Budgets des administrations fédérales

Trump en voie d’accepter l’entente avec les démocrates

Le président américain Donald Trump semble être en voie d’accepter à contrecœur l’entente avec les démocrates pour éviter une autre paralysie gouvernementale. Cet accord ne fournirait cependant qu’une mince partie du financement que M. Trump réclamait pour construire un mur à la frontière américano-mexicaine.

« Je ne pense pas que nous allons avoir un shutdown », a déclaré hier le président, ajoutant qu’il aurait besoin de plus de temps pour étudier la proposition, même s’il s’est dit « extrêmement mécontent » de l’accord.

Selon l’entente de principe, près de 1,4 milliard de dollars seraient dégagés pour installer 90 km de nouvelles barrières à la frontière avec le Mexique, soit environ le quart de ce que réclamait Donald Trump.

Il a signalé qu’il pourrait puiser les sommes additionnelles dans d’autres portefeuilles du gouvernement fédéral pour livrer la promesse phare de sa campagne à la présidence.

« Quand on additionne ce que je pourrai ajouter, cela va marcher, nous allons construire un beau mur, grand et solide », a-t-il ajouté.

M. Trump subit les pressions de républicains qui l’exhortent à accepter l’entente.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat a salué hier l’accord des négociateurs comme une « bonne nouvelle ».

« Il n’y a pas tout ce que le président espérait obtenir, mais c’est un pas dans la bonne direction. J’espère qu’il décidera de promulguer [la loi]. »

— Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat

Ses mots sont importants puisque M. McConnell avait refusé, pendant le long shutdown de décembre et janvier, de soumettre toute loi à un vote sans l’assurance que Donald Trump la signerait. Il avait été échaudé par un brusque revirement du président républicain sur un premier accord budgétaire.

Un texte de compromis avait en effet été approuvé au Sénat en décembre, apparemment avec la garantie qu’il satisfaisait Donald Trump… jusqu’à ce que les voix indignées d’ultraconservateurs poussent le président à faire volte-face.

Or, ces mêmes personnalités n’apprécient pas du tout l’accord annoncé lundi soir.

« compromis pourri »

Un « compromis pourri », a lancé le présentateur de Fox News Sean Hannity, qui a l’oreille du président.

Cet accord « n’est pas une tentative sérieuse de sécuriser notre frontière », a jugé l’élu de la Chambre Mark Meadows, membre influent du Tea Party.

Interrogé sur Fox News, M. Meadows a cependant eu des mots conciliants pour Donald Trump, qui laissent présager que la voie de sortie apparemment choisie par le président pourrait fonctionner. « Est-ce qu’il me déçoit ? Non, c’est le Congrès qui me déçoit », a-t-il déclaré.

Il reste que le mystère demeure sur les hypothétiques financements additionnels évoqués par le milliardaire républicain. Et que le président est un habitué des retournements inattendus.

Depuis plusieurs semaines, Donald Trump se réserve en outre une autre option : le recours à une procédure d’urgence exceptionnelle, pour débloquer les fonds nécessaires sans passer par le Congrès.

Une solution qui ne manquerait pas de déclencher une féroce bataille politico-judiciaire.

Le temps presse

Washington a jusqu’à vendredi minuit pour éviter une nouvelle impasse qui conduirait à l’assèchement soudain des budgets, ou shutdown, de 25 % des administrations fédérales.

Un projet de loi partant de cet accord pourrait être présenté au Sénat dès ce soir.

Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a également incité le président à accepter l’entente, qu’il a décrite comme la « voie à suivre ».

« J’espère que cette entente signifie qu’il n’y aura pas une autre paralysie gouvernementale », a-t-il conclu.

El Chapo reconnu coupable

Le narcotrafiquant mexicain Joaquín Guzmán, alias El Chapo, a été déclaré coupable hier par un jury américain de toutes les accusations portées contre lui, après trois mois de procès qui ont documenté l’extrême violence et la corruption des cartels.

Les 12 jurés du tribunal fédéral de Brooklyn ont jugé El Chapo, emprisonné depuis deux ans dans une prison fédérale de haute sécurité à New York, coupable des 10 chefs d’accusation auxquels il faisait face. À commencer par le principal, soit d’avoir codirigé le puissant cartel de Sinaloa, responsable de l’exportation de centaines de tonnes de cocaïne aux États-Unis entre 1989 et 2014.

Ce verdict, annoncé au sixième jour de délibérations par les 12 jurés du tribunal fédéral de Brooklyn, devrait valoir, aux termes de la loi américaine, la perpétuité à El Chapo, 61 ans, figure de légende des cartels mexicains.

Joaquín Guzmán avait été extradé aux États-Unis en janvier 2017 après deux évasions spectaculaires au Mexique. Il n’a pas témoigné lors de son procès.

Verdict ultérieurement

Après le prononcé de la sentence, qui n’est pas attendu avant plusieurs mois, El Chapo pourrait être transféré dans une prison du Colorado parfois surnommée « l’Alcatraz des Rocheuses », considérée comme une des plus sûres des États-Unis.

Sa condamnation est une victoire pour le gouvernement américain, qui n’avait jamais obtenu l’extradition du Colombien Pablo Escobar, mort dans une opération policière à Medellín, en 1993.

La justice américaine tenait à exposer en détail le fonctionnement des cartels latino-américains qui inondent les États-Unis de drogue depuis les années 80.

