Santé

Pas d’amputation forcée pour un sans-abri, tranche la cour

La demande d’un hôpital montréalais qui voulait amputer les jambes d’un patient grièvement blessé, contre son gré, vient d’être refusée par la justice.

L’homme, un sans-abri d’origine togolaise, a été victime d’engelures critiques début décembre, au point que la moitié inférieure de ses deux jambes était morte, nécrosée.

Les médecins de l’unité des grands brûlés du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), où il était hospitalisé, considéraient qu’il fallait l’amputer des deux jambes sous les genoux et de certains doigts pour éviter une infection. L’homme refusait catégoriquement.

Le débat s’est transporté devant la Cour supérieure entre Noël et le jour de l’An, à la demande du CHUM. L’hôpital jugeait que son patient n’était pas apte à décider pour lui-même en raison d’un problème de santé mentale.

Le juge Gérard Dugré, qui a entendu la cause, a déterminé que le patient était effectivement inapte, mais que « le CHUM n’a pas démontré que l’amputation des deux jambes sous les genoux et des doigts nécrotiques – quoique probablement inévitable – soit actuellement nécessaire ».

Le magistrat a souligné qu’on lui avait expliqué que le patient avait 50 % de risque de mourir en cas de septicémie (une infection généralisée du corps), mais qu’on ne lui avait jamais indiqué le risque de développer un tel problème.

Malgré les risques importants posés par la situation actuelle, une amputation contre le gré du patient risque par ailleurs de compromettre sa réadaptation, a ajouté le juge Dugré.

La « conviction » du patient

De façon générale, tout patient a le droit de consentir à des soins ou de les refuser – même si sa décision entraîne sa mort. Ce n’est que dans les cas où le patient est inapte à faire ce choix que les tribunaux s’en mêlent.

Malgré cette inaptitude, la perception qu’a le patient de son problème doit tout de même être prise en compte, selon Me Patrick Martin-Ménard, l’avocat du patient.

« Monsieur a témoigné à l’effet qu’il continuait à ressentir de la sensation dans ses jambes et qu’il voulait leur donner une chance. Sur le plan médical, c’est clair qu’il n’y a pas de chance que ça revienne en arrière, mais monsieur gardait cette conviction-là », a expliqué l’avocat en entrevue avec La Presse. Il s’est réjoui qu’une décision « exhaustive » soit rendue dans ce dossier.

Me Martin-Ménard a souligné que son client pouvait toujours changer d’avis et demander de subir l’opération.

Le CHUM n’a pas voulu accorder d’entrevue à La Presse.

« Le CHUM a le devoir d’offrir la meilleure qualité et sécurité de soins possible à ses patients », a simplement indiqué par courriel la porte-parole Lucie Dufresne. « Comme les autres établissements de santé, il doit obtenir l’autorisation du Tribunal pour dispenser les soins requis à un majeur inapte à consentir à ceux-ci lorsque ce dernier refuse catégoriquement de recevoir ces soins. »

L’hôpital a obtenu l’autorisation d’administrer des médicaments antipsychotiques et des antibiotiques au patient.

Le patient, seulement identifié par ses initiales K.D., s’est infligé ces graves engelures après s’être refugié dans une maison abandonnée de la Montérégie. Il aurait été « abandonné sur la route dans les environs de Yamaska » par un étranger qu’il aurait rencontré dans un bus reliant Longueuil à Sorel.

Brossard

La police saisit des chiens victimes de négligence

Une vingtaine de chiens victimes de négligence ont été pris en charge hier par le ministère provincial de l’Agriculture après une visite de la police dans une résidence de Brossard.— Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

Espace aérien du Canada

Des règles plus sévères pour l’utilisation des drones

Le gouvernement fédéral a dévoilé les détails d’une nouvelle réglementation plus stricte encadrant l’utilisation de drones dans l’espace aérien au pays.

Il sera désormais interdit de faire voler ces engins près des aéroports et des lieux d’intervention des services d’urgence. La nouvelle réglementation entrera en vigueur le 1er juin. Tous les pilotes faisant voler des aéronefs télépilotés pesant entre 350 g et 25 kg devront se conformer aux nouvelles règles.

Lors d’un passage à Montréal, le ministre des Transports, Marc Garneau, a détaillé hier les nouvelles dispositions. Les drones devront être immatriculés et respecter une altitude maximum de vol de 122 m (400 pi) au-dessus du sol. Des amendes pouvant atteindre 25 000 $ seront prévues pour les fautifs, voire une peine d’emprisonnement ou les deux.

