systèmes en libre-service

Feu vert aux vélos et aux trottinettes sans point d’ancrage

Trottinettes et vélos électriques : BIXI aura bientôt de la compétition dans les rues de Montréal. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) s’apprête à autoriser la circulation des systèmes en libre-service sans point d’ancrage. La métropole souhaite toutefois encadrer ces nouveaux services afin d’éviter les dérapages vus ailleurs dans le monde.

Mode du « sans ancrage »

Si BIXI a été un précurseur dans les systèmes de vélo en libre-service il y a 10 ans, de nouveaux services ont depuis vu le jour en mettant de côté les lourdes et coûteuses stations d’ancrage. Fini, l’obligation de trouver un emplacement où garer sa monture : des entreprises misant sur des applications mobiles permettent désormais de laisser son bolide pratiquement n’importe où. Après avoir fermé la porte l’automne dernier, le MTQ a récemment avisé Montréal qu’il comptait finalement autoriser ces systèmes en libre-service à s’implanter au Québec dès le printemps dans le cadre d’un projet-pilote.

Deux entreprises lorgnent Montréal

Déjà deux entreprises ont manifesté leur intérêt à s’implanter à Montréal. Lime, dans laquelle a investi le géant Google, fait des démarches depuis un an pour que ses trottinettes électriques puissent rouler dans les rues de la métropole québécoise. L’entreprise est déjà présente dans 70 villes dans le monde, mais une seule au Canada, soit Waterloo, en Ontario. Autre acteur important, Uber souhaite aussi implanter son service JUMP à Montréal. L’entreprise a d’ailleurs déjà une section sur son site internet pour vanter son service aux Montréalais. La métropole deviendrait la première ville canadienne à accueillir ce service, actuellement offert dans 17 villes aux États-Unis et 2 en Europe – Berlin, en Allemagne, et Lisbonne, au Portugal.

Éviter les dérapages

À quelques semaines du retour du printemps, la Ville de Montréal a décidé d’adopter un règlement pour encadrer ces systèmes. Certaines villes ont connu d’importants problèmes alors que les appareils laissés n’importe où par les usagers finissaient par encombrer les trottoirs. « C’est une nouvelle forme de mobilité, il faut être ouverts, mais il faut garder une ville où on ne trouve pas sur nos trottoirs ces véhicules qui traînent. C’est arrivé ailleurs dans le monde et on ne veut pas cela à Montréal », a indiqué Éric Alan Caldwell, élu responsable des transports. Principale contrainte, la métropole imposera aux exploitants un permis. Celui-ci coûtera 15 000 $ pour un parc de moins de 250 appareils, et la facture grimpera jusqu’à 27 000 $ pour plus de 500.

Trottoirs interdits

Montréal limitera les endroits où les appareils pourront être stationnés. En bref : les trottoirs seront interdits. Trois emplacements seront autorisés pour stationner les vélos et trottinettes : sur les supports à vélo, dans la rue près des intersections ou dans certaines aires spécifiquement désignées. Pour le moment, seule une portion du centre-ville a été ciblée, mais d’autres secteurs pourraient s’ajouter si des arrondissements en manifestent l’intérêt. S’ils se font prendre sur le fait, les usagers qui gareront mal leur monture s’exposeront à une amende de 100 $ pour une première infraction, mais pouvant aller jusqu’à 1000 $ en cas de récidive. Si un inspecteur n’identifie pas la personne ayant mal garé son bolide, les exploitants pourront être tenus responsables et s’exposeront à des amendes allant de 200 $ à 2000 $. La Ville donnera deux heures aux entreprises pour réagir à tout signalement d’appareil mal garé ou entravant la circulation.

BIXI se dit prêt

Les responsables de BIXI, qui s’apprêtent à lancer leur 11e saison le 15 avril, ont dit ne pas craindre cette nouvelle compétition. « On est prêts. On a vu ce qui s’est passé dans les autres marchés et on s’y attendait. Mais on a un bon produit, notre taux de satisfaction est de 95 %, notre santé financière va bien et on a une bonne croissance. On sait ce qu’on fait », a réagi Christian Vermette, directeur général de BIXI. Les responsables disent avoir déjà sérieusement étudié la possibilité d’abandonner eux aussi les stations d’ancrage, mais la Ville de Montréal a préféré continuer à miser sur celles-ci. « On l’a évalué, mais la volonté de l’administration montréalaise depuis plusieurs années est d’avoir un système ordonné avec point d’ancrage. Un système sans ancrage coûte moins cher en infrastructures, mais on sait que c’est plus difficile à gérer ou à coordonner », a indiqué M. Vermette.

Épine dorsale

L’administration Plante, qui vient de signer une entente sur 10 ans pour financer BIXI, est convaincue de l’efficacité du système montréalais. « La force de BIXI, c’est qu’il y a un contrôle de l’offre. BIXI sera toujours l’épine dorsale du vélo en libre-service », a indiqué Éric Alan Caldwell. L’élu compare le réseau de stations d’ancrage à l’efficacité des arrêts d’autobus. « On sait où ils sont. Il y a une prévisibilité de l’offre qui rend le système très performant. »

Frein sur la vitesse

Alors que les nouveaux systèmes offrent des véhicules à assistance électrique, Montréal n’a pas caché ses craintes par rapport à la sécurité du public. Le MTQ permet actuellement à ces appareils de rouler jusqu’à 32 km/h, mais la métropole aimerait le convaincre de réduire « substantiellement » cette limite. « On est en représentation auprès de Québec pour faire baisser cette vitesse », a indiqué Éric Alan Caldwell. À noter, les trottinettes électriques seront assimilées à des vélos et ne pourront donc pas circuler sur les trottoirs. Il est ainsi également à prévoir que les usagers devront porter un casque.

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