Honda Ridgeline

Benne à tout faire

Après les autos qui fusionnent les genres, voici le « camion » qui les additionne. Le Honda Ridgeline propose une conception ingénieuse de la polyvalence. Au gré de ses métamorphoses, il peut tracter de lourdes charges, emmener toute la petite famille en voyage ou encore déménager le sofa de cousine Margot. Le véhicule idéal ?

Un secret (trop) bien gardé

Le Honda Ridgeline illustre sans équivoque que les utilitaires sont de plus en plus détournés de leur raison sociale. Et que l’avenir de l’automobile passe aussi par un mélange des genres pour satisfaire les besoins hétéroclites des consommateurs. Ces derniers, hélas, butent contre son apparence (trop camionnette pour les uns, pas assez pour les autres) et son prix élevé, ce qui explique pourquoi Honda n’en vend pas des tonnes.

Soucieux de simplifier sa production (et son achat), le constructeur japonais limite son offre à une seule carrosserie et à un plateau aux dimensions uniques. Une décision qui ne plaît pas beaucoup aux acheteurs traditionnels de camionnettes. Ces derniers préfèrent consacrer des heures, voire des jours et des semaines, à configurer – au prix fort – la camionnette de leurs rêves (rarement dans les stocks des concessionnaires) pour obtenir des performances (dans le sens large) dont ils n’ont absolument pas besoin. À réfléchir avant de dire que le Ridgeline ne correspond pas à vos besoins.

Le Ridgeline a été conçu selon le principe du dédoublement de personnalité. Son aspect costaud force le trait : grosses roues, museau faussement agressif rehaussé par des baguettes de nickel, plateau accueillant et rempli d’astuces (voir vidéo) derrière la cabine. Pouvant transporter jusqu’à 717 kg de charge, celui-ci peut être protégé par une élégante et rigide bâche noire (1878,26 $) communément appelée « tonneau cover » ou, plus rigolo encore, par une tente (685,33 $).

De nombreux autres accessoires (galerie de toit, notamment) figurent au catalogue de ce modèle et ajoutent à son incroyable polyvalence. On pense par exemple à cette possibilité d’escamoter les assises de la banquette (voir nos photos de l’intérieur) pour maximiser le volume utilitaire. Ainsi configuré, l’habitacle du Ridgeline peut par exemple contenir un téléviseur à écran plat de grande taille, à la condition de pouvoir composer avec l’angle d’ouverture plutôt étroit des portières antérieures.

Les occupants, eux, ne trouveront pas à redire. Ils accéderont à des places confortables et suffisamment dégagées. Rien à voir avec le confort rustique et l’espace étriqué de certains concurrents qui plantent trop souvent les dossiers trop à la verticale ou tronquent les assises.

Pour ajouter au confort des occupants, le Ridgeline habille son intérieur de matériaux solides et impeccablement ajustés auxquels il ne manque en fait qu’un soupçon d’originalité, tellement la présentation intérieure semble une photocopie des autres modèles de la marque. Autre motif d’insatisfaction : l’écran central, trop petit et peu convivial.

Quant à la benne, elle comporte une foule de rangements pratiques. Ceux-ci, taillés dans son plancher et ses parois, permettent de recevoir de menus articles comme des câbles de survoltage, des boissons (voir vidéo) ou tout ce qui peut vous passer par la tête. Le battant, qui pivote sur deux axes (horizontal ou vertical), s’ouvre sur un plateau un peu haut en raison de la configuration de la suspension arrière.

Tâches multiples

Comme bien des produits concurrents, le Ridgeline est le produit d’une photocopieuse. Le châssis rigide sur lequel sa carrosserie est déposée dérive très étroitement de la même plateforme que le Pilot (et l’Odyssey et le MDX). Une architecture robuste qui permet notamment au Ridgeline de tracter plus de 2000 kg sans avoir recours à une kyrielle d’options. C’est moins que le Colorado (Chevrolet) ou le Tacoma (Toyota), mais cela se compare très avantageusement aux utilitaires les plus costauds sur le marché.

Dans un environnement urbain, ce véhicule – plus compact qu’il ne paraît – n’est pas trop pataud malgré son rayon de braquage excessivement large. Mais dès que l’on sort de la ville, les choses s’améliorent. Sur route, le Ridgeline se comporte comme une auto… Puissant et vif à bas régime, le moteur de 3,5 L qui l’anime est efficace et surclasse tous ses rivaux au chapitre de la consommation de carburant. Il pourrait faire mieux encore si cette mécanique pouvait compter sur un nombre accru de rapports dans la boîte qui l’accompagne. Pour l’heure, celle-ci n’en compte que six, mais ils ont le mérite de se faire oublier.

L’autre – bonne – surprise, c’est du côté du comportement routier qu’elle se trouve.

S’il y a longtemps que vous n’avez pas posé les fesses dans une camionnette ou que vous nourrissez des préjugés à son égard, vous serez assurément surpris.

En fait, inutile de charger un tant soit peu la benne pour obtenir un comportement décent au volant de la nouvelle mouture. La caisse est rigide, prend peu de roulis et donne confiance à celui ou celle qui se trouve au volant. Le Ridgeline procure des sensations saines. La direction, à crémaillère et non plus à billes, se révèle précise, directe et correctement assistée. Et même si les saignées et les imperfections de la chaussée la font parfois légèrement bondir (benne vide), cette camionnette procure un confort étonnant. Stable, le Ridgeline n’exige pas de nombreuses corrections du volant, même si Éole souffle sur ses parois extérieures.

Le système de freinage est un classique du genre (disques à l’avant et à l’arrière) doublé d’un dispositif antiblocage (ABS) aux quatre roues. Son efficacité dans des conditions normales s’avère excellente, mais les distances d’arrêt demeurent plutôt longuettes.

Devant les véhicules faussement utilitaires qui pullulent sur le marché, le Ridgeline tient ses promesses. Intelligemment conçu, fonctionnel, pratique à souhait, ce véhicule représente sans doute l’un des secrets les mieux gardés de l’industrie. De plus, il permet de rouler différemment. Précieux par les temps qui courent.

Fiche technique/Honda Ridgeline

L’essentiel

Marque/modèle : Honda Ridgeline

Fourchette de prix : de 40 790 $ à 49 790 $

Frais de transport et de préparation : 1923 $

Garantie de base : 36 mois/60 000 km

Consommation réelle : 11,4 L/100 km

Chez les concessionnaires : maintenant

Concurrentes : Chevrolet Colorado, Nissan Frontier, Toyota Tacoma

Technique

Moteur : V6 SACT 3,5 L atmosphérique

Puissance : 280 ch à 6000 tr/min

Couple : 262 lb-pi à 4700 tr/min

Poids : 2034 kg (version Sport)

Rapport poids/puissance : 7,26 kg/ch

Mode : intégral

Transmission de série : automatique 6 rapports

Transmission optionnelle : aucune

Diamètre de braquage : 13,5 m

Freins (av.-arr.) : disque-disque

Pneus (av.-arr.) : 245/60 R18

Capacité du réservoir : 74 L

Essence recommandée : ordinaire

Capacité de remorquage : 2268 kg

On aime

Consommation raisonnable

Prise en main aisée

Fonctionnel et ingénieux

On aime moins

Prix élevé

Polyvalence limitée

Angle d’ouverture des portières

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