HOCKEY

Une rivalité à ressusciter

TORONTO — Les plus vieux ont eu la Série du siècle. La génération suivante, Coupe Canada 1987.

Le rideau de fer allait ensuite tomber, favorisant l’arrivée de joueurs en provenance de l’ex-Union soviétique, réduisant le mystère qui existait entre les deux plus grands pays du monde.

Pour la génération actuelle de joueurs, la rivalité entre le Canada et la Russie ne s’est donc jamais vécue sur les plus grandes scènes du hockey, dans les tournois dits « meilleurs contre meilleurs ».

Les deux pays auront la chance de relancer cette rivalité demain soir, puisqu’ils s’affronteront en demi-finale de la Coupe du monde. La Russie a obtenu son billet pour le carré d’as en battant la Finlande 3-0, hier, pour finir au deuxième rang du groupe B.

Le Canada et la Russie se sont manqués à Sotchi. Avant cela, à Vancouver et à Turin, les duels entre les deux pays avaient eu lieu en quarts de finale. Et si le duel des Jeux de 2010 représente un beau souvenir pour les partisans canadiens, la marque de 7-3 rappelle que ce n’était pas non plus un de ces duels épiques dont l’issue s’est décidée dans les derniers instants.

Quand on demande aux plus jeunes joueurs d’évoquer leurs souvenirs des duels Canada-Russie, ils doivent donc se tourner vers des tournois de moindre envergure.

« Je me souviens d’avoir vu Ilya Kovalchuk marquer à Québec [au Championnat du monde de 2008], j’étais un petit garçon et j’avais pleuré », a raconté l’attaquant Evgeny Kuznetsov.

« Ce sera un rêve que de jouer ce match. La plupart d’entre nous n’avons jamais affronté le Canada. Ce sera tout un défi, et on l’accepte ! »

— Evgeny Kuznetsov

« Mon meilleur souvenir est le Championnat du monde junior [de 2011], a répondu un autre avant, Vladimir Tarasenko. Ce sont de bons souvenirs pour nous [rires]. On est cinq, six gars de cette équipe ici. Il y a aussi eu plusieurs mauvais matchs, comme à Vancouver. »

En 2011, en grande finale du tournoi des moins de 20 ans à Buffalo, le Canada détenait une avance de 3-0 après 40 minutes. Mais au dernier vingt, Artemi Panarin avait marqué deux buts, Kuznetsov, récolté trois passes, et le Canada s’était effondré, s’inclinant 5-3.

LA RUSSIE REDORE SON BLASON

Les Jeux de Sotchi avaient représenté une déception majeure pour les Russes. Leur élimination en quarts de finale, contre la Finlande, avait jeté un froid sur ces JO.

Contrairement au Canada, quatre ans plus tôt à Vancouver, les Russes avaient été incapables de résister à la pression occasionnée par le fait de disputer un tournoi de grande envergure à la maison. C’est justement ce défi que rencontrent de nouveau Mike Babcock et ses hommes cette année.

« Je sais comment ils peuvent se sentir, j’ai joué à Sotchi et quand tout le monde s’attend à ce que tu gagnes, ça te fait subir beaucoup de pression, a admis Tarasenko. Mais je ne crois pas que ça les dérange, car ils sont expérimentés. »

Avec huit joueurs de l’édition actuelle qui étaient aussi aux JO de 2010, l’équipe canadienne a en effet vu neiger.

LA DÉCEPTION

Il a beaucoup été question hier de ce duel Canada-Russie à venir. Mais le rendez-vous manqué entre les unifoliés et l’équipe nord-américaine des moins de 24 ans faisait aussi grandement jaser.

Cette équipe époustouflante a été la sensation du tournoi jusqu’ici, son duel contre la Suède étant unanimement reconnu comme le meilleur de la première semaine d’action. Et voilà qu’en dépit d’une fiche de deux victoires et une défaite – la même que la Russie et la Suède –, les jeunots quittent déjà la Ville Reine.

C’est que la victoire que l’Amérique du Nord a acquise contre la Suède l’a été en prolongation. Les Suédois ont donc récolté un point malgré la défaite, ce qui leur vaut aujourd’hui le premier rang du groupe B. Et comme la Russie a battu les moins de 24 ans, elle a l’avantage au bris d’égalité.

Si les Nord-Américains avaient battu les Suédois en temps réglementaire, ils auraient eu l’avantage au bris d’égalité et seraient aujourd’hui demi-finalistes. Mais l’entraîneur-chef des jeunes, Todd McLellan, a admis qu’il n’avait pas rappelé à ses joueurs l’importance de gagner en 60 minutes contre la Suède.

« On a fait tout ce qu’on a pu pour gagner, a répondu l’attaquant Connor McDavid, quand il s’est fait demander hier matin si son équipe aurait joué différemment en sachant l’importance d’une victoire en temps réglementaire.

« On a joué un bon match. C’est dur de contenir une équipe comme la Suède. Ils se sont bien battus. On s’est placés en position d’avoir encore une chance et c’est tout ce qui importe. »

Cette chance est finalement restée cela. Une chance.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.