Dépotoir illégal à Kanesatake

Aucune zone interdite aux inspecteurs, dit le ministère de l’Environnement

Le ministère de l’Environnement du Québec confirme que ses inspecteurs sont bel et bien retournés sur le terrain du dépotoir illégal de Kanesatake, même après qu’un des propriétaires eut décrété qu’ils en étaient bannis, en 2020.

S’appuyant sur des documents internes du Ministère, La Presse révélait vendredi que le propriétaire de l’entreprise G & R Recyclage, où s’empilent des montagnes de rebuts, avait interdit en 2020 aux inspecteurs de revenir sur son territoire. Pendant quelque temps, les fonctionnaires se sont conformés à sa demande, selon leurs communications internes.

« L’exploitant du centre de tri m’a signifié que les représentants du gouvernement du Québec ne sont plus les bienvenus sur ce territoire autochtone », expliquait un inspecteur dans un document.

« La direction régionale choisit de poursuivre le suivi environnemental autrement, sans accéder au centre de tri », poursuivait-il. Des contaminants, notamment des BPC, avaient été détectés dans l’eau autour du dépotoir.

De retour trois fois

Or, vendredi, le Ministère a confirmé que depuis 12 mois, ses inspecteurs étaient revenus trois fois sur le terrain. Ils ont aussi fait sept inspections « hors site » dans les environs, en plus de déployer les services d’Urgence-Environnement deux fois à proximité et d’effectuer des contrôles routiers sur la voie publique.

« Aucune entrave n’a été constatée au sens de la Loi sur la qualité de l’environnement chez G & R. La loi […] permet de sanctionner les entraves au travail des inspecteurs », affirme Frédéric Fournier, porte-parole du ministère.

En plus de révoquer le permis de l’entreprise qui prétendait exploiter un centre de recyclage, le Ministère lui a imposé des constats d’infractions au terme d’une enquête pénale et l’entreprise a été condamnée à payer une amende de 17 883 $.

Au fédéral de nettoyer

Le gouvernement québécois ne peut toutefois rien faire pour nettoyer les lieux, affirme le Ministère. « Ce lieu, situé en territoire fédéral, n’est pas admissible au programme québécois de gestion des passifs environnementaux », affirme le porte-parole.

Une coalition de plusieurs groupes environnementaux et de Mohawks inquiets a publié un communiqué pour dénoncer la situation vendredi. « Lorsqu’il s’agit de s’attaquer au problème, chaque instance gouvernementale repasse la balle à une autre », a déploré Louis Ramirez, porte-parole de la campagne pilotée par le groupe ReconciliAction.

Le Parti québécois a de son côté condamné le fait que des inspecteurs aient plié, même temporairement, lorsqu’un contrevenant a voulu les tenir à distance.

« Il est inadmissible qu’à la suite de ce qui s’apparente à de l’intimidation, les inspecteurs du ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques aient plié et ne se présentent plus sur le site pour faire respecter la loi », a déclaré le député Sylvain Gaudreault, porte-parole du parti en matière d’environnement.

Robert Gabriel a déclaré au journal mohawk Eastern Door qu’il était préoccupé lui aussi par les risques de dommages à l’environnement et qu’il a essayé de travailler au nettoyage des lieux.

« Bien sûr que c’est une préoccupation. Je ne voudrais pas être responsable de quelque chose qui pourrait arriver à la nappe phréatique », a-t-il déclaré.

Qualité de l’air dans les écoles

Québec dépensera 76 millions pour l’installation de lecteurs de CO2

La facture des 90 000 lecteurs de dioxyde de carbone (CO2) qui seront installés dans les écoles du Québec s’élèvera à plus de 76 millions. Le ministère de l’Éducation a publié vendredi soir le nom des quatre entreprises chargées de fournir les appareils.

Les établissements scolaires publics bénéficieront des appareils « d’ici la fin décembre 2021 », promet Québec.

Les entreprises Honeywell, Nova Biomatique, Assek Technologie et Airthings seront chargées de produire les lecteurs de CO2. L’appel d’offres a été lancé le 16 juillet dernier. Québec devra débourser 76,4 millions pour mettre la main sur les appareils. Chaque lecteur coûte donc environ 850 $.

« Meilleure gestion de la ventilation »

La qualité de l’air dans les écoles de la province préoccupe le gouvernement depuis le début de la pandémie de COVID-19, puisque plusieurs éclosions du virus ont été recensées en milieu scolaire.

« L’installation des lecteurs de CO2 en continu dans les salles de classe va favoriser une meilleure gestion de la ventilation pour assurer une bonne qualité de l’air », affirme dans un communiqué Ali Bahloul, spécialiste de la ventilation industrielle et de la qualité de l’air intérieur, professeur associé et chercheur en prévention des risques chimiques, biologiques, mécaniques et physiques à l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail.

M. Bahloul est un expert indépendant qui travaille en collaboration avec le ministère de l’Éducation dans ce dossier. « Ces lecteurs vont aussi permettre de surveiller le fonctionnement de la ventilation, d’identifier les salles de classe dont la ventilation est déficiente et d’apporter des correctifs à moyen et long terme », poursuit-il, dans le même document.

