Billy Tellier

Tous imparfaits

Même s’il est dans le paysage humoristique depuis près de 20 ans, Billy Tellier n’a présenté qu’un one-man-show dans sa carrière. Entre ses projets et l’animation de Debout les comiques à CKOI, il reprend aujourd’hui la route pour offrir Hypocrite(s).

Puisqu’il promet de parler de tout avec franchise dans ce deuxième one-man-show, Billy Tellier répond avec aplomb à la question : « Est-ce qu’il y a trop d’humoristes en tournée au Québec ? » « C’est sûr qu’il y en a trop ! Il y a combien de one-man-shows en ce moment, 53 ? Je dirais qu’il y en a 52 de trop », dit celui qui anime à la radio depuis 2012.

Le côté sombre

Dans le premier spectacle La loi du plus fort, présenté en 2013, Billy Tellier n’osait pas trop se livrer et raconter des anecdotes personnelles. Mais grâce notamment à la radio, il a vu le potentiel comique de se dévoiler au public.

Hypocrite(s) s’intéresse aux côtés sombres des êtres humains. « On vit dans une société où on essaie d’avoir l’air parfait, explique-t-il. On retouche toutes nos photos. On est tous beaux, on est tous un idéal, mais dans le fond, nous sommes tous imparfaits, un peu croches. »

« Quand tu écoutes les lignes ouvertes, tu t’aperçois vite que les gens ont une petite rage à l’intérieur. Peu importe le sujet, tu t’aperçois qu’il faut que ça sorte. Ils sont à boutte de quelque chose et, dès que tu ouvres un peu la porte, ils te le disent. »

— Billy Tellier

Il ajoute que le milieu de l’humour n’est plus le même que lorsqu’il tournait son premier one-man-show. Avant, le bouche-à-oreille permettait à un humoriste qui avait un bon spectacle de remplir ses salles. Aujourd’hui, la donne a changé. « C’est la mise en marché et la mise en vente qui sont différentes. Il faut tout le temps que tu sois dans la game maintenant et que tu sois sur les réseaux sociaux », explique l’humoriste.

« C’est rendu que je parle à des gens qui ont des alarmes sur leur téléphone pour mettre une photo Instagram à 15 h, parce que c’est la fin des classes, donc plus de jeunes qui vont liker leur post. Et là, je me dis : “Oh ! mon dieu seigneur que je ne suis pas là !” »

L’appel de la scène

Ce n’est pas par désintérêt pour la scène qu’il a attendu aussi longtemps avant d’offrir un nouveau spectacle. Il y a eu des apparitions télévisuelles, des galas, la naissance de ses enfants, etc. Il a aussi script-édité plusieurs spectacles de ses confrères, dont Alexandre Barrette, Rachid Badouri et Maxim Martin. Billy Tellier a également participé aux scénarios des films d’Émile Gaudreault De père en flic et Le sens de l’humour.

« Avant que la radio arrive dans ma vie, j’étais plus auteur pour le côté alimentaire. Je voulais faire de la scène, mais j’ai vite compris qu’en étant auteur, ça me permettait de me placer les pieds aussi », confie-t-il.

L’humoriste le reconnaît très bien, cette stratégie a porté ses fruits : « Faut croire que j’étais bon dans ce que je faisais, parce que ça a fonctionné ! J’ai fait de plus en plus de numéros dans des galas, des émissions… »

Même si Billy Tellier aimait écrire pour les autres, il ne le fait pratiquement plus, faute de temps. « Mais j’ai beaucoup appris. Je dirais que ma force aujourd’hui est de puncher rapidement. »

C’est ce qu’il tentera de prouver mardi soir, à l’Olympia, à l’occasion de sa première montréalaise.

Flash

Roland Emmerich tournera son prochain film à Montréal

Le réalisateur germano-américain Roland Emmerich tournera son prochain long métrage, intitulé Moonfall, à Montréal au printemps 2020. C’est ce qu’il a glissé lors d’une entrevue téléphonique pour son nouveau long métrage Midway, qui sortira en salle le 8 novembre. « Je suis déjà passé par Montréal pour préparer Moonfall et je vais revenir au printemps pour le tournage, fin avril, début mai, confie-t-il. Nous amorcerons d’abord le tournage à Los Angeles avant de débarquer au Québec. » Après The Day After Tomorrow et Midway, il s’agira donc du troisième tournage de Roland Emmerich à Montréal, une ville qu’il dit adorer. Moonfall, le nom le dit, raconte l’histoire de la Lune qui tombe sur la Terre avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer… ou pas. « Il y a de la science-fiction, mais aussi un côté philosophique, lance M. Emmerich en riant. C’est un projet un peu fou. » Selon la banque de données IMDb, Moonfall est doté d’un budget de 150 millions, mais aucun acteur n’est pour le moment rattaché au projet. — André Duchesne, La Presse

Flash

Adèle Haenel accuse un réalisateur de violences sexuelles

Le réalisateur français Christophe Ruggia a été exclu, hier, de la Société des réalisateurs de films à la suite de la parution d’un article dans lequel la comédienne Adèle Haenel l’a accusé d’attouchements et de harcèlements commis à son endroit entre l’âge de 12 et 15 ans. Dans une entrevue au média en ligne Mediapart, la comédienne a expliqué que tout a commencé en 2002 alors qu’elle tournait dans le film Les diables. Ruggia l’aurait alors abordée à plusieurs reprises avec des attouchements et des baisers non sollicités. Ce dernier a réfuté ces allégations. Il a néanmoins débranché ses comptes Facebook et Twitter, a indiqué le journal Le Monde. Adèle Haenel est l’une des deux vedettes du long métrage Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma qui, jeudi, ouvrira le 25festival Cinemania.

— André Duchesne, La Presse

Flash

Pas de Joker pour Martin Scorsese

Dans une entrevue accordée à la BBC, Martin Scorsese a rectifié les faits à propos de son implication présumée dans le film Joker, pour lequel il aurait pu agir à titre de producteur. « J’y ai beaucoup réfléchi au cours des quatre dernières années et j’ai décidé que je n’avais pas le temps, d’autant plus que des raisons personnelles sont intervenues dans l’affaire, a-t-il déclaré sans plus de précisions. Mais je connais bien le scénario, le film a une véritable énergie et une incroyable performance de Joaquin [Phoenix]. Du travail remarquable. Mais pour moi, développer un personnage à partir d’un personnage de bande dessinée ressemble davantage à une abstraction. Ça peut être de l’art, mais ce n’est pas pour moi. C’est différent d’un film de superhéros. »

— Marc-André Lussier, La Presse

Flash

Ellen DeGeneres recevra le prix spécial des Golden Globes

L’organisation derrière les Golden Globes donnera son nouveau prix spécial destiné aux artisans de la télévision à Ellen DeGeneres. L’Association de la presse étrangère à Hollywood a déclaré, hier, que le prix Carol Burnett – la version pour le petit écran du prix Cecil B. DeMille, qui honore les artisans du cinéma – serait remis à Ellen DeGeneres, qui a déjà remporté plusieurs Emmy et a été nommée plusieurs fois aux Golden Globes. Le prix est remis annuellement à une personne « ayant fait une contribution extraordinaire au monde de la télévision, devant ou derrière l’écran ». Le tout premier prix Carol Burnett avait été remis l’an dernier à Carol Burnett elle-même. Par communiqué, le président de l’association, Lorenzo Soria, a décrit Ellen DeGeneres comme « une pionnière qui captive les téléspectateurs depuis près de 25 ans avec son charme et sa vivacité d’esprit ».

— Associated Press

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