Mercredi noir chez VolksWagen

7000 emplois supprimés

Le géant allemand de l’automobile Volkswagen a connu hier une journée difficile avec l’annonce de milliers de suppressions d’emplois. Le groupe, encore empêtré dans le scandale des moteurs au diesel, a indiqué vouloir supprimer jusqu’à 7000 emplois, en majorité des non-remplacements de départs à la retraite. Et ce, malgré l’annonce la veille de bénéfices en hausse. Volkswagen a justifié ces mesures par le coût de l’électrification des voitures, sa nouvelle priorité, et de la conduite autonome, ainsi que par des difficultés côté rentabilité. La rentabilité jugée trop faible a été l’un des principaux sujets choisis par le patron du groupe, Herbert Diess, lors d’une réception des cadres du groupe pour leur expliquer la stratégie de l’entreprise. Une manifestation traditionnelle chez Volkswagen au moment de la présentation des résultats annuels. — Agence France-Presse

Truquage d’offres

Genivar-WSP devra rembourser 4 millions

Mentionnée 142 fois dans le rapport de la commission Charbonneau, la firme de génie Genivar, devenue WSP Canada, devra payer 4 millions pour son rôle dans le truquage d’offres dans des contrats municipaux au Québec.

C’est le Bureau de la concurrence du Canada, qui menait une enquête sur le rôle de la firme dans ce complot qui aurait sévi entre 2002 et 2011, qui en a fait l’annonce.

Le paiement de 4 millions fait partie d’un règlement déposé hier en Cour supérieure qui met fin, techniquement, à l’enquête concernant l’ex-Genivar. L’argent sera versé dans les coffres du gouvernement fédéral, par l’entremise du receveur général du Canada.

Il s’agit de la deuxième entente conclue par l’organisme fédéral avec une firme de génie québécoise dans cette affaire, après celle annoncée le 19 février dernier qui contraignait la défunte firme Dessau à payer 1,9 million. Un ancien cadre de cette firme, Dave Boulay, a par ailleurs plaidé coupable et a été condamné à une peine d’un an avec sursis.

Trois autres cadres, André Mathieu, de CIMA+, Claude Marquis, de Genivar, et Michel Famery, de Dessau, font l’objet d’accusations criminelles déposées en juin 2018 en lien avec 21 contrats d’infrastructures accordés par Gatineau entre 2004 et 2008. Le processus judiciaire est toujours en cours.

Dans le cas de Genivar, « aucune accusation n’a jamais été portée contre l’entreprise » dans ce dossier, précise dans un courriel envoyé à La Presse Isabelle Adjahi, vice-présidente principale, relations avec les investisseurs et communications chez Groupe WSP Global. Il s’agit selon elle des « actions d’anciens employés de Genivar » qui ont déjà été divulguées.

94,7 millions récupérés

Selon les audiences de la commission Charbonneau, qui se sont terminées en novembre 2014, Genivar faisait partie d’un groupe de firmes de génie-conseil au cœur d’un système de partage des contrats à Québec, Laval, Gatineau et dans la grande région de Montréal.

Ce groupe, qui comprenait notamment SNC-Lavalin, BPR, Roche, CIMA+ et Groupe SM, a contribué « à faire grimper le prix des biens et des services », conclut le Bureau de la concurrence dans son communiqué.

Bien qu’on ne dispose d’aucune estimation précise des sommes ainsi perdues, elles se chiffrent vraisemblablement en centaines de millions de dollars.

À Montréal, notamment, les coûts de contrats de construction ont baissé de 20 à 33 % dans la foulée des révélations sur la collusion durant la commission Charbonneau.

« Le truquage des offres de contrats municipaux équivaut à voler aux contribuables de l’argent qui aurait autrement permis de répondre à des besoins importants pour la population », résume le Bureau de la concurrence.

En 2015, Québec a mis sur pied un programme de remboursement volontaire qui a permis de récupérer 94,7 millions auprès de 28 entreprises et 3 personnes associées à la collusion. À eux seuls, Montréal et Laval ont reçu les deux tiers de cette somme.

Dans le cadre de l’entente annoncée hier, le Bureau de la concurrence explique dans son communiqué avoir tenu compte « du fait que WSP Canada a remboursé des trop-perçus relatifs au truquage des offres », sans en préciser le montant. On relève également que la firme a mis en place des mesures pour éviter que de tels comportements se reproduisent à l’avenir.

Fondée en 1959, Genivar a acquis en 2012 l’entreprise britannique WSP, dont elle a repris le nom deux ans plus tard en devenant WSP Global. C’est sa filiale canadienne, WSP Canada, qui est officiellement visée par le règlement annoncé hier par le Bureau de la concurrence.

Située à Montréal, WSP a vu ses effectifs presque tripler depuis ce changement, passant de 17 000 à 48 000 employés. Ses revenus nets ont été de 6 milliards pour les 12 mois se terminant en septembre 2018.

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