Éliminatoires de la NFL

Ne bat pas Brady qui veut !

Les Buccaneers, les Bills et les Rams passent au deuxième tour

Les trois premiers matchs des séries éliminatoires de la NFL ont été disputés samedi. L’intérêt pour le dernier des trois, qui opposait les Buccaneers de Tampa Bay à l’équipe de Washington, a toutefois considérablement diminué lorsqu’on a appris qu’Alex Smith le raterait en raison de sa blessure à un mollet.

C’est le très peu connu Taylor Heinicke qui a remplacé Smith comme quart-arrière de Washington et il a offert une performance inspirée. Mais l’écart de talent entre son équipe et les Buccaneers était un peu trop grand, et ces derniers l’ont emporté 31-23.

Heinicke n’était même plus dans la NFL avant d’être embauché par Washington le 8 décembre. N’ayant jamais été repêché, il avait fait partie de quelques équipes de la NFL, dont les Panthers de la Caroline avec lesquels il avait amorcé un match en 2018. C’est d’ailleurs en Caroline que Ron Rivera, l’entraîneur-chef de Washington, avait fait sa connaissance. Avant de s’amener dans la capitale américaine, Heinicke terminait ses études à l’Université Old Dominion.

Samedi soir, Heinicke a réussi 26 de ses 44 passes pour 306 verges, lui qui a momentanément dû quitter la rencontre en raison d’une blessure à l’épaule gauche. Il a réussi une passe de touché et été victime d’une interception.

Heinicke a également marqué un touché au sol et a mené les siens avec 46 verges par la course, faisant preuve d’une très bonne mobilité. Difficile de croire qu’aucune des 32 équipes ne l’avait embauché jusqu’en décembre, comme réserviste ou à titre de troisième quart.

Mais ne bat pas Brady qui veut. Le légendaire quart-arrière a été très bon dans sa première victoire en séries dans l’uniforme des Bucs, la 31e de sa carrière. Il n’a réussi que 22 de ses 40 passes, mais ses receveurs ne l’ont pas toujours aidé, à commencer par Chris Godwin, qui a échappé trois passes.

Le total de 381 verges de Brady démontre que lui et l’entraîneur-chef Bruce Arians sont maintenant sur la même longueur d’onde quant au style de jeu. Les passes de Brady ont plus de vélocité qu’en première moitié de saison et il semble de plus en plus à l’aise dans le système de jeu d’Arians, qui met l’accent sur les longues passes.

Contre le jeune front défensif de Washington, Brady a été bien protégé. Il a encaissé trois sacs, dont deux du plaqueur Daron Payne, mais la ligne offensive des Bucs a eu le dessus sur Chase Young et compagnie. Young a été très discret, étant neutralisé par le bloqueur à gauche Donovan Smith.

Bien qu’il y ait encore beaucoup de travail à faire à Washington, cette équipe est enfin sur la bonne voie après deux décennies de ratés et d’incompétence.

Quant aux Buccaneers, il s’agissait de leur première victoire en séries depuis leur conquête du Super Bowl, il y a 18 ans. Ils affronteront les Saints de La Nouvelle-Orléans au deuxième tour si ceux-ci éliminent les Bears de Chicago, ce dimanche. Dans le cas contraire, les Buccaneers accueilleront plutôt les Rams de Los Angeles, alors que les Bears visiteront les Packers de Green Bay.

Un quart de siècle plus tard !

En début de journée samedi, les Bills de Buffalo ont remporté leur premier match éliminatoire en plus de 25 ans. Ils ont toutefois été aidés par les Colts d’Indianapolis, qui ont laissé filer quelques chances de marquer des points, ce qui s’est avéré coûteux dans un match qui s’est terminé 27-24 en faveur des Bills.

L’entraîneur-chef des Colts, Frank Reich, aurait peut-être dû opter pour un placement plutôt que de tenter sa chance sur un quatrième essai à la ligne de 4 verges des Bills en première demie. Rodrigo Blankenship a quant à lui raté une tentative de placement de 33 verges au troisième quart. Ce sont six points qui auraient pu faire une grande différence dans le cours du match.

Même s’ils ont eu le ballon durant 19 min 41 s en première demie, les Colts tiraient de l’arrière 14-10 à l’intermission. C’était 24-10 après les trois premiers quarts, mais ils ont marqué deux touchés rapides au quatrième pour s’approcher à un placement des Bills.

Philip Rivers a toutefois été incapable de réussir un ou des jeux dans les dernières minutes qui auraient pu permettre aux siens de l’emporter ou, à tout le moins, de niveler la marque et de forcer la tenue d’une prolongation.

