Notre choix

Les Premières nations vues par Joe Sacco

Payer la terre
Joe Sacco
Futuropolis
264 pages
Quatre étoiles

Après avoir documenté en dessins la vie en Palestine ou dans les Balkans, le père de la BD reportage, Joe Sacco, se penche sur le sort de la nation des Dénés aux Territoires du Nord-Ouest. À partir d’entrevues journalistiques réalisées sur place auprès de bon nombre de personnes – aînés et jeunes, autochtones ou non –, le dessinateur dresse un portrait fouillé et équilibré des Dénés, en s’attardant notamment (mais pas seulement) sur les défis auxquels ils sont aujourd’hui confrontés comme le sont l’ensemble des Premières Nations canadiennes : problèmes sociaux, manque d’emplois, perte d’identité culturelle…

Sacco aborde aussi certains dilemmes auxquels les Dénés font face, notamment en ce qui concerne la prospection gazière. Faut-il accepter la fracturation hydraulique en territoire déné ? Sur le sujet, les communautés sont divisées.

Loin du ton moralisateur que certains ouvrages sur la problématique autochtone peuvent adopter, Sacco préfère se mettre en retrait et donner toute la place aux interviewés. Sans jugement. Le résultat est sans conteste plus près de la vérité et s’avère un ouvrage précieux pour mieux comprendre la réalité complexe des Premières Nations, en cette période de réconciliation. Parce que Joe Sacco sait se faire désirer, la parution de chacun de ses albums reste un événement à souligner.

Blueberry : Amertume Apache

D’après l’œuvre de Jean-Michel Charlier et Jean Giraud. De Joann Sfar et Christophe Blain 

Dargaud, 64 pages 

Quatre étoiles

La vengeance d’Amertume

La série western culte Blueberry est reprise de jolie façon par le prolifique Joann Sfar (Le chat du rabbin, Donjon, Les carnets), qui a scénarisé l’album illustré par Christophe Blain. Une bédé qui s’est retrouvée (sans surprise) dans la sélection officielle d’Angoulême il y a 15 jours. Dans ce nouvel opus, Mike Blueberry est témoin du meurtre de deux femmes apaches par un groupe de trois jeunes Blancs qui rôdent près de leur réserve. Mais voilà, les deux femmes sont l’épouse et la fille d’un chef guerrier du nom d’Amertume. Inutile de vous dire que les deux meurtres ne resteront pas impunis. Même que toute la région s’embrasera dans une guerre sans merci… Une aventure avec du souffle, des revirements de situation et plusieurs clins d’œil sympathiques, comme ces personnages aux visages d’acteurs connus (on reconnaît entre autres Brigitte Bardot et Claudia Cardinale). La suite est déjà en chantier : Les hommes de non-justice, qui dénouera l’affaire. 

— Jean Siag, La Presse

TUMULTE

John Harris Dunning et Michael Kennedy

Éditions Presque Lune

184 pages

Trois étoiles et demie

Une femme aux multiples identités

Par une nuit de débauche, Adam Whistler, réalisateur de publicité à la dérive, fait la rencontre de Morgane, une femme à la beauté magnétique enveloppée d’une aura de danger. Ce qu’Adam ignore, c’est que la belle mystérieuse est en fait une femme aux multiples personnalités, souffrant d’un trouble dissociatif de l’identité. Une série d’assassinats inexpliqués viendront jeter un doute sur les véritables desseins de Morgane, alias Leila, alias Jolie Princesse, alias Zoltan le sultan… Ce thriller déroutant aux allures de poupées russes nous garde scotchés aux cases vitaminées du Britannique Michael Kennedy. Le récit s’embrouille parfois inutilement, mais la finale, où tout se révèle sous une lumière nouvelle, mérite amplement qu’on passe par-dessus certaines maladresses. Cet album était en nomination pour le Fauve du polar SNCF au dernier festival d’Angoulême.

— Jean Siag, La Presse

Les mystères de Hobtown. L’affaire des hommes disparus 

Kris Bertin et Alexander Forbes

Pow Pow

300 pages 

Trois étoiles et demie

Hobtown sens dessus dessous 

Ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit une série bédé qui nous arrive des Maritimes. C’est donc avec une certaine curiosité qu’on s’empare de ce premier tome des Mystères de Hobtown signé Kris Bertin et Alexander Forbes, tous deux natifs du Nouveau-Brunswick. Le résultat est étonnant. Dans cette petite bourgade fictive de la Nouvelle-Écosse, des hommes disparaissent mystérieusement sans laisser de traces. Parmi eux, le père de Sam Finch. Ce dernier tentera de le retrouver avec l’aide du club de détectives de son collège. Le dessin en noir est minutieux et soigné, tandis que le scénario parfois alambiqué se dénoue grâce à des ressorts fantastiques.

— Jean Siag, La Presse

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