ACTIFS AU QUOTIDIEN

Cinq « X » par semaine

Mais comment fait-elle ? Souvent, voilà la première question qui surgit lorsqu’une personne arrive à concilier toutes ses obligations avec un entraînement assidu. Parce que tous les sportifs ont leurs secrets, Pause rencontre chaque semaine un mordu qui arrive à garder sa motivation, malgré les aléas du quotidien.

Quelle a été la bougie d’allumage, ou ce qui fait que vous êtes si active aujourd’hui ?

J’ai joué au basketball au secondaire, puis au cégep, parce que je faisais moins d’exercice, je me suis mise à utiliser le vélo pour me déplacer partout. Les jours où j’en faisais, je me suis mise à l’indiquer avec un « X » sur le calendrier. C’est là que je me suis fixé l’objectif de cinq « X » par semaine. C’est peut-être un peu intense, mais ça me prenait mon « X » ! Je faisais du vélo, de la course… et ce calendrier est devenu comme un journal qui m’aidait à me motiver. Ensuite, je me suis mise à enseigner la danse aérobique, alors j’étais certaine de pouvoir m’entraîner plusieurs fois par semaine !

Aussi, à un moment donné, un oncle m’a dit : « Tu t’entraînes, Christine, mais tu vas voir, quand tu vas avoir des enfants, ça ne sera plus pareil. » Je me souviens de cette phrase-là…

Ça m’a piquée un peu, on dirait !

Et puis, vous avez réussi à vous entraîner après la naissance de vos enfants ?

Quand j’ai eu les enfants, j’ai intégré la marche à mon quotidien et je planifiais ma semaine en fonction de l’exercice. Je faisais du stairmaster [un appareil d’entraînement qui reproduit la montée de marches d’escalier] pendant leur sieste, par exemple.

Quand les deux enfants étaient plus jeunes, et que le soir, c’était plus compliqué, j’allais faire de la danse aérobique ou nager avec une collègue, tous les midis. On choisissait de manger moins longtemps, mais comme on dit… choisir, c’est renoncer !

Qu’est-ce que l’entraînement vous apporte de particulier ?

Chimiquement, quand on bouge, on sécrète des endorphines et on ressent un vrai bien-être après. Le sentiment d’accomplissement aussi, c’est important.

Aussi, comme je suis de nature un peu anxieuse, ça me calme tout de suite. Si je passe deux jours de suite sans m’entraîner, je le sens. Je vais alors faire un petit jogging, et ça va mieux ensuite. Souvent, je dis que je fais le vide et que je fais le plein pendant que je cours : je règle des choses ! En revenant, tout le monde dans la famille le sait ! [rires] Mon plus vieux m’a dit il y a longtemps, une journée où ça n’allait pas : « Tu n’as pas fait tes exercices aujourd’hui, maman ! » Je me rappelle que j’en avais fait et qu’après, on avait rigolé avec ça !

L’entraînement, c’est un besoin pour vous…

Oui, mais je sens que je tombe parfois sur les nerfs des gens avec ça ! Ça a l’air facile, comme ça : j’ai 47 ans, je m’entraîne et je peux avoir l’air d’une extraterrestre. Alors parfois, j’aime mieux ne pas en parler.

Quelles sont les erreurs que vous avez commises dans votre parcours d’entraînement ?

Il y a eu une période où je voulais perdre du poids. Si je voulais prendre un verre de vin le soir, je calculais que c’était une centaine de calories. Je me suis mise à m’entraîner six fois par semaine pour manger un peu plus. Je sais, ce n’était pas très sain ! Au bout de deux mois, je me suis rendu compte que j’avais mal partout et que j’étais un peu obsédée par tout ça. Je me suis calmée un peu ! Je suis retournée à cinq entraînements par semaine – et râteler le terrain, ça compte ! – , et je suis bien comme ça. Et j’ai perdu du poids quand même !

Aussi, j’ai un jour essayé de m’entraîner très tôt le matin parce que mon horaire était particulier à ce moment-là. Je me levais à 5 h 30, et à un moment donné, j’étais hyper fatiguée ! Même si je mettais toutes les chances de mon bord en me préparant la veille, ça ne marche pas avec moi !

Quelle est votre meilleure excuse pour ne pas vous entraîner ?

Le manque de temps. À cause de mon horaire, le jeudi, j’arrive toujours fatiguée en début de session. Alors je reporte l’entraînement au vendredi. Mais il faut être créatif un peu. Récemment, je ne voyais pas quand je pouvais m’entraîner, mais en y pensant bien, au lieu de prendre la voiture, j’ai marché cinq kilomètres pour aller à une réunion et cinq kilomètres pour revenir. Mine de rien, j’ai marché 10 km !

Votre moment « wow » à l’entraînement ?

Pendant que je marche ou que je cours avec de la musique que j’aime, le bien-être est immédiat. C’est un « high » incroyable et il faut prendre conscience de ce moment-là !

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut commencer à bouger ?

Pourquoi ne pas commencer avec la marche ? Je suis quelqu’un d’assez solitaire dans mon entraînement, mais si ça nous motive, le faire à deux ou à plusieurs peut être une excellente façon de commencer. Mais surtout, je dirais de trouver un type d’exercice qu’on aime.

Qu’est-ce qui vous rend le plus fière aujourd’hui ?

Je suis fière d’avoir défié la phrase de mon oncle et d’avoir continué à m’entraîner. […] Chez nous, mon père faisait des courses de vélo jusqu’à récemment, et il a 70 ans. Je viens d’un environnement sportif, et ma grande fierté, c’est de voir que mes fils sont actifs à leur tour.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.