Bianca Longpré

Fière d’être une mère ordinaire

Mère ordinaire est le nouveau magazine créé par KO Média en collaboration avec l’humoriste, auteure et mère de trois enfants Bianca Longpré.

La publication se veut déculpabilisante, avec des photos sans retouche, et des articles où l’on traite de la vie des mères de famille qui jonglent avec leur travail et les tâches domestiques. Bianca Longpré est fière de présenter du « vrai monde », des « vrais trucs », du divertissement et un magazine imparfait.

« Ce magazine reflète ma mentalité et répond aux préoccupations des vraies mères ordinaires qui n’achètent pas des crèmes et du rouge à lèvres à 75 $. Je tenais à ce qu’il soit sans retouche. On ne sera pas les plus belles, on ne va pas essayer les plus beaux maillots, mais plutôt ceux qui nous font le plus mal », affirme Bianca Longpré. 

C’est Louis Morissette, président de KO Média, qui a eu l’idée du magazine. « J’ai tout de suite aimé le fait de pouvoir m’entourer des gens que j’aime, et de participer à un magazine léger qui fera oublier le ménage et les lunchs à préparer. Le magazine Véro est trop parfait », dit-elle en riant.

Parallèlement, Bianca Longpré lance son livre Mère ordinaire – Grossesse du cœur et vie de famille ! dans lequel elle parle de ses trois enfants adoptés, en plus de poursuivre une tournée partout au Québec avec son spectacle pour lequel 40 000 billets ont été vendus.

Un phénomène

Tout a commencé avec la création de sa page Facebook lors d’un congé de maternité.

« J’ai adopté trois enfants au Québec, mais j’ai eu mon premier vrai congé parental avec mon dernier, car c’était un bébé naissant et c’est là que j’ai réalisé que c’était épuisant. »

— Bianca Longpré

« Quand je regardais les mamans sur les réseaux sociaux, tout était toujours parfait, les maisons rangées, les enfants habillés comme des cartes de mode, les mamans belles, coiffées, maquillées. » 

Elle était très étonnée de ne voir que le beau côté de la maternité et s’est même demandé si elle était la seule à être fatiguée. Même ses amies qui venaient d’avoir des enfants ne montraient que de belles photos. « Je me suis dit, ça ne se peut pas ! Marilou, Mahée Paiement et les autres sont toujours trop impeccables. J’ai alors volontairement choisi de partager mes moments très ordinaires et ça a pris une ampleur démesurée. Les mères étaient enfin contentes de voir autre chose que la perfection, elles se sont mises à me raconter leurs propres histoires », explique l’humoriste et auteure. 

Elle pense qu’il faut enlever toute cette pression qu’on met sur les mères de famille, car à force d’aspirer à la perfection, c’est de l’anxiété qui est créée.

Selon Arnaud Granata, président d’Infopresse, les mères s’identifient à ce côté simple, accessible et ordinaire, car Bianca Longpré n’est pas une célébrité, il y a selon lui quelque chose de très authentique chez elle et elle s’inscrit en contrepoids avec tout ce qu’on voit ailleurs. « Elle parle directement aux gens, elle s’est taillé une place sans campagne de publicité et sans médias traditionnels. Elle ne se prend pas au sérieux, le message, c’est : assumons-nous, on est comme on est. Elle cristallise une volonté de certaines mamans d’avoir un espace pour s’exprimer librement », estime-t-il. 

On est loin des photos léchées et retouchées du Elle Québec ou du Clin d’œil. « On est à l’opposé, dans le second degré. »

Pourtant l’imperfection des mères n’est pas un sujet nouveau. Il a été exploré dès 2006 avec Les chroniques d’une mère indigne de Caroline Allard. Une websérie avait été réalisée où on y montrait sans tabou et avec humour le côté périlleux et chaotique de la maternité. Il y a également Les (Z)Imparfaites qui célèbrent leurs 10 ans.

« Les femmes se reconnaissent et embarquent avec moi. Elles sont heureuses d’aller passer une soirée où elles vont rire et après on danse entre filles. »

— Bianca Longpré

Selon France Paradis, formatrice en intervention psychosociale et mère de trois enfants, « Bianca Longpré est la Rock et Belles Oreilles des parents ». Elle estime que son personnage est irrévérencieux, mal élevé et que son succès est révélateur de la pression exercée sur les parents qui sont continuellement jugés. « Elle propose une échappatoire. Ce n’est pas un contenu qui donne des idées pour avoir moins de pression, on n’apprend rien, ça pourrait être plus riche tout en restant dans l’humour, reconnaît-elle. Elle pourrait remettre en question le poids pour les mères de tout avoir : une vie de famille et une carrière extraordinaire, des enfants et amis géniaux et une vie sexuelle épanouie. »

Germaine en chef

Bianca Longpré est en tournée trois jours par semaine. « C’est encore nouveau et ça me permet d’accepter que le ménage, les devoirs ou l’épicerie ne soient pas faits de la même façon. Je pratique le lâcher-prise et j’accepte de laisser toute la place à mon chum [l’humoriste François Massicotte]. Mes enfants ont hâte de me voir partir et sont contents d’être seuls avec leur père », lance celle qui se fait appeler la Germaine en chef.

Bianca Longpré souhaite rester dans la légèreté. « On me demande : “Est-ce que les mères sont trop occupées ? Et le féminisme, là-dedans ? Est-ce que les hommes devraient en faire plus ?” Moi, je ne m’embarque pas là-dedans. Chaque famille est différente. J’offre du divertissement déculpabilisant, je veux alléger votre vie et vous faire vivre un bon moment. Prendre la vie avec humour, c’est ce que j’essaie de transmettre. »

Mère ordinaire

Bianca Longpré

Éditions Modus Vivendi

239 pages

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