Relations entre Washington et Ottawa

Correspondances inusitées de Trump à Trudeau

Donald Trump a préconisé la diplomatie du Sharpie dans ses échanges épistolaires avec Justin Trudeau. À deux reprises au moins, en 2017, le locataire de la Maison-Blanche a dégainé son feutre pour annoter des documents qu’il a ensuite envoyés à son homologue canadien.

La première note manuscrite, qui remonte à mai 2017, était à ce point inusitée que l’ambassadeur du Canada aux États-Unis a pensé à une blague et ressenti le besoin d’en vérifier l’authenticité auprès de la Maison-Blanche, selon ce qu’a rapporté dimanche soir le média numérique américain Axios.

C’est que Donald Trump avait déchiré le frontispice d’un numéro du magazine Bloomberg Businessweek sur lequel une photo de Justin Trudeau était accompagnée du titre « L’Anti-Trump », et écrit au Sharpie argenté un message s’apparentant à : « Vous avez l’air bien ! J’espère que c’est faux ! » (« Looking good ! Hope it’s not true ! »)

Puis, en décembre 2017, après qu’il eut erronément affirmé que les États-Unis avaient un déficit commercial avec le Canada, le dirigeant américain a fait parvenir à son homologue canadien un document visant à appuyer ses allégations. « Mauvais ! » (« Not good ! »), aurait-il essentiellement tranché, encore au Sharpie.

Trudeau rectifie les faits

La réplique de Justin Trudeau est venue quelques jours plus tard, soit le 20 décembre, toujours selon ce que rapporte Axios. S’il y est d’abord allé des politesses d’usage à l’intention de son correspondant de Washington, il a ensuite tenu à rectifier les faits.

« Cher Donald. L’année a été chargée ! Profitez des vacances de Noël, vous le méritez. Un truc : […] vous avez légèrement erré en ce qui concerne le déficit commercial avec le Canada. C’est le Bureau du représentant américain au commerce qui le dit ! », a écrit le premier ministre.

Pour appuyer ses propos, il a inclus un document tiré du site web du Bureau du représentant américain au commerce notant que le surplus commercial en biens et services de Washington avec le Canada s’était établi à 12,5 milliards de dollars en 2016. Le premier ministre a encerclé ce chiffre, puis dessiné un bonhomme sourire à côté.

Le bureau de Justin Trudeau n’a pas souhaité réagir au reportage. Une source gouvernementale canadienne a indiqué qu’il n’y aurait aucun commentaire « au sujet de documents ayant pu être échangés », reconnaissant néanmoins qu’Ottawa avait « fait valoir les propres chiffres » de Washington en matière d’échanges commerciaux. 

Quid de la couverture du Bloomberg Businessweek ? Là encore, pas de commentaire. « Mais nous ne le nions pas », a signalé à La Presse cette même source fédérale, qui a requis l’anonymat.

États-Unis

Nouvelle offensive contre les migrants dépendants de l’aide sociale

Les migrants bénéficiant de prestations sociales, comme des soins subventionnés ou une allocation logement, risquent de se voir désormais refuser la nationalité américaine, selon de nouvelles règles annoncées hier par le gouvernement de Donald Trump, fidèle à son credo d’immigration « au mérite ». Ces mesures visent des millions de travailleurs majoritairement hispaniques, occupant généralement des emplois peu rémunérés. Jugés susceptibles de devenir des « charges pour la société », ils se verront refuser l’accès au territoire, et ceux se trouvant déjà aux États-Unis se verront refuser la « carte verte », le permis de séjour américain, précise la nouvelle réglementation publiée par la Maison-Blanche. S’ils ont déjà une carte verte, ils ne pourront pas obtenir la nationalité américaine. Le texte vise les migrants démunis, qui bénéficient à leur arrivée sur le territoire américain, pendant une période limitée, d’allocations de logement ou de bons alimentaires. Elle est aussi destinée à décourager les candidats à l’immigration peu qualifiés qui espèrent obtenir l’asile aux États-Unis.  — Agence France-Presse

Biden promet un programme de rachat des fusils d’assaut

Le favori de la primaire démocrate Joe Biden promet, dans une tribune publiée hier, de rétablir l’interdiction des fusils d’assaut en l’accompagnant cette fois d’un programme de rachat afin de « débarrasser » les États-Unis de ces « armes de guerre », s’il est élu président en 2020. Après deux tueries qui ont fait 31 morts en seulement 13 heures, les 3 et 4 août, l’ancien vice-président de Barack Obama rappelle, dans les pages du New York Times, qu’il avait soutenu, lorsqu’il était sénateur, l’interdiction des fusils d’assaut appliquée aux États-Unis entre 1994 et 2004. Ces mesures « avaient rendu notre pays manifestement plus sûr », écrit Joe Biden. « Et si je suis élu président, nous les adopterons à nouveau, et cette fois nous les rendrons encore plus dures », promet le démocrate, notamment en s’assurant que les fabricants ne puissent pas contourner l’interdiction en apportant des « petites modifications ». « Et cette fois, nous allons les allier à un programme de rachat afin de débarrasser nos rues d’autant de fusils d’assaut que possible, aussi vite que possible », poursuit-il. Début août, les deux tireurs ont utilisé des fusils d’assaut. 

— Agence France-Presse

États-Unis

Refonte de la loi sur les espèces menacées

L’administration de Donald Trump a finalisé, hier, les changements dans la loi sur les espèces en voie de disparition, pour en « faciliter l’application », mais ses détracteurs affirment que ces modifications mèneront à l’extinction d’un plus grand nombre d’espèces. Les changements, dévoilés hier par le secrétaire à l’Intérieur, David Bernhardt, suppriment les protections accordées automatiquement aux espèces nouvellement classées comme « menacées ». Elles permettent aussi aux autorités fédérales de prendre en compte pour la première fois le « prix économique » de la protection d’une espèce donnée. Les groupes de conservation estiment que ces changements ne tiennent pas compte des impacts des changements climatiques, l’une des plus grandes menaces pour les habitats. — Associated Press

États-Unis

Cinq enfants meurent dans l’incendie d’une garderie privée

Les autorités américaines enquêtaient, hier, sur les causes d’un incendie qui a provoqué la mort de cinq enfants à Erie, en Pennsylvanie, endormis dans une garderie privée. Les enfants, âgés de 8 mois à 7 ans, dormaient au deuxième étage quand le feu s’est déclaré tôt la veille, a expliqué le chef des pompiers de cette ville du nord-est des États-Unis, Guy Santone. Les soldats du feu sont arrivés sur les lieux environ 25 minutes après le début du brasier et ont découvert « des flammes importantes qui sortaient de toutes les fenêtres du premier étage et des informations qui faisaient état d’enfants piégés au deuxième étage », a dit M. Santone à la chaîne locale Jet24, affiliée à ABC News. « Donc évidemment, les pompiers ont commencé à combattre l’incendie, mais un autre groupe de pompiers a filé vers l’autre côté du bâtiment pour monter dans les chambres, a-t-il poursuivi. Nous avons été en mesure de secourir ou d’extirper les cinq plus jeunes enfants, mais ils sont malheureusement tous décédés. »  — Agence France-Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.