L’expert rappelle qu’il soutient les conclusions d’un rapport concernant la qualité de l’air dans les écoles, réalisé en janvier 2021 par un groupe d’experts. Les spécialistes indiquaient que la mise en place de purificateurs d’air mobiles dans les classes n’était pas recommandée.

Retard dans le processus

Initialement, le « Plan pour la rentrée 2021 » du gouvernement québécois prévoyait que les lecteurs de CO2 seraient installés dans les classes de la province d’ici la rentrée.

Au mois d’août, le ministère de l’Éducation a plutôt indiqué que les appareils seraient installés « pendant l’année scolaire ».

« C’est un processus d’envergure. On parle de 90 000 capteurs dans 4000 locaux. On a voulu faire vite, mais faire bien. Dans 90 % des cas, la ventilation est déjà adéquate », avait alors fait valoir le sous-ministre associé au ministère de l’Éducation, Marc Sirois.

Le Ministère a fixé une norme de 1000 parties par million (ppm) de CO2 dans les salles de cours.

— Avec Henri Ouellette-Vézina, La Presse

Réconciliation avec les Premières Nations

Hydro-Québec financera la construction d’un centre culturel innu

Québec — Dans un geste de réconciliation, Hydro-Québec financera la construction d’un centre culturel innu à proximité du site de l’ancien pensionnat de la communauté de Uashat mak Mani-utenam. Les Innus s’engagent de leur côté à examiner la possibilité de suspendre les actions judiciaires contre la société d’État pour six mois.

Les parties espèrent ainsi marquer le début d’un rapprochement alors que les relations entre les Innus et Hydro-Québec ont souvent été tendues. « Le dossier d’Hydro-Québec a toujours divisé à Uashat mak Mani-utenam », explique en entrevue le chef du Conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM), Mike McKenzie.

ITUM a livré plusieurs batailles juridiques contre la société d’État pour défendre l’exploitation du territoire ancestral au fil du temps et encore récemment dans le contexte de la construction de la ligne de transport du complexe de la Romaine.

« Rebâtir les ponts »

En juin, la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec a tendu la main aux Innus. Dans une lettre adressée au chef Mike McKenzie, Sophie Brochu affirme désormais faire des relations avec les communautés autochtones « une de [ses] priorités personnelles ». Dans la missive, elle écrit sans ambages qu’Hydro veut « rebâtir les ponts » avec les Innus.

« Malheureusement, les désaccords des dernières années, et plus particulièrement les litiges en cours, nous ont trop souvent éloignés les uns des autres, en plus de polariser l’opinion publique au sein de votre communauté. Hydro-Québec est profondément préoccupée par cette situation », a écrit Mme Brochu.

Elle explique par ailleurs que de récents échanges avec le chef Mike McKenzie, lui ont « permis de mieux comprendre certains enjeux de la relation entre Hydro-Québec et les Innus de Uashat mak Mani-utenam et surtout d’apprécier [leurs] valeurs fondamentales ».

En ce sens, la société d’État cherchait à participer à des projets communautaires qui apporteront une « contribution utile » avec une « symbolique forte », a-t-on indiqué vendredi chez Hydro-Québec. Un sentiment partagé par le chef McKenzie. « Je voulais qu’ils posent un geste symbolique pour changer leur philosophie et leur façon de négocier également avec les Premières Nations », a-t-il expliqué.

« Redonner aux survivants » des pensionnats

L’idée de concrétiser un projet de centre culturel dans lequel les Innus d’Uashat mak Mani-Utenam pourront participer à des activités culturelles et traditionnelles notamment s’est vite imposée. Ce centre sera construit à proximité du site du pensionnat de Mani-utenam, qui a cessé ses activités en 1971 et qui a été détruit depuis.

« Beaucoup de gens de ma communauté sont allés au pensionnat. Ils ont perdu leur langue, leur culture. Je me suis dit qu’il faudrait peut-être redonner aux survivants et à leurs enfants », a illustré M. McKenzie.

La société d’État s’impliquera aussi financièrement dans les travaux de rénovation d’une petite chapelle en territoire innu et dans la réalisation d’une capsule vidéo diffusée le 30 septembre prochain pour marquer la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation qui sera célébrée partout au pays.

Le chef Mike McKenzie estime que la participation d’Hydro se chiffrera entre « 5 à 10 millions ». Il s’agit d’un « don » alors qu’aucun engagement ne lie les deux parties, a-t-il soutenu.

En revanche, les Innus examineront la possibilité de mettre sur pause pour une période de six mois les dossiers litigieux en cours avec la société d’État.

Un comité « exploratoire » doit être créé au cours des prochaines semaines pour tenter de trouver d’autres moyens de régler les litiges qui perdurent que les recours devant les tribunaux.

