Mon clin d’œil

« Est-ce que ça veut dire que je dois laisser tomber mon idée de photo pour ma carte de Noël : moi, déguisée en Vierge Marie, avec dans mes mains l’ancien crucifix de l’Assemblée nationale ? »

— Catherine Dorion

Opinion

L’indépendance renouvelée : se réapproprier le progressisme

En fin de semaine se déroulera le Congrès national extraordinaire du Parti québécois visant à moderniser l’approche et le fonctionnement du parti.

Le contexte social et politique ainsi que ma ferme conviction que l’ensemble des souverainistes doivent s’approprier à nouveau le progressisme m’amènent aujourd’hui à faire partager ma vision de l’avenir du PQ et du projet de souveraineté. 

Je perçois le Parti québécois comme étant celui de mon grand-père. Il va de soi que j’ai un sentiment d’attachement à son endroit et que ça me désole de le voir dans son état actuel.

Un projet bien vivant

Le projet d’indépendance a toujours toute sa pertinence et a un immense potentiel de mobiliser notre nation. Sans s’autoproclamer souverainistes, plusieurs Québécoises et Québécois expriment la volonté d’être maîtres chez nous. Lorsque ces individus sont dans la rue pour s’opposer à la construction d’oléoducs au Québec, ils manifestent clairement une volonté de souveraineté territoriale. Lorsqu’ils sont en colère de voir le fédéral contredire nos souhaits, nos lois et nos compétences, comme le refus inexplicable d’avoir une déclaration de revenus unique gérée par Québec, ils réclament une souveraineté législative. 

Aujourd’hui, il y a une fierté québécoise retrouvée, une volonté grandissante de faire la promotion de la langue française ; il y a une conscience de l’opposition entre les intérêts du Québec et ceux du Canada dans plusieurs dossiers, et il y a la remontée du Bloc québécois. Manifestement, la table est mise pour une discussion sérieuse sur le projet de souveraineté.

Une image à refaire

Oui, j’appuie fortement la présence d’un parti ouvertement souverainiste à l’Assemblée nationale.

Cependant, il était fort temps que le PQ tienne ce congrès, car il a perdu sa pertinence dans plusieurs débats d’actualité.

Tant mieux s’il reconnaît sa déconnexion face à une grande partie de la population et qu’enfin, il se remette en question.

Bien que l’indépendance soit un projet fondamentalement progressiste, ce dernier est malheureusement collé à une image de conservatisme et d’immobilisme. Selon moi, le PQ, malgré sa volonté de se montrer plus inclusif, a contribué à cette image en tendant vers un conservatisme social dans certaines de ses positions, notamment en demandant à la CAQ d’aller encore plus loin que sa proposition initiale dans le cadre de la loi sur la laïcité. 

À mon avis, le parti doit être prêt à faire des compromis, notamment sur les positions plus identitaires d’une partie de sa base militante. Il doit revoir sa structure interne pour la rendre plus efficace et mobile. Il doit élire un chef ouvert et porteur de cette vision. 

Bien que le PQ soit le parti de mon grand-père à mes yeux, cela ne veut pas dire que la souveraineté ne doit pas évoluer. Au contraire, même mon grand-père reconnaissait l’importance de suivre la modernisation du Québec et ainsi que le mouvement souverainiste s’adapte.

Remettons les pendules à l’heure : le conservatisme, c’est la volonté de demeurer dans le statu quo, dans les structures et les traditions déjà établies, parfois par peur, parfois par habitude.

Le progressisme, c’est se défaire des anciennes mœurs, c’est se libérer de nos chaînes pour évoluer et réaliser notre idéal sur notre territoire. Le progressisme, c’est l’indépendance. 

Les droits des minorités peuvent et doivent être respectés dans un Québec souverain. Nous devons rebâtir une crédibilité économique, notamment en misant sur nos ressources, en investissant dans nos entreprises québécoises et en reconnaissant l’apport historique et actuel des organisations syndicales. Nous devons remplacer la notion de la protection du français par un travail de valorisation et de promotion de la langue française. Nous devons mettre l’environnement au cœur de nos priorités.

La souveraineté ne doit pas être notre seul projet ni une fin en soi. Nous, les souverainistes, devons miser sur un discours ouvert, rassembleur et inclusif et proposer des projets concrets qui démontreront l’importance d’être maîtres chez nous.

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