Chili

75 000

Nombre estimé de manifestants qui ont pris part à un rassemblement pacifique à Santiago, au Chili, pour protester contre le gouvernement. La marche a été suivie de heurts entre contestataires et policiers et de l’incendie d’une université. Trois semaines après son déclenchement, le mouvement social contre le président libéral Sebastián Piñera ne faiblit pas. — AFP

Royaume-Uni

Deux adolescents de 15 ans parmi les victimes du camion charnier

Deux adolescents de 15 ans figurent parmi les 39 migrants vietnamiens retrouvés morts à la fin d’octobre dans un camion frigorifique près de Londres, dont les noms ont été publiés vendredi par la police britannique. Ces 31 femmes et 8 hommes, dont les corps ont été retrouvés le 23 octobre dans un conteneur, ce qui a provoqué horreur et indignation dans le pays, sont originaires de sept provinces différentes au Viêtnam – 20 de ces migrants proviennent de la seule province de Nghê An et 10 de celle de Hà Tinh. « Notre priorité a été d’identifier les victimes, de préserver la dignité de ceux qui ont perdu la vie et de soutenir les amis et les familles des victimes », a dit le responsable britannique de l’enquête, Tim Smith, dans un communiqué. Les familles endeuillées ont été prévenues et attendent maintenant le rapatriement des corps, dont la découverte avait provoqué une vive émotion et mis en lumière les voies migratoires clandestines très organisées entre le Viêtnam et l’Europe. 

— Agence France-Presse

Irak

Troisième vendredi de manifestations, le bilan s’alourdit

Des milliers de manifestants se sont rassemblés en Irak pour le troisième vendredi consécutif de mobilisation contre leurs dirigeants, de leur côté déterminés à se maintenir et à en finir avec un mouvement de contestation qui paralyse des infrastructures vitales. Au total, près de 300 personnes, en majorité des manifestants, ont péri et des milliers ont été blessés dans des violences et lors de rassemblements depuis le début le 1er octobre du mouvement, inédit par son caractère spontané, son ampleur et sa longévité. « Le poste d’[Adel] Abdel Mahdi [le premier ministre] signifie plus pour lui que le sang des Irakiens », a lancé un dignitaire tribal venu de Nassiriya, à 300 km au sud de Bagdad, pour manifester sur l’emblématique place Tahrir de la capitale. En fin de journée, des affrontements ont opposé les forces de sécurité aux manifestants, au lendemain de la mort de six personnes dans des heurts la veille. Des unités de l’armée ont tiré des gaz lacrymogènes sur des groupes de manifestants le long de la rue al-Rachid, l’une des avenues les plus célèbres de Bagdad. 

— Agence France-Presse

Allemagne

Mike Pompeo semonce la Russie et la Chine

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a fait une mise en garde vendredi contre la Russie, qui « envahit ses voisins » et « tue ses opposants politiques », et la Chine, accusée de porter une « nouvelle vision de l’autoritarisme ». Il a aussi estimé que l’OTAN, qu’Emmanuel Macron a jugée en état de « mort cérébrale », courait « le risque de devenir obsolète » si les dirigeants ne respectaient pas leurs engagements, en particulier en matière de financement. « Nous ne pouvons jamais tenir ces choses pour acquises », a-t-il fait valoir dans un discours à Berlin, à la veille de la célébration du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Sur le sujet épineux du financement, il a salué, dans une autre intervention vendredi, la volonté affichée du gouvernement allemand d’augmenter sa contribution. « Nous avons besoin que tout le monde travaille ensemble pour s’assurer que [l’OTAN] reste une force puissante, pour le bien dans le monde », a-t-il déclaré au côté d’Angela Merkel, avant de s’entretenir avec la chancelière allemande. 

— Agence France-Presse

Brésil

Libéré, Lula promet de « continuer à lutter » 

L’ex-président brésilien Lula a été libéré vendredi, acclamé à sa sortie de prison à Curitiba par une marée rouge de militants de gauche, auxquels il a promis de « continuer à lutter » pour le peuple brésilien.

Luiz Inácio Lula da Silva a été remis en liberté au lendemain d’un arrêt de la Cour suprême qui touche des milliers de détenus, après plus d’un an et demi d’incarcération.

Portant une veste sombre sur un T-shirt, Lula, 74 ans, est sorti à pied, souriant au côté de sa nouvelle compagne, la sociologue Rosangela da Silva, embrassant chaleureusement des sympathisants et saluant la foule d’un poing levé.

Des milliers de militants l’ont acclamé, certains en larmes, devant le siège de la Police fédérale de Curitiba, où il purgeait une peine de huit ans et dix mois de prison pour corruption.

Combatif, il a rapidement harangué la foule de sa voix rauque. « Je veux continuer à lutter pour améliorer la vie du peuple brésilien », a-t-il dit, attaquant d’emblée le gouvernement du président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

« Le peuple a de plus en plus faim, il est au chômage, le peuple travaille pour Uber ou livre des pizzas », a lancé Lula, qui avait pu, au cours de ses deux mandats (2003-2010), extraire près de 30 millions de Brésiliens de la pauvreté dans une période de forte croissance économique.

Vous avez apporté « la démocratie dont j’avais besoin pour résister aux canailles du côté pourri de l’État brésilien, de la justice brésilienne, qui a tout fait pour criminaliser la gauche », a poursuivi Lula, dont le discours a été interrompu à plusieurs reprises par des « Lula, je t’aime ! ».

clivage 

Après ce premier bain de foule à Curitiba, Lula doit aller samedi près de São Paulo, au syndicat des métallurgistes de São Bernardo do Campo, où il était resté retranché avec ses partisans avant de se rendre aux autorités pour commencer à purger sa peine en avril 2018.

Au-delà de l’ex-président de gauche, d’autres détenus pourraient bénéficier de l’arrêt pris jeudi soir par la Cour suprême : ils sont près de 5000 à être concernés par cette décision qui sera appliquée au cas par cas et change radicalement l’application des peines au Brésil.

Sur un score serré de six voix contre cinq, les magistrats de la haute cour ont mis fin tard jeudi à une jurisprudence selon laquelle une personne peut être emprisonnée avant l’épuisement de tous ses recours si sa condamnation a été confirmée en appel, comme c’est le cas pour Lula.

Adulé par une partie des Brésiliens fascinés par cet ex-ouvrier métallurgiste arrivé au sommet de l’État, Lula est aussi détesté par une partie de la population pour qui il incarne la corruption de grande ampleur qui mine le Brésil.

— Agence France-Presse

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