L’été de Samuel Blais

Malgré la conquête de la Coupe Stanley, tout est à refaire pour le joueur québécois

Québec — Rares sont ceux qui ont la chance de passer un été des champions si tôt dans leur carrière. Samuel Blais n’avait que 43 matchs de saison derrière la cravate lorsqu’il a soulevé à bout de bras le trophée, en jubilant.

L’été des champions comprend cette journée magique avec la Coupe Stanley en chair et en os, si on peut dire ainsi. Blais a choisi de la rapporter chez lui, à Montmagny, pour un défilé entre l’aréna et la place publique. Le matin, le colosse de 23 ans a mangé des céréales Nesquik et bu du champagne dans la Coupe. Le soir, il a organisé une fête où le trophée occupait la place d’honneur.

« C’était une belle journée, a reconnu Blais lorsqu’on l’a croisé au Pro-Am Gagné-Bergeron à Québec. J’étais content de ramener la Coupe dans ma ville natale. Il y avait beaucoup de monde, j’étais surpris de ça. De voir le nombre de personnes qui étaient là pour moi. C’était important de la ramener chez nous. Ils m’ont appuyé tout le long de ma carrière, c’est un bonbon pour eux aussi. »

Il y a aussi des inconvénients qui accompagnent la gloire. Le plus grand étant sans doute que la préparation pour la saison à venir commence parfois avec deux mois de retard sur la compétition. Compétition, évidemment, qui n’attend qu’une occasion de servir une leçon aux champions en titre.

David Perron, d’une transparence remarquable, avait reconnu à la fin du mois de juillet qu’il n’était pas encore remis de ses blessures de guerre. Patrice Bergeron avait parlé d’une blessure récurrente à l’aine qu’il devait trouver le moyen de soigner dans le peu de temps qu’il lui restait.

Blais s’est offert quelques semaines de congé après le triomphe, mais il a lui aussi ressenti les effets d’une saison qui s’est terminée le 12 juin.

« J’avais des blessures après les séries, mais maintenant, je me sens quand même bien. C’est sûr qu’il y a des places qui font encore mal, mais ce n’est rien de majeur, je vais être prêt pour le début de la saison. Il faut que tu travailles plus fort. C’est un peu de réadaptation au début. On a joué beaucoup de hockey en séries. C’était important de prendre du repos. Maintenant, tout va bien. »

Ses preuves

L’histoire de Samuel Blais est désormais mieux connue. On a raconté l’histoire de ce match de novembre 2015 au cours duquel Bruce Richardson, alors entraîneur-chef des Tigres de Victoriaville, avait sanctionné son manque d’effort par un séjour sur le quatrième trio.

Un geste qui avait blessé Blais à l’époque, mais qui a finalement servi à créer le joueur qu’il est devenu aujourd’hui. Il devait faire sa place dans la LNH à coups d’épaule et à grand renfort d’échec avant et de séjours devant le filet adverse. La finesse seule ne lui permettrait pas de passer au niveau supérieur.

Sous les ordres de Craig Berube à St. Louis, Blais a eu sa chance. En séries, il est passé à l’autre vitesse et a créé pendant un bon moment un trio intéressant avec David Perron et Ryan O’Reilly. S’il ne remplissait pas le filet de rondelles, il démontrait au moins son ardeur au travail.

S’il bien qu’il a été rapidement, et logiquement, récompensé avec le premier contrat à un volet de sa carrière.

« On voulait régler ça vite, on l’a fait le 1er juillet. C’était important de signer ça rapidement. On voulait un contrat à un volet. C’était important, on l’a eu. Je veux connaître une bonne saison la saison prochaine pour ensuite signer un autre contrat. »

— Samuel Blais

Parce que si Blais a gagné tôt dans sa carrière, ça ne lui confirme en rien son rôle la saison prochaine. Les Oskar Sundqvist, Zach Sanford, Robby Fabbri, Robert Thomas et Ivan Barbashev, qui est toujours sans contrat, veulent ses minutes de jeu.

Pour plusieurs, la Coupe Stanley est l’aboutissement d’une vie d’efforts. Pour Blais, c’est seulement la fin d’un chapitre. Tout est à refaire l’an prochain.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.