Chronique

Parfois, le meilleur plan, c’est le B !

C’est vraiment très, très bon. C’est poignant et chavirant. Ça frappe en plein plexus. Et ça soulève un paquet de questions bouleversantes sur la relation complexe entre une mère et sa fille et, surtout, sur l’équilibre entre le travail et la famille, du point de vue d’une femme de carrière hyper performante.

J’ai adoré la deuxième saison de la minisérie Plan B, offerte dès aujourd’hui dans la section Véro.tv de l’Extra d’ICI Tou.tv. J’ai dévoré les six épisodes d’une heure quasiment d’une traite, même si c’est parfois très difficile à visionner. La détresse d’une adolescente, son profond mal-être et l’impuissance d’une mère à connecter avec sa fille, ça vous brasse les émotions en titi.

Cette série, écrite par Jean-François Asselin et Jacques Drolet, se classe parmi les meilleures offertes présentement. C’est tricoté avec maturité, raffinement et sensibilité. Ça jouerait sur Netflix et les collègues américains s’emballeraient assurément.

Autre détail non négligeable : pas besoin d’avoir consommé le premier chapitre de Plan B pour ouvrir – et comprendre – le deuxième. Par contre, vous allez manquer un magnifique clin d’œil dans le tout premier épisode, qui m’a fait lâcher un cri de surprise.

Séries+ rediffuse la première saison de Plan B à partir d’aujourd’hui à 11 h et iTunes l’offre également. À la télé traditionnelle, la suite de Plan B n’atterrira pas dans la programmation de Radio-Canada avant l’automne 2019. Fin des détails de quincaillerie.

Dans le rôle principal de Plan B, Sophie Lorain est fabuleuse.

La modulation de son jeu, tout dépendant d’où son personnage se situe dans la ligne du temps, vous épatera. Ça sent déjà le Gémeaux pour elle, prenez des notes, chers membres de l’Académie.

Donc, Sophie Lorain incarne Florence Morin, l’animatrice de l’émission de radio matinale la plus écoutée à Montréal. En plus de sa carrière médiatique, Flo a un côté « Françoise David » et milite pour diverses causes féministes. Bref, tout ce que Florence touche lui réussit.

Pour la fille de Florence, Marilou (excellente Émi Chicoine, une révélation), 15 ans, la pression d’être aussi belle et bonne que sa maman augmente, même si ce n’est jamais verbalisé. Au premier épisode, on rencontre une Marilou en crise, révoltée, wild et rebelle. Sans que sa mère détecte rien, Marilou se suicide. Ne capotez pas ici : il ne s’agit pas d’un divulgâcheur, mais bien du point de départ de Plan B.

Évidemment, les questions existentielles tourmentent Florence : qu’est-ce qu’elle a donc fait, ou négligé, pour que sa Marilou commette l’irréparable ?

Comme Philippe (Louis Morissette) dans la première saison, Florence sollicitera l’agence Plan B pour remonter dans le temps et sauver sa fille. Si vous connaissez l’univers de Plan B, vous devinez que solutionner des problèmes en amont en crée toujours de nouveaux, totalement inattendus. Florence l’apprendra à ses dépens.

Je vous avertis : c’est triste et sombre comme minisérie. Si vous souffrez de déprime saisonnière, ne vous enfilez pas les six heures d’affilée.

Heureusement, Plan B ne verse pas dans la morale ou la culpabilisation. À mi-parcours, on serait tenté de croire qu’une femme doit absolument sacrifier son avancement professionnel pour réussir sa vie familiale. Puis, Plan B emprunte une route inattendue, surprenante, et nous amène ailleurs. Je n’ai jamais vu venir la fin, qui suscitera bien des débats, c’est évident.

La distribution de Plan B comprend aussi Luc Guérin (le mari), Lévi Doré (le fils) et Tammy Verge (la meilleure amie de Florence).

D’ailleurs, le personnage joué par Tammy Verge, une chroniqueuse humoristique à la radio, arbore une gigantesque cicatrice dans le visage et personne n’en parlera avant le quatrième épisode. C’est un peu tard, je trouve. Pour le reste, Plan B, c’est de qualité A.

Que se passe-t-il à 21 h ?

Encore et toujours, District 31 de Radio-Canada a trôné au top du palmarès des cotes d’écoute lundi soir avec ses 1 251 000 fidèles. À 20 h, Demain des hommes (352 000) a souffert devant L’échappée (948 000). À 21 h, les chiffres de Ruptures (465 000) et Le jeu (519 000) ont été étonnamment très bas. Mais que se passe-t-il avec la case de 21 h ? Il n’y a pas si longtemps, c’était l’une des plages les plus regardées en direct à la télé québécoise. Maintenant, les émissions qui y logent peinent à décoller. Est-ce que les téléspectateurs privilégieraient ce moment pour rattraper les émissions qu’ils ont déjà enregistrées ?

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