« Notre intention n’est pas de contrôler le nombre de drones au pays, a assuré le ministre Garneau. Nous voulons plutôt que tout le monde respecte les règles. »

Un millier d’incidents

Afin de s’assurer du respect des règles, le gouvernement fédéral entend augmenter ses ressources en matière de drones. Encore hier, un drone a perturbé des vols à l’aéroport Heathrow de Londres. En octobre dernier, un avion a frôlé la catastrophe à l’aéroport international Jean-Lesage, à Québec, quand un drone a percuté l’aile droite juste avant son atterrissage. On recense plus d’un millier d’incidents par année dans les aéroports au Canada.

Au gouvernement fédéral, on assure avoir consulté les principaux acteurs de l’industrie pour en venir à un règlement définitif. Les nouvelles règles s’inspirent largement de celles instaurées aux États-Unis. Elles prévoient deux catégories d’opérations de drones : de base et avancées.

Le gouvernement a par ailleurs mis en ligne un formulaire de dénonciation à l’intention de la population pour les incidents de drones. En 2018, on estimait à 153 000 le nombre d’utilisateurs de drones à des fins récréatives, nombre qui devrait passer à 244 675 utilisateurs d’ici 2025, selon les estimations gouvernementales.

Perquisitions au Québec et au Nouveau-Brunswick

La police souhaite la bonne année aux Hells

La tourtière n’est pas encore complètement digérée ni le mousseux cuvé que, déjà, la police envoie aux Hells Angels ses vœux pour la nouvelle année, qui s’annonce fertile en rebondissements.

Après la section de Trois-Rivières, ciblée par des perquisitions en cours d’enquête l’automne dernier, voilà que celle des Nomads du Nouveau-Brunswick s’est retrouvée hier dans le collimateur des enquêteurs de l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO). Chapeautée par la Sûreté du Québec, l’ENRCO a pour mandat de s’attaquer aux têtes dirigeantes des organisations criminelles de la province. 

Environ 150 policiers ont perquisitionné dans une trentaine de maisons, commerces et véhicules à Longueuil, Brossard, Drummondville, Scott, Mascouche, Blainville, Sainte-Marguerite-de-Dorchester, Saint-Jérôme, Edmundston et Sainte-Anne-de-Madawaska, ces deux dernières municipalités étant au Nouveau-Brunswick.

Personne n’a été arrêté. Il s’agissait de perquisitions effectuées en cours d’enquête. Selon nos informations, les résidences des jumeaux Éric et Yannick Blanchette, de Kaven Langlois et de Daniel Beaulieu figurent sur la liste des résidences visées. 

Présumée tête dirigeante

Beaulieu, 60 ans, est soupçonné par la police d’être la tête dirigeante de l’un des réseaux de trafic de drogue visés hier matin. Il est membre des Hells Angels et l’un des fondateurs de la récente section du Nouveau-Brunswick, parrainée par des motards du Québec. Au moment où les policiers ont perquisitionné dans ses deux maisons du Nouveau-Brunswick, hier matin, ils ont appris que le motard se trouvait dans un hôtel de Joliette et se sont rendus sur place. Ils ont obtenu un mandat pour fouiller la chambre de Beaulieu, qui a dû patienter quelques heures avant de récupérer ses effets personnels. 

Daniel Beaulieu avait bénéficié d’un arrêt du processus judiciaire vers la fin des mégaprocès de l’enquête SharQc en 2015, et il poursuit le Procureur général du Québec, le Directeur des poursuites criminelles et pénales et la Sûreté du Québec pour une somme de 16 millions.

En 1994, il avait été condamné dans une retentissante affaire de complot visant à importer 740 kilogrammes de cocaïne au Québec impliquant les Hells Angels et des individus liés à la mafia, dont Raynald Desjardins. La Gendarmerie royale du Canada avait éventé le complot et les malfaiteurs avaient jeté à la mer neuf tuyaux qui contenaient la cocaïne au large de la Nouvelle-Écosse.

Beaulieu, qui a été membre de la section de Québec avant de porter les couleurs de celle du Nouveau-Brunswick, était l’un des responsables de l’ancien local des motards à Charny, près de Québec, démoli après l’opération SharQc. 

