et du développement résidentiel. »

— Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal

« C’est une évidence qu’il faut avoir des écoles en bon état. Ça ne devrait même pas être une promesse électorale. On n’est pas dans une république de bananes ! »

— Égide Royer, professeur à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval

SUR LA MATERNELLE À 4 ANS

« Oui à la maternelle à 4 ans, mais pas à tout prix. Il faut étudier les conséquences. Dans un court délai, c’est irréaliste. Nous n’avons ni les locaux ni la main-d’œuvre. »

— Diane Lamarche-Venne, présidente de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys

« Tous les partis devraient offrir la maternelle à 4 ans d’ici 2022-2023. La surpopulation dans les écoles n’est pas un argument. Le Québec, ce n’est pas Montréal. »

— Égide Royer

SUR LA HAUSSE DU SALAIRE DES ENSEIGNANTS

« Ça fait des années qu’on négocie pour faire hausser le salaire des enseignants. Il y a un écart de 21 % entre le salaire des enseignants québécois et ceux de l’Ontario, en début de carrière. Et après 10 ans de carrière, cet écart passe à 55 %. »

— Catherine Renaud

« Pour valoriser la profession, un des aspects importants, c’est le salaire. Il faut donner un meilleur salaire, et pas juste dans les premières années. Par contre, pour faire de l’enseignement une profession attrayante, il faut aussi améliorer les conditions de travail. »

— Sonia Éthier

SUR LES DROITS DE SCOLARITÉ

« Il faut que chaque étudiant puisse poursuivre son cheminement sans que les frais de scolarité deviennent un frein. »

— Sonia Éthier

« Les frais de scolarité n’ont aucun rapport avec l’accessibilité. Le meilleur prédicteur de la fréquentation et de l’obtention d’un diplôme à l’université, c’est la qualité de l’expérience au secondaire et un des deux parents qui a fait des études universitaires. »

— Égide Royer

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