Banc d’essai Kia Sportage

Et de cinq !

Style équilibré, équipement bien pensé… Pour la cinquième réinterprétation de son Sportage, Kia joue la sûreté plutôt que l’audace.

UN DOSSIER DE NOTRE COLLABORATEUR ÉRIC LEFRANÇOIS

Banc d’essai Kia Sportage

Griffe montréalaise

Kia Sportage

Fourchette de prix

De 28 995 $ à 40 995 $

Visible dans les concessions

Maintenant

On aime

Versions hybrides prometteuses

Présentation aérée et soignée

Volume intérieur

On aime moins

Comportement peu dynamique

Version 2,5 L peu intéressante

Style appelé à vieillir vite

Notre verdict

Pour l’heure, le style fait foi de (presque) tout

Victoria, Colombie-Britannique — Conçu sous la baguette du styliste montréalais Karim Habib, ce Sportage affirme plus nettement encore des choix destinés à faire de Kia une marque à la fois plus forte et plus consensuelle.

Dans les concessions depuis quelques semaines déjà, le Sportage, cinquième du nom, ne prétend rien réinventer. La face avant, qui en impose avec ses phares en boomerang et sa large calandre horizontale qui l’élargissent visuellement, donne une certaine stature au Sportage.

Sans être le clone d’un autre modèle de la gamme, il reprend à son compte certaines proportions et caractéristiques de la nouvelle gamme. La surface vitrée contenue, les « muscles » sculptés sur les flancs ou encore les bas de caisse pour allonger la silhouette. Des signes distinctifs définis très en amont dans le cahier des charges, afin de ne pas sortir de l’épure et de forger une identité tangible sans être paralysante. L’important, toutefois, n’est pas seulement la cohérence du style, mais aussi son efficacité. Et le résultat n’est pas vilain à regarder. La question est plutôt de savoir s’il vieillira bien.

Au deuxième rang des véhicules les plus vendus chez Kia après le Seltos, le Sportage reprend là où il a laissé. En clair, il ne part pas d’une feuille complètement blanche. Élaboré sur la même plateforme que le Tucson apparu il y a déjà un an, il en partage l’essentiel des composants. Ce cousinage, que ne trahissent que quelques détails apparents, lui a aussi permis d’accélérer son développement avec Hyundai, marque alliée ou ennemie, c’est selon.

Motorisation

Doté d’un plus grand coffre (1021 L, dossiers de la banquette en place), le Sportage est suspendu plus confortablement en raison principalement de son empattement plus long. Pour l’heure, il dispose d’un éventail de moteurs plus restreint (voir l’onglet « Fiche technique »).

Le 2,5 L ne fait pas grande impression, mais il s’agit de la seule proposition ayant une variété de modèles à son catalogue. Trop juste en performances et gourmand dès qu’on le sollicite un tant soit peu, ce moteur manque de sophistication.

Sur papier, la version hybride semble celle avec laquelle l’acheteur devrait prendre rendez-vous, mais Kia n’a, curieusement, pas jugé bon de nous la faire tester. Dommage, car le 2,5 L ne rend pas justice au travail de ses concepteurs. Ce moteur manque de punch à l’attaque (accélération) et sa consommation demeure élevée. Pour la catégorie, s’entend.

Stable, prévenant et sûr, le Sportage n’en demeure pas moins un poil ennuyeux à conduire. En dépit de la rigidité de son châssis, la direction offre un ressenti très faible et ne donne pas envie de tester les limites de cet utilitaire.

Le sous-virage apparaît très tôt (sur la version tractée tout particulièrement), le freinage manque de résistance si on le sollicite trop fortement tandis que la caisse réagit plutôt mollement aux changements rapides de trajectoire. Mais l’acheteur potentiel sera cependant ravi du confort prodigué par ses suspensions, qui se révèlent souples sans être molles.

Du coffre

Critiqué à juste titre pour la qualité de présentation très moyenne du Sportage, Kia consent un louable effort. L’habitacle est soigné et comporte une dalle luminescente spectaculaire qui n’est pas sans rappeler l’EV6 présenté dans nos pages il y a quelques mois.

À l’exception des commandes numériques de la climatisation, le Sportage est facile à prendre en main, agréable à vivre. L’espace intérieur est beaucoup plus généreux qu’il ne l’était, surtout pour les jambes des occupants à l’arrière. Mais l’élément le plus important de cette refonte touche au coffre. Celui-ci est beaucoup plus vaste, avec une capacité totale (banquette rabattue) de 2098 L. La précédente mouture affichait 1703 L.

Prévenant, se présentant plutôt bien et correctement équipé, le Sportage devrait tenir son rang face à des concurrents qui s’appellent Toyota RAV4, Mazda CX-5 et Ford Escape. On peut regretter qu’il manque d’aspérités sur le plan dynamique (visuellement, il n’en manque pas), mais ce serait oublier que le plaisir n’est pas vraiment la tasse de thé de cette catégorie de VUS.

Les frais de déplacement liés à ce reportage ont été payés par Kia Canada.

Faites part de votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : Acura Integra, BMW Série 2, Genesis GV60, Honda HR-V, Mercedes Classe C, Nissan Z, Subaru WRX, Volkswagen Jetta (GLi) et Volvo C40 Recharge. Si vous possédez l’un de ces véhicules ou en attendez la livraison, nous aimerions bien vous lire.

Banc d’essai Kia Sportage

Fiche technique

Moteur

L4 DACT 2,5 L atmosphérique

Puissance : 187 ch à 6100 tr/min

Couple : 178 lb-pi à 4000 tr/min

Performances

Poids : 1515 kg (traction), 1573 kg (rouage intégral)

Capacité de remorquage maximale : 1587,5 kg

Garde au sol : 181 mm (traction), 210 mm (rouage intégral)

Boîte de vitesses

De série : automatique à 8 rapports (avec 2,5 L)

Optionnelle : aucune

Modes d’entraînement : traction ou rouage intégral

Pneus

235/65R17 235/55R19 (EX Premium, X-Line Limited)

Capacité du réservoir et essence recommandée

54 L

Ordinaire

Consommation

9,5 L/100 km

Dimensions

Empattement : 2755 mm

Longueur : 4660 mm

Hauteur : 1665 mm (685 mm avec rouage à quatre roues motrices)

Largeur : 1865 mm (rétroviseurs extérieurs exclus)

La première ne compte pas

Cinq générations, déjà. Je vous prie d’oublier la première que Kia nous a servie à ses débuts sur le sol canadien. Un modèle daté, peu compétitif, mais financièrement accessible. La deuxième génération (notre photo) était beaucoup plus trapue et reposait sur des voies plus larges. Le Sportage glissait aussi à cette époque un moteur de six cylindres (2,7 L) sous son capot. Les livrées les plus économiques faisaient cependant toujours appel à un moteur de quatre cylindres (2 L) jumelé à une boîte manuelle...

Le meilleur est à venir

La version atmosphérique du Sportage n’est pas la plus brillante. Les versions hybrides, lancées il y a quelques jours, méritent considération. Celles-ci sont proposées en deux déclinaisons : EX et SX. La première s’annonce à 35 995 $, la seconde, à 42 695 $. Celles-ci sont plus puissantes (227 ch et 258 lb-pi de couple) et devraient permettre de retrancher quelque 3 L tous les 100 km à la consommation de cet utilitaire. Le meilleur reste à venir, cependant. À partir de l’automne, Kia commercialisera une version hybride rechargeable (261 ch) dont l’autonomie électrique devrait avoisiner les 50 km sur une pleine charge.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.