Les jumeaux Blanchette, d’anciens Dark Souls, ont peu à peu gravi les échelons de l’organisation. Les deux seraient actuellement membres de la section des Hells Angels Nomads du Nouveau-Brunswick. Les frères avaient été arrêtés pour trafic de cocaïne en République dominicaine en 2012.

Enfin, Kaven Langlois était « prospect » des Hells Angels avant d’être arrêté dans l’opération SharQc en avril 2009. Il a fait partie du groupe des 31 accusés libérés pour délais déraisonnables en 2011. Par la suite, il a fait partie d’au moins deux sections des Red Devils avant d’aboutir dans celle du Nouveau-Brunswick. 

L’enquête d’hier matin concerne un réseau de trafic de stupéfiants lié aux Hells Angels et qui dessert les régions de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent, des Îles-de-la-Madeleine et du Nouveau-Brunswick.

Cette investigation, dont on ne connaît pas encore le nom, rappelle le projet Objection grâce auquel l’ENRCO a démantelé au moins trois réseaux de trafic de stupéfiants liés aux Hells Angels l’an dernier et envoyé plusieurs individus, dont des membres, derrière les barreaux.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.caou écrivez à l’adresse postale de La Presse

Thalidomide

Ottawa assouplit son programme d’aide aux survivants 

Ottawa a finalement lancé hier son nouveau programme de soutien aux survivants de la thalidomide, ce médicament utilisé dans les années 50 et 60 comme antinauséeux chez les femmes enceintes et qui a causé de graves malformations chez des centaines de Canadiens. Le gouvernement fédéral avait promis en février 2018 d’élargir les critères d’admissibilité du Programme de contribution pour les survivants de la thalidomide. « C’est une très bonne nouvelle. J’en suis très heureuse », a lancé la Trifluvienne Claudie Briand, qui menait un combat depuis plusieurs années pour être reconnue comme une victime de la thalidomide. Les détails du nouveau programme ne seront toutefois annoncés qu’au printemps. « On ne sait pas encore concrètement quel sera l’assouplissement des critères, s’inquiète la survivante. Mon cas est réglé, mais j’espère que les autres vont pouvoir être reconnus comme victimes. » Le programme mis en place en 2015 prévoyait un versement unique de 125 000 $ aux victimes et une pension annuelle pouvant atteindre 100 000 $. Le gouvernement exigeait certains documents, notamment la preuve que la mère du demandeur avait pris le médicament au cours du premier trimestre de grossesse.

Le Soleil et Le Nouvelliste

La mairesse Plante entreprend une tournée des régions en Abitibi

La mairesse Valérie Plante entreprend une tournée des régions. Premier arrêt : sa ville natale, Rouyn-Noranda, en début de semaine prochaine. Valérie Plante a annoncé hier matin qu’elle comptait se rendre au cours des prochains mois dans plusieurs régions de la province. Elle commence sa tournée lundi et mardi par une visite de deux jours en Abitibi-Témiscamingue, d’où elle est originaire. Elle rencontrera notamment son homologue de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire. La mairesse de Montréal dit vouloir profiter de cette tournée pour bâtir des ponts avec les villes de région et mieux comprendre les enjeux auxquels elles font face. Elle dit vouloir faire écho à leurs préoccupations, elle qui bénéficie d’une meilleure tribune en dirigeant la principale ville de la province.

— Pierre-André Normandin, La Presse

Affaire Huawei

Le Canada comparé à un « suprémaciste blanc » par l’ambassadeur de Chine

L’ambassadeur de Chine à Ottawa soutient que le Canada et ses alliés occidentaux se comportent comme des « suprémacistes blancs » lorsqu’ils exigent la libération de deux Canadiens emprisonnés depuis le mois dernier par Pékin. Des observateurs estiment que l’accusation de l’ambassadeur Lu Shaye témoigne de la corde sensible que le gouvernement Trudeau a touchée au sein du gouvernement communiste en gagnant à sa cause d’importants alliés internationaux. Le département d’État américain a demandé la libération de Michael Kovrig et de Michael Spavor, tandis que l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Union européenne et l’Australie ont également publié des déclarations de soutien. Dans un article d’opinion publié hier par le respecté Hill Times, qui se consacre à la politique fédérale, l’ambassadeur de Chine se demande si des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni sont vraiment représentatifs de la communauté internationale. Il reprend par ailleurs la rhétorique de son gouvernement selon laquelle les pays occidentaux appliquent à la Chine un « deux poids, deux mesures » lorsqu’ils portent un jugement sur ce pays. 

— La Presse canadienne

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