Sports dans les parcs  Slackline

Danser au-dessus du sol

Julien Desforges
31 ans
Sport : slackline
Où le pratique-t-il ?
Dans le parc De Lorimier

L’été venu, de nombreuses personnes envahissent les grands parcs urbains pour pratiquer leur sport favori. Pause est allé à leur rencontre.

Comment avez-vous commencé à faire de la slackline ?

J’en ai fait pour la première fois en 2006 sur le mont Royal. Un ami avait vu la slackline au parc de Yosemite, en Californie, où il était allé grimper. C’est là que la slackline avait été inventée, dans les années 80. Mon ami en avait rapporté une et j’en ai fait trois ou quatre fois pendant l’été. J’ai commencé à aimer ça et je me suis demandé si j’allais en acheter une ou pas. Nous étions en septembre, je me demandais si je ne devrais pas attendre au printemps. À l’époque, c’était cher pour moi, j’étais étudiant. Mais j’ai décidé de l’acheter sans attendre. Quand on achète sa propre slackline, qu’on en fait seul pendant des heures, c’est là que ça commence.

Pourquoi aimez-vous la slackline ?

C’est relaxant, mais c’est aussi presque euphorisant : on a toujours l’impression de s’améliorer. Tu te laisses embarquer par un progrès après l’autre. Ça, c’est en plus de tous les bénéfices de juste faire de l’exercice physique. C’est un exercice qui demande de l’attention et de la concentration. Ça travaille à la fois les muscles stabilisateurs, ton corps, ta coordination. C’est aussi carrément une méditation active : tu vois les répercussions des mouvements de ton esprit. Quand ça bouge dans ton esprit, ta ligne bouge. Quand ça ne bouge pas dans ton esprit, ta ligne ne bouge pas.

Est-ce que la slackline a pris beaucoup d’importance dans votre vie ?

Ça faisait trois ans que je faisais de la slackline quand j’ai rencontré quelqu’un de vraiment bon qui venait de Californie. J’ai alors fait un voyage dans cet État, nous avons fait un voyage, nous avons fait une vidéo, un documentaire de 52 minutes sur la highline. Quand je suis revenu au Québec, je me suis dit : je ne peux plus rien faire d’autre. C’est la plus belle communauté, c’est la plus belle façon de voyager, c’est la meilleure pratique qui te fait sentir vraiment bien. J’ai alors ouvert Slackline Montréal, une entreprise spécialisée dans les produits, les services et les événements liés à la slackline. Nous avons eu toutes sortes de bureaux et d’emplacements au cours des années, mais nous venons de déménager dans un local incroyable. On a nos bureaux avec un gym à côté qui est notre entrepôt et où nous mettrons des slacklines pour y présenter des spectacles et donner des cours.

Est-ce que vous continuez à progresser ?

Ça fait 12 ans que je fais de la slackline, je continue à découvrir des choses. Moi, j’aime danser, écouter de la musique, ce qui fait que j’ai développé un style qui est plus dans le mouvement, la danse. Je m’inspire du yoga : l’alignement, la posture, la respiration, la méditation.

Est-ce que la slackline présente des défis particuliers ?

Ça prend une seule chose : la volonté. N’importe qui ayant un corps qui fonctionne normalement peut le faire, et même encore là… Il y a toujours quelque chose qu’on peut faire. On s’imagine que le but, c’est de marcher sur la slackline. Le but, c’est plutôt d’être en équilibre. On peut le faire dans toutes sortes de positions, en utilisant toutes sortes de points d’appui, on peut même le faire couché, à la limite. Donc, même quelqu’un qui a un handicap peut faire de la slackline. La limite, c’est nous-même qui la fixons. Le défi, c’est de continuer à pousser dans sa pratique, c’est de repousser les limites de sa zone de confort.

La slackline en bref

La slackline est une sangle de nylon ou de polyester relativement élastique que l’on tend entre deux arbres ou deux ancrages solides.

La highline est une sangle qu’on installe en hauteur Le pratiquant porte un harnais qui lui permet de s’attacher à la sangle.

La sangle ne doit jamais traverser un sentier ou une piste cyclable. Elle doit demeurer bien visible.

Il faut protéger les arbres en plaçant un rembourrage entre la sangle et l’arbre. Il faut éviter les arbres à écorce molle ou fragile ou les arbres d’un diamètre inférieur à 30 cm.

Les débutants devraient installer une slackline de cinq à sept mètres de longueur, à hauteur de mi-cuisse. Par la suite, c’est une question de préférence personnelle.

On peut varier la tension de la sangle. Lorsqu’elle est très tendue, on peut faire des sauts, comme sur un trampoline.

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