La version « tigre géant » de l’original

Vous vous souvenez du cowboy gai Joe Exotic, de son zoo bizarre en Oklahoma, de sa coupe Longueuil peroxydée, de son amant édenté, de ses vidéoclips de country quétaine et de son ennemie jurée, la féline et mesquine Carole Baskin ?

Gardez ces précieux souvenirs intacts en ne visionnant pas Tiger King 2, s’il vous plaît. Quelle déception que cette suite de Tiger King, que Netflix offre en cinq tranches d’une heure.

C’est long, frustrant, répétitif, éparpillé et dénué de revirements surprenants. Rien à voir avec la première saison explosive, qui a marqué l’imaginaire collectif dans les premiers mois de 2020. Oui, la pandémie et la mise à l’arrêt de l’industrie télévisuelle ont dopé la popularité de cette docusérie socio-animalière. Reste qu’avec ses personnages de cirque et ses intrigues de téléroman-savon trash, Tiger King a été un divertissement de grande qualité que j’ai adoré.

Le deuxième chapitre ne rajoute rien de pertinent à cette histoire de sous-culture déjà super glauque.

D’abord, Joe Exotic croupit toujours en prison, malgré une demande de pardon adressée au président Donald Trump. Le roi déchu de la jungle purge une peine de 22 ans pour avoir ourdi le meurtre de sa rivale Carole Baskin, la propriétaire d’un refuge pour tigres et lions en Floride. Joe Exotic n’apparaît donc plus à la caméra et sa voix de crécelle ne résonne que par des appels téléphoniques du centre de détention.

Carole Baskin, dont l’ex-mari Don Lewis a disparu dans des circonstances nébuleuses en 1997, brille également par son absence. Elle a refusé de parler aux documentaristes de Tiger King 2. Enfin, une bonne décision de la part de cette Floridienne au jugement douteux (les lulus et les motifs de léopard à outrance, c’est non).

Le premier épisode remonte le fil de la vie tumultueuse de Joe Exotic : son père violent, son goût pour les déguisements, son besoin constant d’attention, ses fiançailles avec la fille du chef des pompiers, son travail de danseur nu, son premier mariage avec un homme, son époux actuel qui tente de percer à Hollywood, ses anciens employés qui le détestent. Bref, une sorte de Musicographie mièvre.

Au deuxième épisode, Joe Exotic sort du portrait et l’enquête se concentre sur la disparition de Don Lewis. Carole Baskin a-t-elle assassiné et jeté le corps de son conjoint dans la cage aux lions ? Ou le riche Don Lewis a-t-il simplement refait sa vie sous une fausse identité au Costa Rica ?

Ses filles n’adhèrent pas à cette théorie et soupçonnent encore leur belle-mère, qui nie tout, alors que la police locale nage en plein mystère. Déjà vu, déjà entendu.

À la fin du troisième épisode, l’arrivée d’un médium à la Jojo Savard m’a achevé. Ce voyant hyper religieux délire complètement et il revoit dans sa tête le film de l’assassinat de Don Lewis.

OK, les amis, c’est ici que s’achèvent les niaiseries. Pour une fois qu’un médium aura été d’une grande utilité, on ne peut que l’en remercier.

Célibataires à boutte

Pour paraphraser Louise Sigouin, la championne dans l’établissement de limites personnelles : nos célibataires télévisuels n’ont pas tous décollé sur le même « wheelie » cette semaine.

Dans la maison des garçons d’Occupation double dans l’Ouest, le départ volontaire de Jackson, 26 ans, a été vécu comme un diagnostic de maladie mortelle par ses colocataires.

Même si le Lavallois Jackson reverra très bientôt ses « boys » dans la tournée des P’tite Grenouille du Québec, les larmes coulaient en torrents, les hommages de type « funéraires » fusaient et Luca l’infirmier, grand fan des diffuseurs d’air, a carrément perdu le soleil de sa vie, bro.

Le pied dans la porte, Jackson, à qui personne n’a trouvé de défaut, a ouvert son cœur à l’entrepreneur Frédérick, 24 ans : « Fred, t’es un gars insane, mon gars. T’es jeune, t’es entreprenant, t’as tout pour toi. T’es grand, tu parais bien, genre, j’veux jamais que tu l’oublies. » La version masculine du « t’es belle, t’es fine, t’es capable ».

Immédiatement après l’élimination stratégique du couple Sarah-Donia et Philippe la semaine dernière, Clodelle s’est félicitée : personne ne joue de façon stratégique cette année à OD, yeah ! Heureusement, la lucide Audrey l’a recadrée : « Ben ça, c’t’une ostie de stratégie, m’a te le dire. Ce qu’on a fait, c’est quelque chose. » Bien dit.

Dimanche soir, lors d’un banal épisode de montage de meubles IKEA et de promenade en traîneau à chiens, un premier couple (Inès et Stevens) a remporté ses billets d’avion pour Punta Cana. Punition ou récompense, cette destination plutôt gringo ?

Du côté de Si on s’aimait, une papillote de zucchinis a presque fait éclater le couple le plus mignon de la docuréalité de TVA, Vicky et François. Entre son anxiété de cuisine, une crise de panique nocturne et la peur de perdre « sa liberté dans l’engagement », Vicky, 50 ans, a bien failli saboter sa relation.

Mais non ! Le Dieu des dualités nous a écoutés et nos deux tourtereaux ont franchi une étape cruciale : la création d’un compte conjoint pour leurs petits plaisirs.

Comme dans les vieilles éditions d’Occupation double, Dominic a eu droit à un appel d’urgence, soit le 1 800 LOUISE. Et ce coup de téléphone a été salutaire pour Dominic, 33 ans, dont la dernière rencontre avec la codépendante Audrey a été aussi agréable qu’un solo de cornemuse à jeun.

Audrey, 28 ans, est la nouvelle Brigitte de Si on s’aimait. Les téléspectateurs la déchiquètent sur Facebook, et la production intervient régulièrement pour calmer les ardeurs des trolls. Oui, Audrey est exaspérante, mais de là à l’insulter publiquement, on se calme le « petit crosseur intérieur », merci.

Quant à Marie-Denise, elle a encore bonifié sa collection de faces de jugement devant Tim. Surprise, incrédulité, désespoir, angoisse ou répulsion, Marie-Denise a une expression pour agrémenter chacune de ses paires de lunettes !

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