NeoArctic

L’anthropocène mis en scène, en images, en sons

Le concept multidisciplinaire NeoArctic est né de la collaboration entre artistes, scientifiques et environnementalistes recrutés à travers diverses rencontres internationales sur l’état de notre planète. Cette production visionnaire évoque artistiquement les changements climatiques, l’érosion des sols, le déclin de la biodiversité, l’urbanisation sauvage, la numérisation de toutes les activités de l’esprit, et plus encore.

La planète évolue à l’âge de l’anthropocène, qui désigne cette période relativement récente marquée par l’intervention humaine sur les écosystèmes.

Imaginée par la compagnie d’art multidisciplinaire Hotel Pro Forma de concert avec le Latvian Radio Choir, NeoArctic explore l’anthropocène à travers la musique électronique, la projection 3D et la voix humaine. 

Le projet réunit des artistes de réputation internationale : la directrice artistique, metteure en scène et scénographe danoise Kirsten Dehlholm, les chanteurs du Latvian Radio Choir, le réalisateur électro et compositeur anglais Andy Stott, le poète, romancier et parolier islandais Sjón, autrefois membre du groupe The Sugarcubes. Les éclairages ont été conçus par Jesper Kongshaug, à qui l’on doit une installation lumineuse au Kennedy Center (Washington DC) devenue célèbre lorsqu’elle fut diffusée dans le générique de House of Cards.

Un projet de longue haleine

Très coté auprès des férus d’électro (notamment pour ses passages au festival Mutek et ses excellents albums Too Many Voices, Faith in Stangers et Luxury Problems), Andy Stott a accepté de nous expliquer le processus de création sonore de NeoArctic. 

« Je jouais à Copenhague et Kirsten Dehlholm, qui pilote ce projet depuis ses débuts, a pris contact avec moi. Elle avait déjà alors des idées musicales, en plus de la mise en scène et de tous ses compléments visuels. Elle croyait que ma musique pourrait parfaitement s’y marier. J’ai décidé de le faire », explique le musicien, joint dans la région de Manchester où il habite.

Ainsi, Andy Stott a construit ses musiques avec les textes de l’Islandais Sjón, ex-membre des Sugarcubes, avec qui Björk a fait ses débuts professionnels.

« On m’a transmis des idées musicales préliminaires afin que je développe les miennes, après quoi j’ai transmis les premières ébauches, musiques et textes réunis. Puis le chœur a adapté les premières versions de mon travail. »

« Lorsque j’ai écouté ce premier enregistrement du Latvian Radio Choir, je n’en croyais pas mes oreilles ! J’ai été ébloui et d’autant plus motivé à poursuivre le travail. »

— Andy Stott

Issu de la mouvance électronique, Andy Stott a des connaissances musicales relativement limitées en harmonie, contrepoint, polyphonie, arrangements et orchestrations. Comment a-t-il pu faire en sorte que son travail puisse se concrétiser dans un chant choral de haute tenue ?

« J’ai été en mesure de prendre en compte les enregistrements préliminaires du chœur et d’y ajouter des couches de sons. Lorsque je suis passé à la deuxième étape du travail, soit celle de la composition finale, toutes mes propositions sonores avaient été transcrites en partitions pour les choristes. Cela m’a permis d’émonder certains éléments synthétiques et de mettre en valeur le travail harmonique et mélodique du chœur. Du coup, cela a permis une approche plus organique, sans pour autant perdre les qualités originelles de la facture électronique. »

Ainsi, les chanteurs du Latvian Radio Choir se présentent sur scène avec des sons préenregistrés plutôt qu’une intervention électronique ou instrumentale en temps réel, tout en reproduisant vocalement certains éléments texturaux du travail électro originel, de concert avec la trame musicale.

« J’ai assisté à la première de NeoArctic ; je n’ai jamais vu quelque chose de la sorte. Très impressionnant ! Nous sommes passés du synthétique à l’organique. Les écoutes du travail subséquent m’ont semblé fascinantes, d’une approche très contemporaine. Chaque membre de ce chœur est hyper talentueux. »

Lorsque l’anthropocène est mis en scène, en images, surtout en sons…

Au Théâtre Maisonneuve, ce soir, 20 h, dans le cadre du Printemps nordique

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