Des éleveurs aux petits soins

Kim Loranger a toujours été passionnée par les animaux. Enfant, elle s’amusait avec une truie baptisée Kiki. Aujourd’hui aux commandes de la ferme porcine familiale, la jeune éleveuse en possède tout un troupeau qui donne naissance à plus de 12 000 porcelets par année. Pour elle ainsi que les 2 800 éleveurs de porcs du Québec, la pérennité du secteur porcin passe par les meilleures pratiques d’élevage, le respect de l’environnement et, bien sûr, une viande de qualité exceptionnelle.

Dès que Kim Loranger met le pied dans la maternité de sa porcherie, les porcelets sevrés accourent vers elle. Les truies, elles, affichent un calme olympien. C’est que la jeune éleveuse sait y faire avec ses porcs : patiente et attentionnée, elle leur parle doucement, les chouchoute et les nourrit à la main, au besoin.

Pour Kim, 25 ans, le bien-être animal va de soi. Élevée sur la ferme fondée par son arrière-arrière-grand-père, elle en a même fait son credo en devenant à son tour propriétaire. C’était il y a un an. Fraîchement diplômée de l’Université Laval en agronomie, elle souhaitait travailler en production porcine et, pourquoi pas, investir dans l’entreprise familiale. Son père, Luc Loranger, et son associé, Serge Ménard, exploitaient alors la ferme et souhaitaient ralentir leurs activités. En juillet 2017, Kim se portait acquéreuse de Porc Extra, une maternité de 450 truies à Saint-Paul-de-Joliette, dans Lanaudière.

Depuis, la jeune éleveuse ne compte plus les heures. En plus de faire rouler la ferme, elle doit assurer la mise aux normes des bâtiments pour assurer le bien-être et la santé de ses bêtes.

Des pratiques exemplaires

C’est aussi la préoccupation des 2800 éleveurs de porcs disséminés aux quatre coins de la province. Ces artisans passionnés, dont le quart ont moins de 40 ans et font partie de la relève agricole, fournissent les meilleurs soins à leurs animaux et adoptent des mesures strictes en la matière. La nouvelle version du programme de bien-être animal, auquel les éleveurs sont tenus de se conformer, reflète les exigences du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des porcs.

Mesures visant à minimiser les risques d’apparition, de transmission et de propagation des maladies, utilisation judicieuse des antibiotiques pour en contrôler la résistance dans le cheptel porcin québécois, traçabilité de l’animal, de sa naissance jusqu’à l’abattoir… Tous ces efforts déployés pour améliorer la santé des animaux et la biosécurité profitent tant aux éleveurs qu’aux consommateurs.

« C’est prouvé, les animaux élevés dans le bien-être ont un meilleur rendement et offrent une viande de qualité supérieure »,

— David Duval, président des Éleveurs de porcs du Québec.

Lui-même évolue dans l’industrie porcine depuis près de 30 ans : « Chaque semaine, j’apprends une nouvelle façon de faire. L’industrie est en constante progression et les pratiques s’améliorent sans cesse en s’appuyant sur la science. » Tout comme Kim Loranger, David Duval élève ses truies dans les meilleures conditions. « Notre passion naît de l’interaction qu’on a avec les bêtes. Leur bien-être est important », explique-t-il.

Chaque portée le rend fier. Et ce qui le rend plus fier encore, c’est quand les citoyens l’arrêtent pour le féliciter sur la qualité de son travail et de son produit. « L’industrie porcine est un joyau agroalimentaire du Québec, dit-il. Elle génère des retombées économiques de plus de 2,55 milliards de dollars par an et procure plus de 26 500 emplois à travers la province. Les producteurs de porcs sont des gens de cœur qui gagnent à être connus et reconnus. »

Le saviez-vous ?

Les éleveurs de porcs du Québec sont responsables par nature : selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production porcine québécoise affiche une des meilleures performances environnementales de toutes les régions productrices de porcs du monde, avec un bilan carbone 31 % inférieur à la moyenne mondiale.

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