Meurtre de Brigitte Serre en 2006

Sébastien Simon veut être libéré après seulement 15 ans de prison

Quinze ans après avoir sauvagement assassiné la jeune Brigitte Serre de 72 coups de couteau à Montréal, Sébastien Simon tente de recouvrer sa liberté avant d’avoir purgé 25 ans de prison grâce à la « clause de la dernière chance ». Une demande qui survient tout juste après son troisième refus de permissions de sortir.

Le meurtre gratuit de Brigitte Serre avait choqué le Québec en janvier 2006. Sébastien Simon, 18 ans, avait cambriolé une station-service de Saint-Léonard avec deux complices, alors que Brigitte Serre l’avait dénoncé quelques jours plus tôt pour un vol de 125 $. Ligotée et enfermée dans les toilettes par le complice Tommy Gagné, l’adolescente de 17 ans avait réussi à prendre la fuite.

Mais quand Brigitte Serre a reconnu son ex-collègue, Sébastien Simon l’a attaquée violemment en la ruant de coups de pied au visage et à la tête, en plus de la frapper avec des bouteilles de bière. Le meurtrier a ensuite traîné sa victime dans les toilettes pour l’achever de pas moins de 72 coups de couteau. Il a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

« Clause de la dernière chance »

Après 15 ans d’incarcération, Sébastien Simon n’est plus le même homme et ne représente plus un danger pour la société, a insisté vendredi son avocate, MSandra Brouillette. « Il s’est amendé à tous les niveaux. […] Il bénéficie de l’appui de tout le monde », a-t-elle plaidé devant la juge France Charbonneau de la Cour supérieure. Plusieurs membres de la famille de Brigitte Serre ont assisté à l’audience au Centre de services judiciaires Gouin.

En vertu de sa demande de révision – souvent surnommée « clause de la dernière chance » –, l’homme de 34 ans veut convaincre un jury de réduire sa période d’inadmissibilité à la libération conditionnelle. Cette mesure abolie par le gouvernement Harper en 2011 demeure accessible pour les meurtriers condamnés antérieurement qui ont purgé plus de 15 ans.

Cependant, à cette étape préliminaire, la juge Charbonneau doit d’abord trancher s’il existe une « probabilité marquée » qu’un jury accueille la requête de Sébastien Simon. Précisons que si un jury donnait raison au meurtrier, son sort serait ensuite entre les mains de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, qui pourrait refuser de le libérer.

Une pente « difficile à remonter »

Le procureur de la Couronne MPhilippe Vallières-Roland a insisté sur « l’atrocité des crimes » de Sébastien Simon pour s’opposer à sa demande. « Monsieur n’a jamais eu encore de sorties. Comment peut-il convaincre un jury de 12 personnes de sortir 10 ans, 9 ans avant sa peine ? La pente est difficile à remonter », a-t-il plaidé.

De son côté, MSandra Brouillette a brossé un portrait particulièrement favorable de son client. Depuis une dizaine d’années, Sébastien Simon a un dossier carcéral presque sans tache. « Il y a plein d’aspects positifs [à son dossier]. Le risque est assumable », a-t-elle fait valoir.

Des plaques d’immatriculation s’autodétruisent !

Depuis un an, 86 373 Québécois ont déjà demandé à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) qu’on leur envoie une nouvelle plaque d’immatriculation, la leur s’effritant au point de risquer de devenir illisible. Mario Vaillancourt, porte-parole de la SAAQ, précise que le remplacement est fait gratuitement dans ces cas-là. C’est que la SAAQ est bien au fait du problème, que vivent d’autres pays ou territoires. L’usure prématurée des plaques est causée par un défaut de fabrication provoquant un décollement de la pellicule réfléchissante. La demande de remplacement peut se faire en ligne. La nouvelle plaque est livrée par la poste. La SAAQ n’a pas pu préciser combien ce défaut de fabrication lui avait coûté jusqu’à maintenant. Jusqu’ici, les plaques remplacées représentent 1 % de toutes les plaques. Notons que les automobilistes doivent s’assurer en tout temps que leur plaque est lisible.

— Louise Leduc, La Presse

Ouragan Larry

Terre-Neuve retient son souffle

Vendredi, les résidants dans l’est de Terre-Neuve se préparaient à l'arrivée de l’ouragan Larry. Des avertissements d’ouragan ont été lancés pour toute la péninsule d’Avalon, y compris St. John’s, et les météorologues ont mis en garde contre des rafales pouvant dépasser les 130 km/h. Larry devait atteindre la province vers minuit, quelque part le long de la côte de la baie Placentia, la grande étendue d’eau qui sépare le sud d’Avalon du reste de l’île. « La principale préoccupation concerne les vents forts, les vents potentiellement très destructeurs, ainsi que les vagues et les ondes de tempête », a déclaré vendredi Bob Robichaud, météorologue principal au Centre canadien de prévision des ouragans à Halifax. Les vagues pourraient atteindre 14 m de haut, selon Environnement Canada. Les derniers modèles de prévision indiquent que l’ouragan Larry se transformera en tempête post-tropicale, mais il pourrait conserver une grande partie de sa force, et déverser jusqu’à 50 mm de pluie sur la région.

— La Presse Canadienne

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.