La défense des Bills a réussi quelques beaux jeux dans des moments importants et a bien paru dans l’ensemble face au porteur Jonathan Taylor (78 verges en 21 courses). Les ailiers rapprochés des Colts ont toutefois connu un match particulièrement productif. Jack Doyle, Trey Burton et Mo Alie-Cox ont totalisé 14 attrapés pour 136 verges, et Doyle a marqué un touché.

À l’exception du sac qu’il a encaissé lors de la dernière possession des Bills et qui a coûté 23 verges de terrain, Josh Allen a été impeccable. Le jeune quart-arrière a réussi 26 de ses 35 passes pour 324 verges de gains et deux touchés. Il a ajouté 54 autres verges en 11 courses et a lui-même réussi un touché. Allen s’est fait frapper solidement à plusieurs occasions, sans que cela ait un impact sur son jeu.

Le receveur préféré d’Allen, Stefon Diggs, a capté six passes pour 128 verges et un majeur, et même s’il était encore visiblement incommodé par sa blessure à un pied, Cole Beasley a ajouté sept attrapés pour 57 verges à son retour au jeu.

Alors que les Bills se prépareront à accueillir l’une des deux demi-finales de l’Association américaine à la suite de leur première victoire en séries depuis celle qu’ils avaient remportée aux dépens des Dolphins de Miami le 30 décembre 1995, les Colts s’en voudront d’avoir laissé filer la chance de passer au tour suivant. Reich est l’un des bons entraîneurs-chefs de la NFL, mais il a pris quelques décisions curieuses, samedi. Son équipe aurait certainement dû marquer plus que 10 points en première demie.

Les Seahawks surpris

À un certain moment en milieu de saison, les Seahawks de Seattle ont considérablement baissé de régime, sans trop qu’on sache pourquoi. Et même s’ils ont gagné leurs quatre derniers matchs de la saison, ils n’ont plus jamais joué comme ils l’avaient fait en début de saison.

Samedi après-midi, les Seahawks ont joué un match brouillon et ont multiplié les erreurs. Contre une défense du calibre de celle des Rams de Los Angeles, leur défi de l’emporter devenait pratiquement impossible. Les Rams ont éliminé leurs rivaux de division en les battant 30-20.

Russell Wilson n’a réussi que 11 de ses 27 passes pour 174 verges, deux passes de touché et une interception. Des statistiques très ordinaires, qui s’expliquent en partie par le choix de jeux du coordonnateur offensif Brian Schottenheimer. Même si leur jeu au sol ne s’est jamais mis en marche, les Seahawks ont opté pour des courses à plusieurs moments cruciaux, dont en situation de troisième essai, et la stratégie a presque toujours échoué. Schottenheimer a même choisi un jeu au sol en situation de premier jeu avec 25 verges à franchir…

Couvert étroitement par Jalen Ramsey comme chaque fois que les Seahawks affrontent les Rams, DK Metcalf a fait entendre son mécontentement sur les lignes de touche en première demie parce qu’il était insatisfait de ne pas être la cible de Wilson plus souvent. Ce dernier lui a fait une passe dangereuse et le ballon s’est finalement retrouvé entre les mains du demi défensif Darious Williams, qui a filé vers la zone des buts pour marquer un touché facile de 42 verges.

L’absence de partisans a-t-elle nui davantage aux Seahawks qu’à la plupart des autres équipes du circuit, eux qui sont normalement galvanisés par leur fameux « 12e homme » ? Chose certaine, ils n’ont pas joué avec autant d’émotion qu’ils l’avaient fait au cours des dernières années.

Cela dit, les Rams méritaient amplement leur victoire. Se remettant d’une fracture au pouce droit, Jared Goff s’est retrouvé sur le terrain après que son réserviste John Wolford eut lui-même subi une blessure tôt dans la rencontre. Wolford s’est blessé au cou à la suite d’un plaqué de Jamal Adams.

Goff a fait le boulot (9 en 19 pour 155 verges, un touché et aucune interception), mais le plan de match était construit autour du demi offensif Cam Akers, qui a récolté 131 verges en 28 courses et marqué un touché.

Comme c’est normalement le cas, c’est toutefois la défense qui a gagné le match pour les Rams. Aaron Donald avait déjà deux sacs après le premier quart et l’équipe en a totalisé cinq. Leonard Floyd, qui a réussi deux des trois autres sacs des Rams, est un joueur méconnaissable après un début de carrière à oublier chez les Bears de Chicago. Ramsey et la tertiaire ont également excellé durant toute la rencontre.

Donald a toutefois quitté le jeu en raison de ce qui semblait être une blessure aux côtes en deuxième demie. L’unité a continué à bien jouer en son absence, mais il va sans dire qu’une absence de Donald lors du deuxième tour éliminatoire serait une très mauvaise nouvelle pour les Rams.

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