Marché des joueurs autonomes

Quelle stratégie pour les Alouettes ?

Le marché des joueurs autonomes s’ouvrira à midi, aujourd’hui, dans la Ligue canadienne de football (LCF). Les Alouettes seront-ils actifs comme ils l’ont été au cours des dernières années ? Ça dépend à qui l’on pose la question.

Quand il a rencontré les médias lors des réunions hivernales de la ligue, le mois dernier, Kavis Reed a soutenu qu’il ne ferait pas d’embauches majeures. Or, selon d’autres membres de l’organisation, les Alouettes seront au contraire très actifs au cours des prochains jours. Ce serait d’ailleurs une très sage décision de l’être.

Réembauché pour deux saisons, hier, l’ailier défensif Jean-Samuel Blanc est un bon joueur d’unités spéciales, mais ça en prendra beaucoup plus pour regarnir l’alignement du club montréalais. Les Alouettes ont besoin de renfort à presque toutes les positions.

À moins d’une surprise, les Alouettes n’embaucheront pas de quart-arrière, eux qui en comptent actuellement six dans leurs rangs. Dommage, car ç’aurait été l’année idéale pour greffer un quart de premier plan à l’équipe.

La préférence de Bo Levi Mitchell serait de rester avec les Stampeders de Calgary s’il ne parvient pas à trouver du boulot dans la NFL. Le joueur par excellence de 2018 n’a toutefois pas fermé la porte à la possibilité de poursuivre sa carrière dans une autre ville de la LCF.

Mike Reilly explore également toutes ses options et il a déjà reçu la permission des Eskimos d’Edmonton de discuter avec d’autres équipes. Les Eskimos lui ont-ils fait cette fleur parce qu’ils ont déjà un plan de rechange ? Est-ce que Trevor Harris, Zach Collaros ou Ricky Ray (s’il décide de poursuivre sa carrière) pourrait remplacer Reilly à Edmonton ?

Un receveur au plus vite

Les Als n’ajouteront probablement pas de quart étoile à leur formation, mais espérons pour eux qu’ils trouveront le moyen de convaincre un bon receveur de venir à Montréal. Eugene Lewis et Ernest Jackson ont signé des ententes d’une saison, mais c’est nettement insuffisant.

B.J. Cunningham risque de quitter le nid, lui qui serait à la recherche d’un contrat qui ferait de lui l’un des receveurs les mieux payés du circuit. Outre Cunningham, Greg Ellingson, Derel Walker, Naaman Roosevelt, Emmanuel Arceneaux et DaVaris Daniels sont les meilleurs receveurs disponibles d’une très bonne cuvée de joueurs autonomes.

Chez les porteurs de ballon des Alouettes, c’est très mince derrière le partant William Stanback. Avant d’être échangé aux Lions de la Colombie-Britannique, Tyrell Sutton avait indiqué qu’il serait prêt à accepter un rôle de réserviste derrière Stanback.

Sutton serait le mentor idéal pour Stanback, d’autant plus que les deux joueurs aimaient évoluer ensemble même s’ils luttaient pour le même poste. Stanback pourrait recevoir une offre de la NFL ou d’une autre ligue dans un an, alors ce serait une bonne idée de ramener Sutton à Montréal dès maintenant.

Reed a conclu de nouvelles ententes avec Tony Washington et Kristian Matte au cours des derniers mois, et l’équipe s’attend à une belle progression des jeunes Trey Rutherford et Tyler Johnstone. Il reste qu’une autre signature ou deux afin d’améliorer la ligne offensive ne serait certainement pas un luxe.

Premier choix de l’équipe en 2016, le garde Philippe Gagnon pourra s’entendre avec l’équipe de son choix à compter de midi. L’ancien du Rouge et Or de l’Université Laval aimerait demeurer avec les Alouettes, mais il devrait recevoir plusieurs offres à compter de cet après-midi.

De la place pour les doyens ?

Luc Brodeur-Jourdain est un autre joueur de ligne offensive dont le contrat arrivera à échéance dans les prochaines heures. Le centre espère jouer une autre saison à condition que les Alouettes veuillent vraiment de lui, même si c’est dans un rôle de réserviste.

Les deux autres doyens de l’équipe, John Bowman et Chip Cox, s’apprêtent également à obtenir leur autonomie. Reed a dit le mois dernier qu’il voulait discuter avec les trois vétérans au sujet de leur avenir avec l’organisation, mais n’a pas voulu en dire davantage.

Même si Bowman est de retour pour une 14e saison avec les Alouettes, la venue d’un autre ailier défensif capable de déranger le quart-arrière est essentielle. Un joueur comme Willie Jefferson, qui a réussi 10 sacs en 2018 et qui n’a eu que 28 ans en janvier, serait une excellente acquisition.

L’an dernier, Reed avait embauché plusieurs demis défensifs d’expérience sur le marché de l’autonomie et le DG pourrait faire la même chose cette année. Car à l’exception de Tommie Campbell et de Branden Dozier, il y a des points d’interrogation partout dans la tertiaire.

À vrai dire, il y a des trous partout dans la formation actuelle des Moineaux. Parmi les 24 postes de partants en attaque et en défense, il y en a au moins la moitié qui ne sont toujours pas comblés. Autrement dit, Reed ne doit pas être actif à compter d’aujourd’hui, il doit être très actif.

JOUEURS AUTONOMES POTENTIELS DES ALOUETTES

Stephen Adekolu (receveur)

Nicolas Boulay (secondeur)

Adarius Bowman (receveur)

John Bowman (ailier défensif)

Luc Brodeur-Jourdain (centre)

Chip Cox (secondeur)

B.J. Cunningham (receveur)

Dominique Ellis (demi défensif)

Philippe Gagnon (garde)

T.J. Graham (receveur)

T.J. Heath (demi défensif)

George Johnson (receveur)

Jesse Joseph (ailier défensif)

Gabriel Knapton (ailier défensif)

Jermaine Robinson (demi défensif)

Ligue canadienne de football

Un convention d’abord, les activités ensuite

L’Association des joueurs de la Ligue canadienne de football (AJLCF) a répliqué au circuit Ambrosie, qui a donné comme directive à ses clubs de ne pas verser les primes hivernales aux joueurs tant qu’une nouvelle convention collective n’était pas ratifiée. Dans une lettre envoyée hier à ses membres, le syndicat a demandé aux joueurs de ne pas participer aux activités mises sur pied par la Ligue jusqu’à ce qu’un nouveau contrat de travail soit conclu. C’est l’ex-commissaire Jeffrey Orridge qui avait donné cette directive au début de 2017. Elle a depuis été appuyée par Randy Ambrosie, l’actuel commissaire. Plusieurs joueurs de la LCF ont par le passé reçu des sommes d’avance au cours de l’hiver, soit sous forme de primes à la signature ou d’inclusion à la formation, soit parce qu’elles étaient inscrites à leur contrat. Mais cette année, ces sommes ne seront pas versées tant qu’une nouvelle convention collective ne sera pas ratifiée. Le présent contrat de travail vient à échéance en mai.

— La Presse canadienne

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