La Galerie, de Machine de Cirque

Une Machine bien huilée

La Galerie, spectacle acrobatique créé hier soir à la TOHU par Machine de Cirque, est une véritable ode à la créativité. Une pièce promise à un bel avenir et certainement un coup de cœur du 10e festival Montréal complètement cirque. 

Le collectif fondé par Vincent Dubé il y a cinq ans fait peau neuve. Les artistes de cirque qui ont démarré la Machine en 2015 – Ugo Dario, Maxim Laurin, Yohann Trépanier et Raphaël Dubé (ainsi que le batteur frénétique de la bande, Fred Lebrasseur) – ont cédé leur place à une nouvelle équipe (ils ont quand même agi comme conseillers artistiques).

On craignait un peu ce départ, vu la qualité de ces acrobates virtuoses (notamment de la planche coréenne et de la jonglerie), mais les huit artistes qui ont pris le relais font très bonne figure et se complètent merveilleusement bien – on pense spontanément aux voltigeurs Pauline Bonnani et Antoine Morin ou à l’homme fort Vladimir Lissouba (étonnamment agile).

On connaît Vincent Dubé – artiste de cirque et ingénieur ! – pour ses structures scéniques multifonctionnelles savamment conçues. C’est ce qu’il a fait avec La Galerie (avec la complicité de la scénographe Julie Lévesque), mais avec plus de finesse cette fois.

Nous sommes ici dans une galerie d’art dont les éléments de décor seront transformés mille fois durant le spectacle. Le metteur en scène Olivier Lépine a d’ailleurs fait un travail remarquable pour chorégraphier tous les déplacements, qui sont d’une précision toute suisse.

Dans l’esprit, on retrouve l’humour qui a marqué la première production, mais le collectif a aussi gardé l’idée d’avoir sur scène un musicien. En l’occurrence Lyne Goulet, qui est le liant de La Galerie. La charismatique chanteuse et musicienne, qui joue notamment du saxophone, est à la fois discrète et omniprésente (elle ne manque pas d’humour non plus).

Ensemble, les huit artistes multiplient les acrobaties au sol, les figures de main à main, les portées, les lancées, et autres prises de risque inutiles (comme on les aime !) avec un plaisir contagieux. Il y a en tout cas beaucoup d’audace et de créativité dans leurs numéros où ils s’amusent avec toute l’imagerie des musées (gardes, barrières, bancs, etc.).

À mi-parcours, le décor de La Galerie se déconstruit, et le cirque occupe tout l’espace. Notamment avec les numéros (fameux) de barres russes et de planche coréenne. Une façon éloquente de montrer comment le cirque (comme les arts visuels ou la musique) peut s’exprimer avec créativité.

La scène finale, où, sans craindre de se salir et dans un élan cathartique, deux des artistes se trempent les mains (et les pieds et le corps et la tête) dans la peinture et improvisent des motifs sur une immense toile, boucle la boucle. Magnifique !

À la TOHU, jusqu’au 14 juillet

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