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Le Canada ne cédera pas sur la peine de mort

Le Canada ne jettera pas aux orties les principes qui lui sont chers, notamment sa ferme opposition à la peine de mort, lorsqu’il négociera un traité d’extradition avec la Chine, affirme le premier ministre Justin Trudeau. Alors qu’il s’apprêtait à accueillir hier soir à Ottawa le premier ministre chinois Li Keqiang, M. Trudeau s’est défendu de vouloir brader des principes comme la primauté du droit dans le but d’établir de meilleures relations avec la Chine en négociant un tel traité. M. Trudeau a affirmé que le Canada demeure fermement opposé à la peine capitale, toujours utilisée en Chine, et que son gouvernement n’enverrait jamais un individu dans un pays où il pourrait être exécuté ou torturé. Le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique (NPD) ont souligné que la Chine demeure un pays où la dissidence est passible d’emprisonnement et où la peine de mort est fréquemment imposée par les tribunaux.

— Joël-Denis Bellavance, La Presse

« Les Canadiens sont fatigués des gouvernements qui se pointent du doigt », dit Trudeau

OTTAWA — Le ton monte avec Québec. Un institut de recherche suggère à Ottawa de cesser d’imposer des conditions au financement fédéral en santé. Mais la volonté du gouvernement Trudeau est claire : Ottawa a l’intention de jouer un rôle plus actif en santé. « Bien franchement, les Canadiens sont fatigués des gouvernements qui se pointent du doigt et qui s’accusent l’un l’autre de diverses défaillances [en santé] », a dit le premier ministre canadien Justin Trudeau.

Le premier ministre Trudeau affirme qu’il a « hâte d’avoir des discussions robustes et engagées » avec les provinces. « [Les Canadiens] veulent que les différents gouvernements travaillent ensemble, particulièrement sur un sujet aussi important que la santé, a-t-il dit en conférence de presse. C’est exactement ce que nous allons faire. J’ai hâte d’avoir des discussions robustes et engagées sur les façons de mieux répondre aux attentes et aux besoins des Canadiens. C’est ce pour quoi les gens nous ont élus. »

Lançant une flèche au gouvernement Harper, le premier ministre affirme qu’il veut faire respecter la Loi canadienne sur la santé. Ottawa étudie notamment la possibilité de pénaliser financièrement le Québec en vertu de cette loi dans le dossier des frais accessoires. « Le gouvernement du Canada s’engage avec les provinces pour parler de notre système de santé, ce qui n’a pas été fait depuis 10 ans », a dit le premier ministre Trudeau.

OTTAWA DOIT ÊTRE MOINS PRÉSENT, SELON L’INSTITUT FRASER

L’approche du gouvernement Trudeau ne fait pas l’unanimité : l’Institut Fraser suggère plutôt à Ottawa de cesser d’imposer des conditions aux provinces par l’entremise des transferts fédéraux en santé.

Dans une étude publiée ce matin, l’institut de recherche fait valoir que les provinces pourraient mieux innover et procéder à des réformes en santé si Ottawa mettait fin aux conditions de son financement. « Les provinces doivent avoir davantage d’espace pour innover. Consacrer plus d’argent aux problèmes des réseaux de la santé au fil des ans n’a pas réglé les problèmes », a souligné Ben Eisen, directeur des études provinciales à l’Institut Fraser, qui suggère de modifier ou d’interpréter différemment la Loi canadienne sur la santé.

L’Institut Fraser propose un gel des transferts fédéraux en santé, alors que les provinces veulent une hausse annuelle de 6 % (comme c’est le cas depuis 2004) et que le fédéral offre une hausse annuelle de 3 %. Les libéraux ont aussi promis des sommes supplémentaires (jusqu’à 1 milliard par an) dans des domaines précis comme les soins à domicile et la santé mentale. « La ministre de la Santé a reconnu que la solution était davantage d’innovation, pas davantage d’argent, a indiqué Ben Eisen. La meilleure façon de le faire est d’enlever les conditions aux provinces. Si vous voulez plus d’innovation, vous devez laisser les provinces trouver les solutions qui leur conviennent. »

Pour appuyer ses prétentions, l’Institut Fraser cite en exemple le gouvernement libéral de Jean Chrétien, qui avait mis fin aux conditions imposées avec les transferts sociaux fédéraux en même temps qu’il avait réduit du tiers ces transferts, au milieu des années 90. Selon l’institut, la proportion de Canadiens vivant de l’aide sociale est passée de 10,7 % en 1994 à 5,2 % en 2014.

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