Analyse  

Le fantôme de Pelle

Le 11 novembre 1985, quelques mois après avoir remporté le trophée Vézina, Pelle Lindbergh s’est tué dans un accident de la route. Depuis, c’est comme si son fantôme refusait qu’un autre gardien prenne sa place devant le but des Flyers.

Qui sera devant le filet des Flyers à la fin du deuxième match de la série contre les Penguins, ce soir à Pittsburgh ? Brian Elliott ou Petr Mrazek ? Michal Neuvirth ? Peut-être Alex Lyon ? Croyez-vous que ça changera quoi que ce soit ?

Depuis Pelle Lindbergh, 43 gardiens se sont succédé devant la cage à Philadelphie. Le Suédois avait mené les Flyers en finale le printemps qui a précédé sa mort, et c’est également ce qu’a fait Ron Hextall, deux ans plus tard. Alors une recrue, Hextall a même remporté le Vézina et le Conn-Smythe dans une cause perdante contre les puissants Oilers. Son jeu a toutefois régressé dans les années suivantes, puis le bouillant cerbère a fait partie de la mégatransaction impliquant Eric Lindros.

Depuis ce temps, les très rares « succès » des Flyers devant le but ont été éphémères. Ça se compte en semaines ou en mois, certainement pas en saisons.

Ils ont pourtant tout essayé, les pauvres Flyers. Le marché des joueurs autonomes, comme en 1998 avec John Vanbiesbrouck. Le « Beezer » a joué deux saisons à Philadelphie avant d’être chassé par les partisans du club. Des premiers choix ont été investis. Brian Boucher a connu une carrière correcte, Maxime Ouellet a joué en tout et pour tout 76 minutes avec l’équipe.

Les Flyers ont regardé du côté de l’Europe, ce qui a donné Tommy Soderstrom, Antero Nittymaki et Roman Cechmanek, qui, lui, était vraiment européen. Qui ne se souvient pas de l’avoir vu bondir pour arrêter la rondelle avec sa tête ? Ou lorsqu’il décidait tout bonnement de quitter son but avant que la période ne finisse ? Que de souvenirs.

En 2003-2004, les Flyers ont obtenu non pas un, mais bien deux vétérans aguerris : Jeff Hackett et Sean Burke. Le premier a joué 27 matchs, le second, 15. Il y a eu Garth Snow et son armure. Ray Emery et Martin Biron. Robert Esche, la définition même de « bof ». Johan Backlund a été utilisé pour deux périodes, Jeremy Duchesne pour une.

Il y a huit ans, le combo Boucher-Michael Leighton a « permis » aux Flyers d’accéder à la finale. Ça ne s’est pas très bien terminé pour eux. 

Lorsqu’on dit d’un angle impossible…

L’année suivante, Sergei Bobrovsky est arrivé. Mais les Flyers ont cru que c’était une bonne idée de le donner aux Blue Jackets avant qu’il ne gagne ses deux trophées Vézina. Ils pouvaient ainsi laisser toute la place à Ilya Bryzgalov et son contrat de 42 millions. Un peu cher payé pour 99 matchs, mais les Flyers ne lui devront plus un sou dans deux ans (non, ce n’est pas une blague).

Qui ne se souvient pas de ce bijou au premier tour éliminatoire d’il y a deux ans ?

C’est le legs de Steve Mason à Philadelphie : un bon fou rire.

Et là, le gâchis actuel. Comment espérer vaincre Crosby, Malkin, Kessel et les Penguins avec une collection de gardiens qui devraient tous être réservistes ? L’espoir Carter Hart sera peut-être un jour la solution, mais Braden Holtby, ça ne leur tenterait pas, cet été ?

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