Mais le cartel de Sinaloa, du nom des montagnes du nord-ouest du Mexique dont El Chapo est originaire, est loin d’avoir disparu.

Son codirigeant, Ismael Zambada, alias El Mayo, est toujours en fuite, ce qui avait fait dire à la défense d’El Chapo que tout le procès était une « mascarade ».

Depuis le début des audiences en novembre, les enquêteurs américains ont fait défiler à la barre quelque 56 témoins, dont de nombreux ex-associés ou employés d’El Chapo, qui l’ont tous accusé d’avoir codirigé le cartel de Sinaloa.

Plusieurs, désormais emprisonnés aux États-Unis ou sous la protection des autorités américaines, ont décrit avec force détails, souvent sanglants, l’organisation et le quotidien du cartel et le rôle central joué par El Chapo, pour organiser tant l’exportation de plus de 155 tonnes de cocaïne venue de Colombie vers les États-Unis que les violences commises pour neutraliser les cartels rivaux ou encore la corruption systématique de la police, des militaires et de responsables politiques pour qu’ils ferment les yeux.

Une corruption qui se serait traduite, selon certains témoins, par le versement de millions de dollars en pots-de-vin au plus haut niveau du gouvernement mexicain, jusqu’à l’ex-président Enrique Peña Nieto, même si ce dernier a toujours nié avoir touché de l’argent des narcotrafiquants.

Avions et yacht

Les avocats de la défense ont assuré quant à eux qu’El Chapo n’était qu’un bouc émissaire du gouvernement mexicain, corrompu au plus haut niveau, et que les ex-narcotrafiquants ayant témoigné contre lui n’étaient que des « ordures » prêtes à tous les mensonges pour réduire leur peine.

Ils avaient assuré qu’Ismael Zambada était le vrai patron du cartel et « la pièce manquante du procès » et n’avaient cité, très brièvement, qu’un seul témoin.

Mais le procès a permis d’avoir un aperçu de la vie de pacha qu’El Chapo, qui a grandi dans la pauvreté, a menée pendant ses 25 ans au sommet du cartel, voyageant en Suisse pour des cures de rajeunissement, à Macao ou à Las Vegas pour jouer dans les casinos.

Son ex-pilote et responsable du cartel pour la ville de Mexico a expliqué qu’il avait à sa disposition quatre avions, de nombreuses résidences, dont une luxueuse dans la grande station balnéaire d’Acapulco, un yacht baptisé Chapito et un ranch doté de son propre zoo et d’un petit train pour le traverser.

Plusieurs témoins ont aussi décrit une scène particulièrement cruelle lors de laquelle il a personnellement torturé et exécuté trois trafiquants rivaux.

Irak

Le nouveau chef du Pentagone se fait rassurant

Le chef du Pentagone, Patrick Shanahan, a tenté hier de rassurer les dirigeants à Bagdad sur l’avenir des militaires américains dans leur pays, après le retrait de Syrie et l’annonce par Donald Trump qu’il voulait « surveiller l’Iran » de l’Irak. Alors que Bagdad a déclaré la victoire sur les djihadistes il y a un an et que l’assaut « final » est en cours en Syrie, les appels au départ des Américains en Irak se font de plus en plus pressants. De nombreuses voix, surtout venues du camp pro-Iran, l’autre grande puissance présente en Irak avec les États-Unis, réclament le départ définitif des soldats américains. Et depuis que M. Trump a déclenché la colère à Bagdad en affirmant qu’il se servirait de l’Irak pour « surveiller l’Iran », diplomates, militaires et désormais responsables gouvernementaux tentent d’éteindre l’incendie.

— Agence France-Presse

Pompeo accuse Poutine de menacer les démocraties du monde entier

Le président russe Vladimir Poutine représente une menace pour les démocraties, a estimé hier le secrétaire d’État américain Mike Pompeo à son arrivée en Slovaquie, une des étapes de sa mini-tournée en Europe centrale pour contrer l’influence croissante de la Russie et de la Chine. « Vladimir Poutine est déterminé à saper les démocraties dans le monde entier, ne vous y trompez pas ! Nous devrions être très francs à ce sujet », a affirmé M. Pompeo à des étudiants en journalisme à Bratislava. Il a ensuite mis en garde les Slovaques sur « la nécessité de se prémunir contre les moyens économiques et autres déployés par la Chine pour créer une dépendance et manipuler [leur] système politique ».

— Agence France-Presse

Un ancien astronaute dans la course au Sénat américain

L’ancien astronaute américain Mark Kelly, dont l’épouse, l’ex-élue Gabrielle Giffords, avait été grièvement blessée par un tireur en 2011, s’est lancé hier dans une « nouvelle mission » en annonçant sa candidature au Sénat en 2020 sous l’étiquette démocrate. Âgé de 54 ans, il se présente dans l’Arizona pour remplacer le républicain John McCain, personnage emblématique de la politique américaine mort en août 2018. S’il remporte la primaire démocrate, il affrontera la titulaire républicaine Martha McSally, ancienne pilote de l’armée de l’Air qui a été la première femme de l’armée américaine aux commandes d’un avion de chasse au combat. Ancien pilote de la Marine, Mark Kelly a participé à la première guerre du Golfe en 1991 et a effectué au total 39 missions de combat, selon son site de campagne.

— Agence France-Presse

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